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la maturité parfaite. La chute de cette pomme est donc liée à tous les phénomènes météorologiques de l’année. Mais la température de l’année 1898 est conditionnée par la rigueur ou la douceur de lhiver précédent, par les tempêtes et les marées de l’année 1897, par les phases de la lune et les variations des taches du soleil ; l’état du soleil et de la lune dépénd des vibrations de l’éther dans l'univers entier ; et l’univers entier est suspendu à la volonté divine. Si la chute de cette humble pomme est contingente, la température de l’année a été contingente, celle des années précédentes l’a été également, l’état du soleil et de la lune est contingent, l'univers est contingent, Dieu est contingent.
Sortant du domaine de l'hypothèse pour observer les faits, M. Boutroux trouve la contingence dans la causalité, au moins au point de vue de la qualité. « Est-il bien conforme à l'expérience d'admettre une proportionnalité, une égalité, une équivalence absolue entre la cause et l'effet? Nul ne pense que cette proportionnalité soit constante, si l’on‘eonsidère les choses au point de vue de l'utilité, de la valeur esthétique et morale, en un mot de la qualité... Où trouver un conséquent qui, au point de vue de la qualité, soit exactement identique à son antécédent ? Serait-ce encore un conséquent, un effet, un changement, s’il ne différait de l’antécédent, ni par la quantité, ni par la qualité ? » (4) Et il conclut hardiment : « Le monde, considéré dans l'unité de son existence réelle, présente une indétermination radicale trop faible sans doute pour être apparente, si l'on n'observe les choses que pendant une très petite partie de leur cours, mais parfois visible, lorsque l’on compare des faits séparés les uns des autres par une longue série d’intermédiaires. » (2) M. Boutroux à pleinement raison quand il
(1) cb, IT, p. 2% et 25. (2) ibid. p. 28.