‹ Essai Philosophique sur L'Efficacité de la PrièreChapitre 20 sur 34 · TN ES · texte numérisé non relu

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tère distinctif. Ce n’est pas la subordination, c’est la ressemblance avec Dieu qui donne à l’homme la hardiesse . de parler à Dieu comme à un ami, comme à un père. La prière spécifiquement chrétienne surtout, le Pater, est une prière filiale ; Le sentimeut filial repose sur la ressemblance. La subordiaation vient s'ajouter à la prière comme une réserve : « Bien que je sois poussière et cendre... Non comme je le veux, mais comme tu le veux. » C’est précisé- . ment pour cela que la subordination n’est pas le caractère propre de la prière. C’est juste le contraire. Celui qui prie joint à sa prière cette réserve de la subordination, parce qu'il a quelque raison de craindre que, dans sa prière, il n'ait fait valoir son propre désir en opposition avec le Saint qui est aux cieux. La prière biblique se présente partout commeuneentreprise confiante, hardiede l'homme, en sa qualité d'image de Dieu et d'enfant de Dieu. Par conséquent, l'expression de la subordination, bien loin d’être l'élément essentiel de la prière, en est la limite, et même l’antithèse. »

Nous sommes les enfants de Dieu, nous avons des droits sur le cœur de notre Père, nous avons le droit et le devoir de lui exprimer naivement nos désirs. Schleiermacber se trompe, quand il croit que la prière dépouillée de tout désir sera la prière parfaite. Le chrétien parfait est celui qui a beaucoup de désirs, mais qui, au besoin, sait y renoncer Joyeusement.

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