‹ Essai philosophique sur les probabilitésChapitre 4 sur 7 · NOTICE BIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

NOTICE BIOGRAPHIQUE

Les deux problèmes qu'il aborda dans ces quatre mémoires au début de sa carrière devaient former la préoccupation constante de toute son existence. Dans une série de mémoires extrêmement importants publiés à de courts intervalles, dont il convient de Signaler tout particulièrement ceux où il démontre l'invariabilité des moyennes distances des planètes au soleil et la stabilité du système solaire, il traite alternativement ces deux questions et prépare ainsi les matériaux qui devaient servir à la construction de ses deux œuvres immortelles : le Traité de mécanique céleste, publié de 1 7 *J 9 à 1825 et la Théorie analytique des probabilités, publiée en 1812. Lorsque Laplace eut achevé le premier, il s'exclama : Exegi monumentum, C'est en effet une œuvre monumentale et unique dans l'astronomie moderne. Laplace s'efforce d'expliquer tous les phénomènes astronomiques à l'aide du seul principe de la gravitation universelle, et tout le travail accompli depuis Newton s'y trouve synthétisé avec une vigueur et une originalité saisissantes.

Dans la Théorie analytique des probabilités, Laplace, mettant à profit les résultats obtenus* dans ce domaine depuis Pascal et Fermât, traite les problèmes du hasard par les méthodes analytiques les plus savantes et les plus difficiles. C'est là qu'il expose sa théorie des fonctions génératrices.

Avant de composer ces deux chefs-d'œuvre, Laplace avait publié en 1796 l'Exposition du système du monde, œuvre magistrale où il traite des sujets de l'Astronomie sans faire usage de l'appareil mathématique, et où, s'appuyant sur les observations de William Herschei sur la condensation des nébuleuses, il émet l'hypothèse de l'origine nébulaire du système planétaire — hypothèse regardée de nos jours encore comme la plus plausible.

En 1814 Laplace a publié VEssai philosophique sur les probabilités, qui est, comme il le dit dans l'introduction, le développement d'une leçon donnée aux écoles normales en 1795 4. C'est bien dans ce livre que le génie de Laplace se montre dans toute son étendue et toute sa profondeur. Adoptant le déterminisme universel comme postulat fondamental, il considère la certitude comme limite idéale que l'esprit humain s'elTorce d'atteindre dans tous les domaines de son activité. Toutes les sciences sont ainsi affectées d'un coefficient de probabilité plus

1. Le texte que nous reproduisons est celui de la cinquième édition, publiée en 1825. C'est la dernière faite du vivant de Laplace et la plus complète.

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