‹ Essai Philosophique sur L'Efficacité de la PrièreChapitre 18 sur 34 · NUE · texte numérisé non relu

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La prière qui demande-les biens de l’âme en se Con-

formant au processus naturel et nécessaire de l'évolution psychique est infailliblement efficace. La raison en esl doublement lumineuse, Quand nous prions, nous agissons sur nous-mêmes, avec Où Sans préméditation, et nous préparons notre àme à l’action de Dieu. D'autre part, Dieu est notre Dieu intérieur : il n’agit point du dehors sur nous, il habite en nous et il opère en nous.

où Dieu ait résolu arbitrairement d'accorder plus de faveurs que dans les autres lieux. Dieu n'agit pas autrement à Lourdes ou au Sacré-Cœur de Montmartre que dans un temple protestant ou dans une humble église de village. Mais les pélerinages. par l'entrainement qu'ils comportent, par l'immense suggestion qu'ils produisent, prédisposent admirablement les âmes à l'action divine, et rendent possibles des guérisons étonnantes qui. dans l'état normal des malades, ne s'accomplirait pas. À ce point de vue, il “xiste peu de livres plus instructifs que Les Episodes miraculeux de Lourdes, de M, Henri Lasserre, En cent endroits du livre, on saisit sur le fait l2 rôle de la surgestion ou de l'auto-suggestion, Il semble que l’auteur prenne plaisir à le mettre en relief, avec sa belle loyauté. On lit à la page 253 :

« Durant la messe de l'abbé de Musy et peu de temps aprés la communicn, Jeanne avait ressenti dans ses jambes inertes un pénible fourmillement.

— Qu'est-ce qui va m'arriver ? s'était-elle demandé alors avec angcisse. Serail-ce une crise ?.. Eh quoi ! sainte Vierge, vous ne voulez donc pas me guérir ?

Le pénible fourmillement avait cessé aussilôt, Et la jeune fille avait poursuivi sa prière : Notre-Dame.de Lourdes, ayez pilié de moi! Ë

Mais de nouveau ce fourmillement l'a reprise, el Jeanne s'adress® encore à la céleste Mère, | — Eh quoi ! trés sainte Vierge, vous ne voulez donc pas me gvérir ?

Au murmure de cette plainte, le fourmillemen!, ainsique tout à l'heure, s'est arrèté nel...

11 s'est arrêté : et Jeanne, par une sorte de divination du cœur, comprend tout à coup que ce travail intime qui pénètre ses fibres, ses muscles, ses nerfs et jusqu'à la moelle de ses os, c'est la guérison qui s opère dans le mystère de son organisme. Elle s'abandonne sans réserve , ÿ

__ Q Marie! à ma Mère ! faites de moi ce que vous voudrez |,,,

Et, comme si le Dieu souverain n'eût attendu que cet acquiescement, voilà que le corps de Jeanne es: envahi tout entier par l'action provi entielle. (Toute ma thèse est renfermée dans cette phrase de M, Henri Lasserre),

Jeanne avait l'intuition que le regard de la sainte Vierge était sur elle, Et elle entendait une parole qui lui répétait avec une impérieuse douceur : Lève-toi ! lève-toi !

C'est en ce moment que M, l'abbé Sire était monté à l'autel. Bouleversée et hésitante, la jeuue fille interrogeait le Seigneur et s'interrogeait elle-même.

Et, pendant qu'elle appelle une réponse d'en haut à sa perplexité croissante, l'officint a prononcé la première phrase du Symbole: Gredo in unum Dewm. Patrem omniputentem. Gredo ! je crois : c'était le mot qu'il fallait dire. Credo! je crois: c'etait le sentiment qu'il fallait avoir, Credo ! je crois : c'était l'acte qu'il fallait faire. Et c'est alors que Jeanne s'était dressée toute droite, et que l'électrique frisson avait parcouru l'assistance.

= Elle descendit dela petite voiture. Puis, faisant quelques pas en avant, elle alla s'agenouiller à'la balustrade du sanctuaire. J'étais auprès d'elle (ajoute l’auteur), et j'entendais ses sanglots… Les pleurs avaient jailli de mes yeux ; el, en vérité, je ne songeais plus à ma philosophie. »

Je comprends à présent pourqnoi la Congrégation de l'Index a interdit la lecture publique de ces belles pages dans les églises catholiques. C'est que M, Lasserre a fait la théorie scientifique du miracle, en meltant sous nos yeux la genèse des plus remarquables miracles de Lourdes. Et il montre admirablement que c'est Dieu qui opère, et qu'il y a entre Dieu et les âmes, non pas la sainte Vierge. mais l'idée de la sainte Vierge. C'est la ruine du dogme catholique, mais en même temps c'est la justification des pélerinages. Qu'on prie Dieu à Lourdes en faisant mémoire des merveilles qui s'y sont accomplies, et tout sera correct. >

La prière pour la santé du corps, sous la réserve de la

‘loi de continuité et de la limitation nécessaire de la

matière et de la durée de la vie, est infailliblement effiace. Pour en douter, il faut commettre une grosse distraction. Notre àme est-elle un pur esprit? Notre âme prie-t-elle seule, sans le concours de la mémoire, de l'imagination, des nerfs et du cerveau ? C'est l'homme qui prie, àme et corps, et la prière dispose les organes aussi bien que l'âme à l’action de Dieu. Dieu ne peut même pas agir sur l'âme sans. agir au moins indirectement, sur le corps, et la santé du corps ne saurait être entièrement séparée de la santé de l'âme.

La prière pour les biens extérieurs n’a aucune efficacité directe. C’est là une contre-expérience qui fortifie merveilleusement ma thèse. Si la prière exerçait une action sur Dieu, nous serions aussi bien exaucés quand nous demandons à Dieu de produire un événement extérieur que dans les cas où nous le prions d'agir en nous. Au contraire, lexaucement intérieur estinfaillible, tandis que l’exaucement extérieur, examiné de près, est tantôt une coïncidence, tantôt le résultat de notre activité extérieure. Il est bien évident que les deux ordres de faits ne sont pas régis par la même loi.

Enfin, j'ai expliqué et justifié l'inaction et l'indifférence apparente de Dieu en présence de tant de plaintes et de cris de détresse qui montent vers lui à l'heure des attentats, des catastrophes, des étreintes mortelles. Quand Dieu ne sauve pas, ne guérit pas, ne console pas, ne vivifie pas, c'est qu'il ne le peut pas. Jai fermé la bouche à tous les blasphémateurs, à ceux qui, S'appuyant sur la doctrine des Eglises qui fait de Dieu lauteur complaisant et responsable du mal, osent nous parler des crimes de Dieu. Une pieuse légende nous dit que sainte Véronique essuya les crachats, la poussière et le sang qui

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voilaient la face du plus beau des enfants des hommes, et que la divine figure du Christ demeura imprimée sur l'étoffe privilégiée. Fi: ai fait comme Véronique. J'ai essuyé la face de mon Père céleste, et elle s’est pps en moi, plus RARE ie ja UNE

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