v. 1, et Ibid. y v. 7, vetxiff
at ?> Ibid., 1. VI, v. 325 et v. 352, xtuut; on trouve aussi quelquefois en latin rêpperit , rëlliquias , etc.
(2) Ce qui nous autorise à le croire , c’est que Feslus , s. v° Solitàürilià , nous apprend que les consonne» ne se doublaient pas dans la vieille orlhograpbe romaine.
(5) Il est vrai cependant que , pour appuyer sur les consonnes afin de faire sentir leur double son , il faut nécessairement glisser sur la voyelle. Ainsi , en islandais et en allemand , les voyelles «unies d’une consonne redoublée sont toujours brèves, et le français suit généralement la môme règle: patte, trompette , couronne , etc ; mais on y trouve encore des voyelles brèves devant une seule consonne : dame , prune , et longues devant deux: flamme , manne . L’italien et le néo-grec se sont aussi sur ce point complètement écartes de la prosodie des langues qui leur ont servi de base; Lüdemann , Lehrbuch der neugrieichen Sprache , p. 5.
(4) Si la quantité n’avait naturellement frappé l’oreille , les spectateurs ji auraient pas su quand les trochées et les iauibcs étaient remplacés par des
dactyles , des anapestes ou des tribraques , et le rhythm** des vers scéniques n’eût plus été senti. Car on ne peut supposer qu'une prononciation différente dissimulait les syllabes de trop; ces contractions eussent été assez fréquentes pour avoir donné souvent de l’obscurité à la phrase, et les expositions, les répétitions et les explications, montrent que l'on se préoccupait surtout de la clarté. Il est d’ailleurs remarquable que , vers 380, dès que la prosodie fut corrompue, on ne sentit plus le rhythme de Tcrence : Miror quosdam vel abnegare esse in Terentii cornoediis inetra , vel ea uasi arcana quaedam et ab omnibus octis sernota , sibi solis esse cognita confirmare; Priscianus , De metrit Te renlii , au commencement.
(5) Les langues orientales elles-mêmes, dont toutes les voyelles sont cependant naturellement longues ou brèves , n’en ont pas moins des syllabes dont la quantité varie suivant les circonstances ou les nécessités du rhythme.
Tels sont par exemple en arabe le pronom affixe & , la dernière syllabe du pronom de la première personne au singulier, la syllabes dans trois pronoms,
et les personnes des verbes terminées ©
par la désinence x3 ; peut-être môme celle licence s’appliquait-elle è presque toute; les syllabes; voyez Freytag,
les syllabes sont liées par le rhyttame comme celles d’un même mot le sont par l’idée. Les règles prosodiques devaient donc influer aussi sur la quantité quand les lettres dont le concours la déterminait se trouvaient dans deux mots différents. En grec , cette conséquence de l’union de toutes les parties du vers n’était restreinte par aucune exception ; la finale longue devenait brève quand le mot suivant commençait par une seconde voyelle (1) , et la brève s’allongeait lorsqu’elle précédait immédiatement une lettre double ou deux consonnes (2). La position n’était pas aussi rigoureusement observée en latin (3); la quantité y était
Darslellung des arabischen Verskunst , p. 55-62. En sanscrit, la quantité prosodique semble aussi avoir été quelquefois arbitraire : Sermo vulgarisa prosodiae sanscritac certitudine vario modo recedit, syllabasque habet anticipes, quas leclori , ac pracscrtim cantori, aut louge aut breviler pronuntiare licebat , prout alterutrun» a métro et mclodia poscebatur ; Leni , Urvasia , p. 200. 11 serait difficile d’expliquer par une autre raisou pourquoi la majeure partie dés pieds du sloka, sinon la totalité ( voyez de Chéay, Théorie du sloca , p. 22, note 3 ), admettait indifféremment des longues ou des brèves, quoique la théorie reconnût aux premières une valeur rliythmique double de la valeur des secondes. Ô uant aux langues modernes, elles ont bien plus de syllabes douteuses que le grec et je latin , mais la quantité n y dépend point de la fantaisie du poète, elle est déterminée par le sens de ta phrase ou par son harmonie; ainsi , par exemple, en allemand les douteuses deviennent longues entre des brèves ( eili dû Gëschmnder), et brèves entre des longues ( Freund dü siehst ).
(1) A moins cependant que Tarais ne lui rendit sa quantité :
w«s, S fiev K.rtotrou, b d*ip Ev^vtgv kxropUMivoi.
Iliadis 1. II, v. 62t.
Ce vers montre à la fois la règle et l’exception ; on en trouve aussi quelques exemples en latin ( Georgica , 1. I, v.28I); mais nous en parlerons plus
longuement dans le chapitre où nous traiterons de TbiaLus.
(2) Draco Stratouicensis, TLtpt fierputv xonjrtxwv; ap. Bekker, Anecdota graeca< p. 822 ; Terentianus Maurus, ap. Putsch, col. 2406. Cette règle n’est cependant pas sans exception : le zêta qui commençait un nom propre n’allongeait pas toujours la vovelle précédente , et Ton trouve dans les Homérides plusieurs vers où les brèves ne changent pas de quantité devant un sigma suivi d’une autre consonne ( Iliadis I. II, v. 467 et 495; 1. XXI , v. 223; Odysseae 1. V, v. 237 , etc.) ; celte exception avait lieu , même lorsque les consonnes se trouvaient dans deux mots différents :
q fi »v fxx'/.x kqXXxç M-xy.xf etVqiyflov
dvfywv.
Nous n’en connaissons cependant d’exemple qu’à la seconde syllabe d’un dactyle :
comme Tharmonie exigeait que ta voix descendit graduellement jusqu'à la fin , la prononciation devait l’allonger plus qu* 1 la troisième ; voilà pourquoi elle était si souvent accentuée. Virgile ne s’est pas souvenu de ce principe lorsqu’il a dit , Aeneidos I. XI, v. 309 :
Spem si quam accitis Aetolum habuistis in . , armis
Ponite : spes sibi quisque etc.
Probablement il s’est cru autorisé à s’en écarter par la pause que le sens nécessite après ponite.
(3) Les vieux poètes supprimaient môme le S final quand ils voulaient rendre brève une voyelle que le concours de deux
étrangère au génie de la langue , et , comme il arrive souvent dans les imitations, on l’avait exagérée; elle était devenue trop matérielle et trop inflexible pour qu’un concours accidentel en changeât complètement la nature. D’ailleurs , le rhythme n’y était point aussi marqué qu’en grec, puisqu’il résultait d’une prononciation factice; la liaison des syllabes n’y avait ainsi ni le même caractère d’unité , ni la même influence, et le peuple était moins poëte, il tenait plus à la clarté du vers qu’à son expression rhythmique et marquait la fin des mots par une pause qui empêchait leur position d’exercer autant d’influence sur la quantité de la dernière syllabe. Les voyelles longues étaient plutôt élidées que rendpes brèves (1), et l’on n’allongeait point les autres devant deux consonnes (2) ; mais, s’il était impossible de concilier l’exigence de la règle avec la réalité du son , au moins évitait-on de les mettre en opposition avec un soin qui s’est rarement démenti (3).
La poésie grecque était , à son origine , inséparable de la musique (4); elle s’encadrait dans des airs qui devenaient
consonnes eût allongée ; Qoinlilien , 1.
IX, ch. 4 , par. 38 :
Tum lateralïs dolor certissimHs nnntlds mortis.
Lucilius, ap. Max. Victorinus, col.
1983 , éd. de Putsch.
Cette apocope était encore assez fréuente dans Lucrèce , et l'on trouve ans Virgile impiüt Cyclopt, quoique Cicéron appelât déjà cette licence tubrutticum ; De nralure , ch. 48. Quant aux lettres doubles, les Latins ne connaissaient pas leur influence; Virgile a dit nemorosS Zacynlhos , et Terentianus Maurui , iittorâ Xercet,
(l)On en trouve cependant quelques exemple! :
Ter sunt conati inponere Petits Ossam.
Géorgien, 1. 1 , v. 281 ; etc.
(9) Cette règle n'est point non plus sans exception :
Ferte citi flammas, date lelâ, scandite muros.
Aeneidos I. X, v. 37.
Nous citerons encore Silius, I. VU , v.
618 ; 1. IX , v. S7S ; I. XVII , v. 547 ; Juvenal , sat. VII , v. 107 ; Stace , Thebaidot 1. VI, v. 551.
(3) Il y a cependant des exceptions assez nombreuses dans Lucrèce ; nous en connaissons plusieurs dans Horace, deux dans Virgile , et une dans Catulle :
Teslis erit magnis virtutibus undS Scamandri.
EpiUialamium Pelei, v. 389.
(4) Trompés sans doute par le sens littéral d’irot , quelques écrivains ont voulu excepter la poésie épique ( llesscn Vortrag hochsl xvahrsclieinlicb kein Gesang war, Apel , Melrik , 1. 1 , p. 28 1 ) ; c’eùtétè contraire à la nature de la poésie, et Plutarque n'a poiut distingué lorsqu’il a dit , danB son Traité lur la musique : Ol iroiouvrit i«ri) , vouroiî /!£/! npie riOcexv. 11 est seulement vrai que le chant de l’épopée n’eut d’abord que peu de modulations, et qu’on ne l’accompagnait pas sur la cyinare; Athénée, Deipnoiopkiilae , 1. XIV, p. 653.
de véritables lois (1) , et déterminaient le rhythme de chaque espèce de poëme d'une manière invariable (2). Toutes les syllabes y avaient ainsi une valeur musicale qui se conformait aux tendances naturelles de la prononciation (3) , et relevait moins encore de la versification que des habitudes et des convenances de l’oreille. Mais lorsque la quantité n’était fixée par aucune nécessité elle s’appropriait aux exigences du rhythme, et l’uniformité des vers homériques (4) leur fit donner à chaque mot une cadence constante que la popularité (5) dont ils jouissaient ne permit presque jamais de modifier : la valeur musicale qu’une syllabe n’avait souvent due qu’au hasard devint une quantité prosodique inhérente à sa nature (6). Les modulations du chant exigeaient que la voix appuyât plus fortement sur quelques syllabes dont le choix , loin d’être arbitraire , était subordonné à l’accentuation des mots (7) ; l’accent exerça donc nécessairement une grande influence sur la quantité (8) : leur liaison n’était
(1) N ofioi. Voyez Aristote , Problema ta, nrob. XXVU , par. 19.
(2) Plutarque, Wtpi /xovtixy^ , par.
38; Suidas, s. v° No/*oç, art. 2.
(3) Voilà pourquoi les voyelles contractées ou suivies de deux consonnes et les diphthongucs conservaient leur quantité ; les rendre brèves eût été les corrompre ; les autres, au contraire, ont souvent été modifiées. La brièveté était réellement un defaut de quantité, une sorte de neutre prosodique. Aussi la position des syllabes qui allongeait les brèves ne changeait-elle les longues qu’au thésis , et encore le latin aimait mieux les élider.
(4) Elle rendait certaine la quantité, qui n 'était pas déterminée par des règles positives. Dans l’ode et le dithyrambe , la variété du rhythme empêchait de la reconnaître : quôs (lyricos) quurn cantu spoliaverU, nuda paene rernanet oratio ; Cicéron, De oratore, ch. 55. Horace est allé jusqu’à dire que les anciens poètes lyriques nuraeris lege solutis ferri.
(5) On ne put pins, sans blesser l'oreille, changer la prononciation à laquelle elle était habituée.
(6) Praeterea iidom poetae ( epici ), metri maxime coraraoditatem spectacles, alia quae communis usus jam adspernabatur, conscrvabant; alia ctiam nova introducehant. Ita sermo quidam ex— siilit proprius poetarum ; poetae enim omnes erant epici ; Herman u, Opu»cula t 1. 1 , p. 133. Quurn primis Graeciae poesis lemporibus formaret sermonera, brèves natura sy lia bas produxit inultas; Bockh ; De metri» Pindari , p. 57.
(7) Cette étroite liaison de l’accent avec la quantité explique comment la versification grecque et latine changeait si facilement de principe; elle n’aurait pu sans cela quitter l’accent pour prendre la quantité et finir par le reprendre.
On a même prétendu que les accents n’étaient qu’une notation musicale : Alypius, Boeinius et Aelius Fcstus Aphtonius m fragmento de carminis appeflaliotie , inoncntes 97]/<e(9( seu signa, cnnium vocis et fidium declarantia, ita disposila fuisse, ut TO flVJ àvoj T TQîisÇccJÇ, CO fl XXT'jJ 7T}S
xpov7iu){ potestatem declararet ; Vossius, De poematum cantu , p. 90.
(îS) Nous en citerons quelques exemples : l’accent circonflexe allongeait la
pas musicale, elle tenait à leur principe (1). L’augmentation de la voix ne peut être produite que par un mouvement particulier de ses organes, et, quelle que soit sa rapidité, ce mouvement exige un certain temps et allonge la syllabe qui le nécessite. Tous les idiomes ne suivent point la même loi prosodique, et, quand de nouvelles idées forcèrent un peuple à emprunter des mots étrangers, il lui fallut en adopter aussi la quantité (2) ; aucun souvenir ne s’y serait rattaché si la prononciation n’en eût exactement reproduit le son. Quelquefois aussi la quantité fut une sorte de notation orthographique
voyelle sur laquelle il portait, et reudait brève la syllabe qtai le suivait, quand même la prosodie voulait qu’elle fût longue comme ; lorsque l’accent venait
à se déplacer dans les formes d’un même mot, la quantité changeait souvent avec lui, comme dans Sr/cot, àr/ix , c r/twv; mais nous devons recounaitre qu'au lieu d’avoir réglé la quantité , il est fort possible que l’accentuation qui nous est parvenue n’en ait été que la conséquence.
La quantité de quelques vers comiques latins ne peut aussi s’expliquer que par l'influence de l’accent :
Etïd gratum fuisse adyorsum te babeo gra-
tiam.
Andria, act. I, sc. i , v. 13.
Ego ëxcludor : illc rccipitur, qua gratia ?
Eunuchus, act. I , sc. u , v. 79.
Cette influence de l’accent sur la quantité n’est pas contestable en allemand ; les finales longues terminées par une voyelle deviennent brèves ou douteuses devant une voyelle , quand elles ne sont pas accentuées , comme 6e» , einerlei , et restent longues quand elles le sont, ainsi nue herbe* , Thau , Schnee .
(1) L’accent nous semble aussi expliquer pourquoi les Homérides mettaient quelquefois Jw* b au premier pied (//»<*dis I. I, v. 193; l. XV, v. 539, etc.), et même au cinquième , bien plutôt que la substitution d’un amphibraque au dactyle, ainsi que l’a dit Gotlhold, ap.
Seebode et Jahn, Ârchiv filr Philologie und PUdagogik , 1833, t. II, p. 276. Il est cependant impossible d’accorder à l’accent une influence déterminante sur la quantité, puisque, dans beaucoup de mots,ons’en était écarté sansaucune rai-
son philologique ni orthographique, comme dans v-piAdrepoi , où, malgré son accentuation, l'antépénultième était brève.
Aristote nous apprend même qu’on n’en tenait aucun compte dans la déclamation du vers : Tlxpx cT« tijv npovM^txv èv fLt'J TOti C?V£U y/3 api) ç fixAsxxtxoti où pxthov xoinxxt )oyov, iv rot? yr/pxft/JLg'Joii v
icotij/iiaîc /aa»ov ; E^*yx wv 1. I, ch. 3.
Dans les plus vieux poèmes, il y a des vers où toutes les syllabes accentuées sont brèves:
xi fiiv xxdjicgpQsv iictppiti ijur fXx tov.
Iliadis 1. II, v. 734.
L’accentuation grecque eut plus d’action sur la quantité latine ; souvent, pour s’y subordonner, les dérivés s’écartaient de leur prosodie primitive ( Helëna , idées , erëmus, etc. ; voyez le vocabulaire en tête du Stace des Aides ) , et l’accent changeait quelquefois avec la quantité :
Si vero ex muta et liquida longa in versu constat in oralione mutât accentum , ut latébrao , tenébrae ; Prisciatius, De ac— cenlibus , p. 837, éd. de 1545. Mais dans les dissyllabes dont la première était brève , et dans tous les polysyllabes qui n’avaient une longue ni & la pénultième ni à l’antépénultième, il y avait désaccord entre l’accentuation et la quantité; l’accent portait sur une brève.
(2) Beaucoup de mots empruntés au grec ont conservé en latin , contradictoirement à toutes les règles, la quantité de leur paradigme; tels sont, par exemple, ôer, Aenëas , Lâomedontêus , Indus , Thalïa la muse. Les Grecs avaient des voyelles naturellement longues, une forte accentuation , et des iota souscrits, qui empêchaient quelquefois les voyelles
qui distinguait des homonymes (1) , ou un moyen de donner plus de clarté à la phrase. Dans les langues synthétiques , le sens en est presque toujours déterminé par les flexions des mots, et , quand elles n’avaient pas assez de syllabes pour frapper vivement l’oreille (2) , les Grecs et les Latins allongeaient ordinairement la dernière (3). Plus souvent encore la quantité ne semble avoir eu de principe d’aucun genre ; on ne peut l’expliquer que par les nécessités du rhythme(4), ou la commodité du poëte (S).
Des causes aussi diverses aboutirent à tant d’anomalies, que des écrivains d’une érudition incontestée ne trouvaient plus à la prosodie d’autre raison qu’un usage (6) , qui
de rendre brèves celles qui les précédaient immédiatement.
(1) Os (oasis), et ôi (oris) ; pSpulus
S ieuple) , et pôpulu» (peuplier) ; ttàtum esisto, cl sli(um de sto ; cilum de eieo ,et cilum de cio ; ceci di de cado, et cccidi de cacdo ; sedes et sideu; régis et rggo ; dücis et dûco. Quelquefois même les règles les plus positives étaient violées : l'U de pluit et ae luit était bref au présent et long au parfait; Varron, De lingua latina , 1. IX , par. 104. On ne peut voir dans ces changements de quantité l'effet du hasard, puisque Quiutiliendit, 1.1, ch. 7 : Necessarium quuni eadeiu liltera alium intelleclum , prout correpta vel producta est , facit ; ut malus utrum arborem significet , an hominem non bonum , apice distinguelur.
(2; Peut-être les exceptions sont-elles trop nombreuses pour qu’on en puisse faire une règle positive; mais il est remarquable que les flexions des verbes, qui étaienl communément longues en grec et eu latin, soient constamment brèves dans l’allemand, qui est une langue analytique.
(3) Au moins ne connaissons-nous aucune autre raison qui puisse expliquer d’une manière satisfaisante pourquoi , au lieu de rester brèves, comme l'exigeait l’analogie, les finales devenaieut si souvent longues ; tels sont en latin l’A de l’ablatif singulier de la première déclinaison ; l’O du datif et de l’ablatif singuliers de la deuxième ; PIS des datifs et ablatifs pluriels de la première et de la
deuxième; l’E de l’ablatif singulier de la cinquième.
(4) Lorsqu’un mot commençait par trois brèves , les poètes épiques allongeaient souvent la première: Zapu/jiv; Odysseae 1. VU, v. 119; 7«royo«, 1. XII, v. 423, et les poètes dramatiques prenaient la même licence pour l’A , 11, et l’U, qui n’étaient point suivis d’une autre voyelle; voyez Uerinunn , ad Sophocles, Etectra.r. 1239. En latin, les exemples sont encore plus nombreux ; l’E est devenu bref dans constilerunt, annuerunt, et l'I de la pénultième s’est allongé dans transieritis IPontiea , 1. IV, il. v, v. 6), eontigeritis ( Ib . , v. 16), dederitis ( Jfelamorphoseon I. VI , v. 356 ). Nous citeronsencore Maccdonius { Metamorph .
1. XII, v. 466 ), Lemüria ( Faslorum 1. V,v.42l), Italie (Aeneidos 1. 1, v.2), dont la première syllabe était restee brève dans Dalus [ Ibid. 1. XII , v. 79 ).
(5) L’A était long dans Asius ( Aeneidos I. Vn, v 701; Géorgien , I. I, v.
363), ainsi que dans Asis (Met. I. V,v.
648, et I. IX, v. 447), b l’imita tion du grec ( lliadis I. Il, v. 462), et il est bref dans Asia (De coma Bérénices , v.
36; Georg. 1. U, v. 171 ; Ae n. I. I, v.
589; Fast., 1. VI, v. 420; Properce, 1. Il él. ni, v. 36), probablement pour éviter les élisions, car Asia ne se trouve dans les poètes qu'aux cas où la quantité des flexions est longue.
(6) Après avoir appelé la quantité invelerata consuetudo , praejudicata aue-
n’était pas même général (1) , et n’influait pas toujours sur la prononciation (2). Vainement y chercherait-on quelque régularité systématique (3). Les plus évidentes analogies restaient inutiles (4), les règles les mieux établies
torita » , saint Augustin ajoute : Nihil aliud asserens cur hanc corripi oporteat , nisi quod ii qui ante nos fuerunt et quorum libri extant tractanlurque a grammaticis, ea <orrepta,non produc— ta, usi fuerint; De mutica , 1. II.
, (t) Ainsi, d’après Moeris Atticista :
A yoaacÇeiv, éxreivovreç xo G ot ai' Axxtxot, et les Doriens faisaient brève la première de ou MXoç ; Hermann , De dtalecto Pindari, p. 8. Les exceptions ne so bornaient pas môme à quelques cas particuliers; ainsi , dans le dialecte attique, la voyelle restait quelquefois brève devant les doubles lettres et s’allougeait devant le p marquéd’un esprit rude ; Dawes, Miscellaneacritica, p.S.Les Eoliens et les Doriens remplaçaient qui Iqucfoisl’u par ou et faisaient la diphlhongue brève (Priscianus. ap. Putsch, col. 534, et D’Orville , Critica Connus , p. 491) ; il est même probable que cette anomalie avait lieu aussi dans le dialecte ionique, puisque les Bomérides ont dit :
cl iFu/iry b fe fivOot ipxvfxv u 1 à'Ax £ou- XteOc.
Odycteae 1. XVI , v. 887.
En latin, la quantité de plusieurs mots n’était plus la même dès le siècle d’Augnste; tels sont, par exemple , Jcherum, euspieio ; hic , que Lucrèce faisait long, 1. VI, v. 9, est bref dans Virgile, Aenetdos I. IV, v. 22, et dans Terentianus Maurns, v 1657. Un exemple fort remarquable des changements que le temps apporte dans la quantité se trouve dans les mots anglais terminés en ton; avant le 17* siècle, les deux voyelles avaient encore un son séparé , puisque Chaucer disait , dans le prologue du Canterbury taies :
FuII swelely herde be confession ,
And pleasant vas bis absolution.
Maintenant elles ne forment plus qu’une seule syllabe, qui n’en est pas moins brève.
(2) Inclitus dicimus brevi prima lille ra , tnsonu» producta ; Cicéron , De «rotors, ch. 48. Maximus Yictoriuus
généralise cette remarque, et nous apprend qu’in suivi de h ou F devenait long et restait bref devant tontes Ica .autres consonnes. D'après Aulu Celle
li 1V ’ C * 1 ' ,ui ’ vt> el con él “ ie nf brefs dans les mots composés , même lorsqu’ils y étaient suivis d’une consonne; et Donatus fait observer, dans sa note sur ce vers de Térence :
Filium perduxere ut una esset.
-Andnd, act. I , sc. t.
Si producta legatur euet, significat cibuin caperet, sive ederet.
(3) Voci», câco ; nütare, notas, coynUus; lidus, per/ldui ; sàpor, sôpio semtsSpUus; effenére, e/futgëre, hôdie, (hoc die) ; pro est bref dans procella et danspro/’u.yui, douteux dans prucumbere et dons profusas , long dans prologus et aenspropola. L’Uet l‘l finaux, qui étaient longs en latin, devenaient brefs quand on y ajoutait un S , qui aurait dû allouger encore leurfouanlite ; voyez le Scholiasle d Hepbaistion , p. 150 , éd. de Gaisford.
(4) Il est même quelquefois fort difficile de reconnaître la quantité d’une syllabe. L’un» final des Latins, par exemple, était bref suivant Vossius (De ar le grammatica, 1. II, p. 286, et quoique la plupart des écrivains sur la prosodie partagent cette opiniou, toutes les probabilités nous semblent plutôt indiquer le contraire. D’abord un était toujours long lorsqu’il précédait une consonne , fût-elle une liquide ; et l’on ne peut l’expliquer par le concours du son de deux consonnes : le M n’en devait presque pas avoir, puisqu’il n’empêchait point l’élision, et que Quintilien a dit, I. IX , ch. iv , par. 59 : Eliamsi scribitur, tamenparum expriinitur, ut multum ille et guuntumeral ; adeout paenecujusdam novae litterae sonum reddat. Le M final indiquait seulement que les voyelles précédentes étaient nasalisées, et que par conséquent leur son était prolongé. Un versdeLucilius, ap. Nonius,s.v° gladics :
Haerebat misero gladium in pectore totum.
le fait long ; mais, comme la césure allon-
étaient violées sans prétexte (1) , et les mêmes mots changeaient de quantité suivant les .caprices du poëte (2). Lors-
geait quelquefois une brève, son autorilé pourrait être révoquée en doute. A la vérité , dans quelques vers cette finale est brève ( Ennius, ap. Prlscianus , 1. 1, ch. vu, col. 556, èd. de Putsch; Lucilius, ap. Perse, p. 115, cd. des Deux- Ponts; Plaute, Caplivi, act. U , sc. v, v. 7; Milei gloriotut, act. I, sc. i, v.
68 ; Lucrèce ,1. II , v. 465 , et 1. III , v. 1095; Horace, Sermonet , I. II, sat. il, v. 28, etc. ); mais ils sont loin d’autoriser les conséquences qu’on en a voulu tirer ; um y précède toujours une voyelle, et, par une imitation d'une règle de la versification grecque , dont on counatt quelques autres applications en latin, au lieu de l'élider, on l'a rendu bref. Cette licence qui permet de supprimer l'élision n’avait jamais lieu que pour une longue, à moinsqu’une pause grammaticale ne séparât les deux voyelles, et dans les exemplesque nous connaissons il n’y en a point.
Le H latin avait quelquefois un son dur qui empêchait l'élision ( voyez Santen , ad Terentianus, p. 588 et suiv. L’aspiration des langues du Nord en rendit les exemples bien plus fréquents pendant le moyeu âge); mais il n'y fut jamais regardé comme une véritable lettre; l'urn final devait donc conserver sa quantité naturelle lorsqu'il précédait un mot commençaut par un H , et il était long, même lorsqu’il ne se trouvait point i Parais, entre autres dans le Walthariui , v.
55. A ces raisons ou ne peut opposer que l’opinion de quelques anciens grammairiens qui comprenaient fort mal la métrique { voyez Hermann , Elcmmta doetrinae melricae, p. VI-XI ), et écrivaient dans un temps ou la prononciation des dernières syllabes tendait de plus en plus à s'affaiblir. A la vérité, la seconde syllabe de circum est brève dans les composés ; mais nous ne pensons pas qu'on puisse y trouver un argument sérieux: um, n’élant qu’une voyelle nasalisée, devait être bref lorsqu’il en précédait immédiatement une autre; et plusieurs vers des anciens comiques où le M final reste bref devant un autre SI ( Mercator , act. U , sc. m , y. 46 ; Bacchidet , act. 111, sc. vi, v. 41 ; Andria , act. II, sc. i, v. 2; act. IV ( sc. i, v. 17) ne sont pas plus significatifs, puisque, ainsi que
nous l'avons dit, la voyelle devenait douteuse devant une conBonue redoublée ; fldmmearii (Aulularia, act. III, sc. v, v. 36)’, \mmortalet (Poenului , act. I, sc. il, v. 64), etc.
(1 ) Les poêles, qui devaient cependant avoir l'oreille bien plus sensible aux .principes de la prosodie, n'allongeaient même pas toujours les synèrèses:
dilu T eov ovKort flu/iov iv c crzrevïiv BcttOo v.
Corinne ap. Héphaislion , p. 9.
Virgile a fait également un trochée d'aureo ( Aeneidnt 1. VIII , v. 19 et 535) ; il n'a pas craint de dire : Ad faitcet graveolenlit Avenu , et Lucrèce è fait un choriambe de semianimo, 1. VI, v.1266. Nousciteronsquelques autres exceptions : Ti/xvei, lliadit I. XIII , v. 707; A(yu*Tiou{, Odytseae I. IV, v. 83; Hlixr^uuvi);, Uésiodes, llerculit sculum, v. 16 et 35; vwtpiitw, lliadit I. II, v. 573; i«eA{«v, Ibid . , 1. IX, v. 73 ; llïov ,1. XV , v. 66 et XXII , v. 6 ; «ov- Xijtocc , Ibidem , I. I, y. 67 ; dr/ttpuifitv » Ibid. y v. 142; dpidpoç (Calliraaque, épigram. XXVI, y. 6); Pràcne ( Helamor pho$eon I. VI, y. 468) , Âllantiadet (I.
VIII, v.,627);eycnui(IIorace, I. IV, n°m,
y. 20), fïunt , diêi , etc. Les Latins faisaient aussi quelquefois ae bref et allongeaient 1 ablatif de la troisième déclinaison ; voyez Wase, Senarius, tive de legibut et licentia velerum poetarum , p.
27 et 235. Au reste, beaucoup de ces anomalies tiennent probablement à des changements dans la prononciation et dans l’orthographe , plutôt qu’à des licences poétiques; on sait, par exemple, que la quantité était fixée en Grèce avant l’adoption générale de l’écriture, et que Simonides ou Épicharmes n’inventèrent le H et le Q qu’à une époque bien postérieure.
(2) Axfrra*ov,^ / 5Uff*wî, dv^p, t»0f«
(pdtvttv, etc. ; la deuxième et la troisième syllabes de Kyoovtc*>yo$ étaient tantôt brèves, et tantôt longues. En latiu , la quantité était plus fixe; cependaut les exemples de cet arbitraire sont encore bien fréquents : adôreu» ( Priscianus ,
ap. Putsch , col. 700 et 785) , adôrea
même que la prosodie sembla fixée par un long usage, la plupart des causes qui l’avaient déterminée ne cessèrent pas d’agir; la césure etl’arsis continuèrent à allonger des brèves (1), et chaque genre de poésie s’écarta sans scrupule des errements des autres (2). La poésie dramatique se rapprocha davantage de la prononciation populaire; les corruptions du langage usuel durent donc y exercer plus d’influence sur la pro-
(Aeneid. !. VII, v. 109) , albüna fTibulle , I. II , él. 5 , v. 69 ) , albitnea ( Aeneid . 1. Vit, v. 8), orïlur (Aeneid. UI, v. 411), adorïlur (Lucrèce, 1. II, v. 5416) ; accitus et conduis , dont la pénultième est ordinairement longue, sont devenus des dactyles , le premier dans I’J?néirfe (I, IX, v. 649), et l'autre dans les Métamorphoses ( 1. II, y. 779). Ces irrégularités se rencontrent surtout dans les vieux poètes scéniques ; Ennins avait dit aslrblogo» dans son Tetamon, et l’on trouve dans Plaute, âmatoribus (Pseudolus , act. 1 , sc. v , v. 1 ; Epidicut , act. II, sc. n, v. r>0 ) , püdidtiam (Amphitruo , act. III , v. 49 ); tôbernacula ( Trinummut , act. III, sc. il, v. 100); etc.
(1) Ot«v lit /upoi loyou auiïxir, Jiya' S yxp fiirx^u dixoTxeit rou x/ioTipou rslru- T 1 |{ xxi TXî àpyi; tou diurc/iou ftxxot r« euV,x(r,t xxfliyiTxt ; Aristeidcs Coïntilianos, p. 46. Cela avait lieu surtout pour les pyrrhiques, parce que|l’arsis rendait alors réellement la syllabe finale plus longuo que la première. Elle devenait aussi souvent longue lorsqu’une pause grammaticale forçait d’y appuyer [comme dans oux oiot , àftx ; Odysseae 1. II , v. 11 : zù/suloyof cm , |. XII, v. 552; Èxrop. tidoç àflixTt; lliadii 1. XVII, v. 142;
Desincplura, puêrj et, quod nunc instat , agamus.
Bucolica, éd. IX, v. 66.
voyez Seidler , De vertibus dochmiadt Iragicorum , p. 77 , et à l’appendice de 1 ’Ajax de Lobeck , p. 435); lorsqu'une consonne ou la conjonctive que obligeait d’y arrêter la voix :
Euriquë Zepbyrique tonat domus : omnia
plenis.
Géorgien , 1. 1 , v. 371.
(voyez VVeicbcrt , Epiitola criiica de Valerii Flaeci Argonnulids, p.7ô ; Jahu,
ad Horace, Sat., I. II, sat. 3, v. 1 ; Loers, ad Ovide, Heroidum 1. VI, v. 52; 1. VII, v. 53), ou que le mot suivant, commençant par une liquide ou un S, se prononçait sans qu il fût nécessaire d'elever la voix, comme pour une aspirée, ou même une muetto : xxtx kxmrsxv, lliadii I. VI, v. 64; ùJVrl v<5ovr«{, 1. VII, v. 425; etc.
(2) Verumest quod ait Marklandus ab Hoineri versibus hexametris ad tragicoruin senarios argumenlum metricuni non recte transferri; Bninck, ad Sophocles, Ajax, v. 1077; voyez— en de nombreux exemples dans Spitzner, Anweisung zur griechischen Prosodie , p. 101 et suiv.
Syllaba uatura brevis, in vocalem brevem desinens, sequentibus in eadem voce consonanlibus duabus ot rixvw, tfi ioTtxvot, àuxvct, quae in oralione soluta (ut ex scriptorum Iragicorum et comicorum iainbis constat) semper corripitur, in heroico carminé propter positionem islam produci potest; Clarke, Aolae ad lliadem, I. I, v. 51. Dans la poésie lyrique, les lettres doubles n’allongeaient pas non plus toujours la voyelle précédente, et la règle de la position n’y était pas observée lorsque le premier mot finissait par une voyelle cl que le second commençait par une muetto et une liquide ; on n’y eût pas dit, comme dans I ’ Iliade , I. XI, v.
Es xlt«çv üOouTtt tel xXto/iotoc xxfhÇov.
Les licences des poètes scéniques allaient plus loin encore; ils donnaient aux monosyllabes, et même à toutes les
f 'articules indéclinables, la quantité qui eur était la plus commode : » d gralum ( Andria , act. 1 , sc. i , v. 15 ) , prSpler ( Ibidem ,, act. II, sc. vi , v. 8), ixcludor ( Eunuehut , act. 1, sc. il, v. 79), etc.
sodie. Plus étroitement liée avec la musique, la poésie lyrique avait un rhythme plus indépendant que les antres des conventions antérieures, et ne craignait point d’apporter dans la quantité des innovations, qui finissaient quelquefois, sans doute , par devenir d’un usage général (1).
Au reste , quoique la prosodie ne fût point régulièrement déterminée par la forme des mots, son existence devint généralement indépendante de tout arbitraire (2) , et une prononciation spéciale la faisait presque toujours reconnaître (3). La versification dut donc chercher à se servir des modulations qui s’introduisaient dans le langage , et en faire la base de son rhythme. Mais tant que leurs différences ne furent que relatives, et produites seulement par le temps nécessaire à la prononciation , elles restèrent trop diverses (4) , trop mobiles (5), souvent même trop insensibles pour
(1) La quantilé de beaucoup de syllabes n’étant déterminée que par l'usage , ces innovations durent exercer quelque influence sur la prononciation habituelle, dont les poètes épiques finissaient par se rapprocher. Peut-être ne faut-il pas chercher ailleurs l’explication des plus grandes différences entre la prosodie grecque et la prosodie latlue-.ainsi , par exempte, la muette suivie d'une liquide, qui allongeait toujours la voyelle précédente dans les anciens vers grecs, la faisait douteuse dans la poésie bucolique (voyez Walkenaer, ad Theocrites, idyl. I, v. 113) et dramatique ( ii\mt , Sophocles, B lectr a, v, 440; ù/tywtii, Agamcmno , v.
9ft9; u/svsaw, Euripides, bacchidet, v.
72); et les poêles latins la faisaient aussi quelquefois brève. Les derniers poètes épiques grecs eux-mèmes (Coïntos de Sinyrne, Oppiauos de Cilicie, otc.) s’écartaient sur ce point de la prosodie des Homérides.
(2) Il y avait au moins un usage reçu et respecté qui ne changeait qu’avec la langue elle même; les syllabes dont la quantité était douteuse ou arbitraire étaieot trop peu nombreuses pour jeter dans le rhythme aucune perturbation sensible.
(3) La prononciation devait être bien
différente, puisque, malgréla répugnance que les Latins avaient pour le concours de sons semblables, les poètes les plus harmonieux ne craignaient pas de rapprocher des mots dont la désinence ne différait que par la quantité ; ainsi Virgile disait aelernit régit imperiit.
(4) Nous savons par Denys d’IIalicarnasse, et nous pourrions le vérifier par nous même , que i fo(, oofot , r/io*ot et npopof, dont la première syllabe était également brève, ue se prononçaient pas dans le même temps (nous en dirious autant des longues v, ex. ex®. ex®; 0 ) ; on pourrait mémo. conclure de deux passaes d’Aristeides Coïntllianos , p. 43, et u Scboliaste d'Hèphaistion, p. 78 , que la longueur relative des syllabes longues ne résultait pas seulement des lettres qui les composaient.Quelle qu'en fût la cause, tous les auteurs qui ont écrit sur la prosodie reconnaissent que la quantité prosodique différait de la quantité réelle; aussi nous bornerons-nous à eu citer un seul : Movetxot urj -fotp imf à)o yous rtv*t Xpovovi y-att pwvwv ffyvvsov-
t *1 imJwsiv ; Sextus Empirions, Adversus grammalicot . 1. I, ch. 6; voyez Apel, Uetrik, 1. 1 , p. 125.
(3) Les longues qui se trouvaient au commencement du pied lorsque la voix
que l’oreille pût y rattacher aucune mélodie. U fallut établir un rapport absolu entre les brèves et les longes, et le plus facile à saisir était celui du simple au double. L’harmonie prosodique était d’accord avec l’histoire des langues pour donner aux longues la valeur de deux brèves (1).
Sans doute les longues et les brèves se succédèrent d’abord alternativement ; mais, malgré la régularité de cette cadence et son caractère profondément marqué, si des pauses n’eussent séparé les différents rapports, bientôt le rbythme serait devenu confus, et l’unité du vers eût disparu dans la trop grande multiplicité de ses parties. Ces césures qui entrent nécessairement dans le mouvement et l’harmonie de la versification s’appellent mètres. Quoiqu’on ait souvent confondu les césures du rhytbme (2) avec les coupures prosodiques (3) , leurs caractères sont entièrement
s'élevait, semblaient nécessairement plus longues qn’é la fin, lorsque la voix baissait; quelquefois , ainsi uue nous l’avons vu , cette élévation au ton avait la foreed 'allonger une brève.
(1) Les grammairiens avaient euxmêmes reconnu ce rapport prosodique, puisque l’accent des polysyllabes grecs qui frappait une des trois dernières syllabes quand la finale était brève devait, lorsqu'elle était longue, tomber sur une des deux dernières.
(2) Nous prenons ici le rbythme dans
le sens que lui donnaient les Grecs ; Aristote, De rhelorica,l. III, ch. vin; De paelica , ch. tv ; Aristeides Cofntilianos, De mûrira , 1. I , p. *9 ; Suidas , s. v° Pufyros, t. III, p. 269 : pvb.uOi pt-
rpov. rw rov pxv yrvtxwTtyiov itvotr to Jr HtT/tov ùitatyjxeiv eifoç rov puQ/iev, et Longinos dit dans ses Prolégomi net d’Héphaistion, par. 1 : Mrr/jou ft «gctx p pv9pet. xoli Otoc <fec pvipm yxp iexi tv dijyqv. Comme le rhytbme a toujours exprimé l’harmonie de la versification , son idée a changé auand elle s’est appuyée sur d'autres bases. Du temps de
S 'uintilien , on le disait déjà du nombre e>s syllabes : Rhythmi, id est numeri, spatio temporum constant ; metra etiam erdine ; ideoque alterum esse quanlita-
lis vïdetur , alterum qualitatis , I. IX, ch. 4, par. 46, et Mallius Theodorus, le prend dans le même sens, De meirie , préf. p. 5. Maxiraus Victorinus l’entend probablement de l’accent : Est verborum mndulatio et composilio, non metrira ratione, sed numeri sanctione ad judicium aurium examinais ; ap. Putsch, col. 1955; et Beda, qui copie sa définition, De metrica arte, 1. 1, p. 57, éd. de 1563, ajoute : Ut sunt carmins vulga— rium poetarum. Plus tard, on le prit dans le sens de rime; un passage a’Atilius Forlunatianus , qui écrivait, au los tard, dans le 6* siècle , puisque assiodore, qui mourut plus que nonagénaire en 563, le cite dans son livre De septem artibue, autorisait déjà à lui donner cette acception : Inter melrum et rhylhmum hoc inlerest, quod metrum cirea divisionem pedum versatur, rhylhmuscirca sountn ; ap.Pulsch , col. 2689.
(3) Nous citerons par exemple l’ancien vers iambique , qui se mesurait par di—
f iodie. 11 en est de même dans la poésie yrique ; ce que l’on appelle tlrephe est un tout systématique , un eerr dans la rigueur du mot ; chaque ligne qui se reproduit invariablement dans chaque strophe et la mesure est réellement un mètre.
différents. Le pied réunit dans un ordre constant des syllabes qui ont chacune une quantité déterminée ; au contraire , le mètre ne s’inquiète ni de la nature des éléments qui le composent , ni de l’ordre dans lequel ils se suivent (1) ; mais il exige que la voix appuie invariablement sur la même syllabe (2) , et que son rapport avec le reste du vers soit facile à saisir : le premier mesure le temps d’une manière absolue, et l’autre relativement au rbythme. Le pied est ainsi l’élément du mètre, et, quoique dans la versification la plus simple il se confonde avec lui , il en faut quelquefois plusieurs pour constituer une partie intégrante du rbythme, et presque jamais la durée ne le marquerait d’une manière sensible si l’accent ne concordait pas avec elle.
Le plaisir purement musical que le rbythme occasionne, tient à la reproduction d’un rapport que l’on avait déjà perçu ; en le reconnaissant, l’intelligence se rappelle une perception antérieure , et ce souvenir lui donne la conscience de sa propre existence. Loin d’exiger que les causes de celte perception se reproduisent sans aucun changement , le sentiment de sa répétition devient plus viflorsque l’intelligence agit davantage et retrouve le même rapport entre des sons différents j mais ils doivent être assez semblables pour que la difficulté de l’apprécier ne rende point le rhythme moins sensible : il faut à chacune des parties qui le constituent la même va-
(1 ) Le dactyle et le spondée , par exemple, sont d’une mesure égalé, et se mettent indifféremment dans l’hexamètre, parce uedeux brèves équivalent à une longue.
(2) Plusieurs écrivains ont cru qne l’arsis tombait toujours sur la première syllabe longue du pied; ils ramenaient alors le vers iambique au rhythme trochaïque , en faisant un anacrouse de la première syllabe , et en regardant le vers comme catalectique. Mais cette o— pinion, qui ne repose quesurune manière tout arbitraire d'envisager la musi- \que ancienne , est une erreur évidente , puisque , lorsque dans la poésie dramatique le dactyle était substitué è un spondée, et le tribraque à un jambe,
l’accent portait sur la seconde syllabe :
c’est confondre l’accentuation métrique avec la quantité prosodique. D’ailleurs, les Ilomérides employaient quelquefois un tribraque au lieu d’un dactyle ( voyez Hermann, Elementa doctrinae melricae, p. 60), l’arsis portait alors nécessairement sur une brève; et Aristote (ÜerAetorica, 1. 111, ch. vin, par. 4, éd. de Buble) dit positivement que le vers iambique n’avait point le même rhythme que le vers Irochaique. Dans la versification russe, qui se base aussi sur une sorte de quantité déterminée par l’accent, il n’y a pas même d’autre différence entre l'ode et la chanson ; la première est composée d’iambes , et la seconde de trochées.
leur prosodique. Une théorie rigoureuse voudrait donc que dans la versification basée sur la quantité, les brèves et les Ion* gués se suivissent dans un ordre constant ; qu’un vers ne fût composé que d’un même pied , répété un certain nombre de fois (1). Quoique , à proprement parler, la nature des pieds n’exerce aucune influence sur l’espèce du rhythme , leurs éléments concourent à l’harmonie du vers ; ils ont chacun un mouvement dont la répétition agit sur l’intelligence et modifie l’impression produite par leur ensemble (2). L’effet N de la versification dépend ainsi de la reconnaissance des valeurs prosodiques et de la perception de leurs rapports , et la quantité elle-même resterait insensible si la cadence des pieds se confondait avec celle des mots , l’oreille serait trop préoccupée du rhythme habituel de la prononciation pour percevoir une harmonie quelconque étrangère à la prose (3). y Le pied le plus naturel est la réunion d’une brève avec\ une longue ; leur rapport est trop simple pour ne pas être facilement saisi , et devient encore plus marqué lorsque la longue précède immédiatement la pause. Elle s’associe mieux avec la prononciation quand la voix baisse graduellement en prolongeant le son d’une syllabe que lorsqu’elle s’arrête tout à coup après l’émission d’une brève (4). D’ailleurs , le dernier son reste plus présent à la pensée ; il parait
(1) Le vers dramatique, qui en admettait plusieurs , n’avait presque aucun rhythme, et l’harmonie de la poésie lyrique ne devenait sensible que par son accompagnement musical.
fî) C’est ainsi que l’on donne uneffet différent au vers hexamètre en multipliant les spondées on les dactyles, qui ont cependant la même mesure prosodique. L’impression produite par la répétition du même pied n’est cependant pas assez marquée pour que tous les écrivains qui ont traité •de la métrique s'accordent sur son espèce ; ain«i Denys d'Halicarnasse a dit : n tpi ouvd€<3t'j*$ ovoaarwv, ch. XVII, éd. deRciskc , que l’iambe ovx iiriv ov< dysvnç, que Cana peste m/iwni tx ffy.tt «oiinvxoct ivdx r *ti fxr/tdoi *tfli9tivxt ro*f xpxyu.xnv , *
*x6ot, ixwhioç fort «xputXxfJiÇxwîOxi ; le dactyle *«vu fini os/jlvos , xat tlç xx»o$ àflfiovtx; cfcf toXoywrecros , et Bückh , De melris Pindari , p. 200 : Dactylus enitn gravis est, lirions, sedalus; anapaestus gravis et Hrmus, sed concitatus ; tro— chaeus levis, mollis, remissus; iambus levis et concitatus, ideoquegentrosior.il est cependant certain que le dactyle convient à l’expression de lajoie,l’iarnbe aux sentiments belliqueux, et l’anapeste à la colère.
(5) La dureté de ce vers d’Enntus :
Roraae maenia terruit impiger Hannlbal
armis.
en serait une preuve suffisante.
(4) Voyez Priestley, Ltcluret on cr<ticUm , p. 295.
relativement pins long que les autres , dont le souvenir s’est déjà effacé (1), et, en prenant un caractère plus saillant , la différence entre les deux syllabes donne plus de vivacité à la cadence (2). Ces raisons musicales ne sont pas même les seules : lorsque l’air que contenaient les poumons vient à s’épuiser, la voix tend à devenir de plus en plus brève , jusqu’à ce qu’on en ait aspiré d’autre ; le mouvement de la longue à la brève rentre ainsi dans les habitudes de la prononciation ordinaire (3) , et le rhythme factice auquel il sert de base ne ressort pas d’une manière assez frappante (4); il s’associe trop intimement avec le rhythme naturel de la voix. Au contraire, le vers iambique tranche avec la cadence habituelle de la phrase , et le mouvement de la respiration qui élève naturellement le ton marque encore plus profondément les inflexions prosodiques de la voix (5). Son rhythme fut d’abord régulier et n’admettait que desiambes(6) ; mais.
(1) A moins qu'nne différence très grande ne frappe l’imagination et ne produise un effet contraire, comme dans ce vers d 'Horace :
Parturiunt montes , nascetur ridiculus mus.
An poetica , v. 159.
(2) Voilà pourquoi, dans la musique moderne, le battu précède le levé. Lord Kames avait fort bien remarqaé , sans eu donner aucune raison : Thaï a strong impulse, succeediuga wcak, mates double impression on lhe inind; and that a weafc impulse , succéeding, a strong maires scarce an y impression ; Etrmenti of eritiriim, I. II, p. 167. Le rbythme iambique est d’autant plus sensible
S ue la longue, étant une contraction de cas brèves, n'a pas réellement la même quantité que deux brèves qui ont conservé toute leur prononciation , ot dans l'iambe la longue semble plus longue.
(3) Aussi presque tous les vers populaires, qoi ne se préoccupent d’aucune idée d’art et ne sont qu’une mélodie instinctive , se rapprochent— ils du rhythinc trochaïque ; les anciens vers tragiques grecs, les vers saturniens, les vers politiques, les redondillas espa-
gnols , les vers des serfs de l'Eslhonie (Pétri, Nackrichten von den Etlhe n,t.
II, p. 69), etc.
(4) Aristote dit le contraire (De rheltrica , I, I, ch. I, par. 9); mais, quoique Parais, l’accentuation de la première syllabe du pied, dût rendre moins sensible le rapport prosodique entre la brève et la longue, son opinion ne peut se baser que sur des raisons étrangères à la nature de l'iambe : probablement la musique, qui avait été primitivement dans une liaison étroite avec la dause, avait un rhythme différent; le levé y précédait le battu, et la cadence contraire de l’accompagnement rendait le mouvement de la versiGcation fort obscur.
(5) Voilà pourquoi les vers dont le rhythme a été perfectionné par l’usage ont presque tous nn mouvement iambique; l’accent frappe de préférence sur la dernière syllabe de chaque pied.
(6) Il est presque toujours pur dans les poésies d’Archiloques et de Simoni— des. Catulle eu a composé dont la mesure est aussi rigoureuse.
Phaselus ille quem videtis , hospltes ,
Ait fuisse navium cderrlmus, etc.
pour le dessiner davantage , on allongea les pauses qui suivaient le second et le quatrième pied ; le vers se trouva scandé par dipodie (1) , et sa composition en fut bientôt altérée. Gomme la première syllabe de chaque dipodie était beaucoup plus accentuée que les autres , l’élévation de la voix en rendait la brièveté presque insensible ; on put donc, sans altérer profondément le rhythme , la remplacer par une longue (2), et substituer un spondée à l’iambe de tous les pieds impairs (3). La quantité delà syllabe finale en affectait trop peu la prononciation réelle pour ne pas être aussi indifférente (4) ; malgré l’élévation de la voix sur la première syllabe du pied, la pause dont la dernière était suivie la faisait toujours paraitre plus longue (5).
Le calme et la dignité du spondée avaient fait de sa répé-
(1) Il est probable que les Romains suivirent l'exemple des Grecs, puisque leurs vers iambiques ad mettaient toutes les licences qu’introduisit la mesure par dipodie; cependant ils appelaient le tétramèlre trochaïque acatalectique uctonariut, et le trimètre iambique acatalectique Mnariut.
(2) On ne se Taisait aucun scrupule de dire :
a w*V ytvou uot Ï“W**X05 T’sdroiysavw.
( 5 ) L’adoption de la mesure par dipodie corrompit ainsi le rhythme du vers trochaïque ; la pause qui suivait tous les pieds pairs allongeait leur dernière syllabe quand elle était brève; et, lorsqu’elle était longue, elle n’en paraissait pas moins brève , puisqu’elle était entre une longue sur laquelle portail l’arsiset la première syllabe d’une dipodie dont l’accent était encore plus marqué. On pnt ainsi remplacer le trochée de tous les pieds pairs par un spondée.
(4) Elle l’était, ainsi que nous l’avons déjà dit. p. 42, notel, dans toutes les espèces de vers, même quand elle devait être brève : üvtvrGf asr.çov dchotroyeec émv >; rOrurma . «ïti fvvxoOou
ccysct ixùntv Gflac^uuv xvi /xstxflxv; Uépbaistion, Êy xtipiftov , p. 26. Dans le vers hexamètre, l’accentuation de la syllabe précédente la Taisait paraître plus brève, et la pause qui suivait le vers la reudait réellement longue; elle ne pou-
vait ainsi avoir de quantité marquée.
Celte conséquence de la prononciation était poussée si loin , que dans les vers asynartètes la dernière syllabe de chaque espèce de rhythme était arbitraire , parce qu’elle était séparée par une pause du rhythim- suivant. On se permettait même quelquefois , dans la versification lyrique , de retrancher la dernière syllabe du dernier vers; la pause qui le suivait empêchait l’oreille de s'en apercevoir d'une manière désagréable ; voyez Quinlilien, 1. IX, cb. iv, par. 51 .
(5) Les vers dramatiques des Latins avaient de bien plus grandes licences ; sans doute , comme la prononciation naturelle s’y était mieux conservée que dans la poésie épique et lyrique, l’accent y exerçait pins d’influence; au moins est-il souvent très difficile de les ramener à nu rhytbme uniquement basé sur la quantité, comme :
Atque égo me id ficere stùdeo; vôlo am&ri a
méis.
Asinaria, act. I.sc. t,v. 52.
Ceux-ci ont on rhythme encore plus obscur :
M ordùces iliter diflugïunt sollicitûdines.
Fâmuti lôlent j ad Idae tétuli némora pédera.
et cependant des témoignages positifs ne nous permettent pas de douter que l’auditoire ne Tilt très sensible à l’harmonie.
titioû le Vers consacré aux dieux (1); non seulement c'était la forme ordinaire des oracles (2) , mais on regardait uü rhythme différent comme une preuve de supposition (3). La mesure prosodique du dactyle était la même ; comme le spondée, il avait l’accent sur la première syllabe : on pouvait donc l’admettre dans le vers hexamètre sans en altérer l’harmonie, et la crainte de fatiguer l’oreille par une cadence monotone, trop traînante et trop dure , en fit un devoir (4); seulement le pied qui terminait le rhythme et frappait plus vivement la pensée conserva sa quantité primitive (5) , et,
;1) H/S.UOTr'.v A ir^oj ûjUSOUî /ttv oi ÎCG‘J-
iïttxx'.t , l'ullux , Onomaslieon , I. IV, ch. x, t. I, p. 394 > édit, de 1708; Plolius, De vutrit, ap. Putsch, col. 2024, etc. Ou attribuait son invention à Latone elle-même (Athénce, 1. XV, p. 701), Quoique généralement ou en fit honneur à une prêtresse de Delphes appelée l'héniouoë ; Pausanias, I. X, ch. vu; Pli— hius, Huloria nalur., 1. VII, ch. lvi; Proclus, Chreiluvialhia, p. 6; Euripidis Scholiasta. Oretlet , v. 1004.
(2) H nudet tv IfruSTpu Xiyu Z ctft ; Hérodotes, 1. I, ch. 47.
(3) Voyez le Scholiasted'Aristophanes, ffuùei, v. 144.
(4) On trouve cependant dans les Iiomérides quelques vers entièrement composés de spoudées :
Toi (PévMeffïlJVé ïj uCxr.zry .
Ody»teae\ 1. XXI , v. 15.
(5) Onelquefois cependant l’hexamètre imissait par un dactyle :
AÀà , Ù KZ-JTOIX; tpiXt , TSTOS Ù[ttLerjfXVJXL
Sophocles , Eleclra,y. 134.
Voyez aussi le vers 150, et, Euripides, Suppl icet, y. 277 et 278 f mais cette licence ne se trouve, en grec, que daus les Chœurs et dans la poésie dorique (on appelait même ce vers ibyeien , à cause de l’usage qu'en avait fait Ibycos de Rhegium ; vo>ez Servius, Ccntimelrum , ch. ni, p. 15); au moins ne connaissons 1 uous aucun autre exemple qui puisse justifier ce passage d Iléphaistiou : To cfaxTutacev fvyixxi fx/.z'j xxi cicovfoio'jç
KK7X *X7XJ ypipx'J) zi; rtJ.zvrxtxi • cirt
Tàuniî èt pev dxxtxXextov èbj, cToo'tü- ^ov iÇei , ij fax njv dJ'ioŸopcv, xpyr txov. On trouve deux ou trois vers ibyeieos daDS Virgile :
Bis patriae cecidere manus; quin prôtiüus omnia.
Aeneidot I. VI , v. 33»
Voyez aussi Georgica , I. II, v. 69. Mais, peut-être comme souvenir de leur oriine lyrique , le rhythme y est moins lire que dans ta forme ordinaire; presque tous les pieds y sont des dactyles* et ils en sont tous dans le vers que Victorinus ( ap. Putsch, col. 1960) cite comme exemple :
Dicitur in tenero mihi bucula pascere gramme.
L’hexamètre se terminait aussi quel-* quefois par uu iarnbe :
T pues &'ipptyn7xv, êicw; i fo'J a lo’Xov oftv.
liiadit I. XII , v. 208.
Ovte Çpo'j-zxtç IxA/xuyjcoi yptxt Çtx, Lucien, Tragudopodagra , v. 312* Mais son nom de pinovpoç indique suffisamment que cette licence était réprouvée (voyez ci-dessous, p.43, note 4); probablement le dernier pied était alors un pyrrhique, dout Tarais allongeait la première syllabe, relativement aux syl-* labes qui la précédaient et à celles qui la suivaient. Cependant le vers que Te-* renlianus Maurus cite comme modèle :
Livius Ule vêtus Graio cognomine suae se termine par un iarnbe. Il nous ap-* prend que Livius Andronicus avait mis quelques vers de cette espèce daus sa tragédie d Jno ; mais nous n’en con-
pour le faiïê ressortir davantage et rendre le mouvement du vers moins monotone, le cinquième fut communément un dactyle (i). Cet usage n’était cependant pas général ; quelquefois, surtout quand leur dernier mot avait quatre syllabes, les Vers finissaient par deux spondées , et l’on en trouve dans les poètes grecs qui en étaient exclusivement composés (2). Chez les Latins, le rhytbme était nécessairement moins libre (3); la quantité, qui était étrangère à la langue, ne pouvait y être aussi sensible ni imprimer le même mouvement à la cadence ; on y suppléa par l’élévation de la voix sur la première syllabe de chaque pied , et , aux deux derniers, l’accent tonique renforçait encore l’arsis et se confondait avec luri (4). Sans doute le vers pentamètre corre-
liaisons aucun autre exemple dans les poëtes latins, que ce vers de Laevius :
Dirige odorisequos ad cerla cubilia canes.
(1) Cette règle n’était pas toujours observée, même par les Romains du siècle d’Auguste , puisque Virgile a dit :
Saxa per et scopulos et depressas convallrs.
Georgica, 1. III, v. 270.
Mais les exceptions sont fort peu nombreuses, et se proposaient un but d'harmonie imitative , excepté lorsque le vers Unissait par un uoin propre ; plus tard elles disparurent presque entièrement.
(-) 11 y en a aussi uu dans Lucrèce :
An codum nobis natura ullro corruptum.
et trois dans Ennius , p. 197, 346 et 347, éd. de Merula. Les Homérides Semblent s'ètre permis bien d'autres licences ; ils mettaient au premier pied un iambe [JliadU 1. XI, v. 484, et I.
XXTÎI , v. 2 ) et dans l’intérieur du vers des palrmhacchius (Odysseae I. I, v. 2), des crétiques ( lliadit 1. II, v. 2; L 111 9 v. 164; cette licence avait lieu aussi dans les vers dactyliques; Sophocle®, Philoctelet , v. 826; Trachxniae , t. 504), on même des trochées; mais, ainsi que nous l’avons déjà dit, on aurait tort dç regarder comme des irrégularités métriques ce qui tenait réellement à Pin— fluence de Parais et des pausés rhythraiques sur la prononeifltiôii , oa à dès dif-
férences de prosodie et de dialecte. Les poëtes latins ne pouvaient jouir de la même liberté ; le Scholiaste d’iléphaistion et Gifanitis ont cru trouver des créti— ques dans Lucrèce , 1. ï, v. 1070; 1. II, v. 191 et 193; 1. V, y. 608; mais les corrections de Lambin et de Lefèvre ont ramené le rhytbme à la forme ordinaire; et les autres s'expliquent, comme dans ce vers de Virgile :
Et Jongum, forraose, valë, vîflë, inauît,
loia.
Bucolica, églog. III, v. 79.
par le changement de quantité d’une longue suivie d’une voyelle, qu’è l’exemple des Grecs, les Romains préféraient quelquefois à IVbsiou.
(5) La langue latine étant moins rapide que la grecque, le dactyle lui convenait plus que le spondée ; il faisait une espèce de contrepoids à la cadence habituelle, et dessinait bien mieux le rhythme. Quand la prosodie grecque devint moins sensible, le dactyle devint aussi plus nécessaire au rhy thine ; Denys d’Halicarnasse disait même en termes positifs qu’il était le plus grand ornement du vers héroïque : Toys ij^txcv /ait/sov d«o rsvroo xoo/xst rxc èir t ro *o)v ; Tltfit ovv- Qtivjit o vo/tMtnuv, ch. xvii , éd. de Heiske.
(4) En latin , où la vcr.'iCcalion s’ôtait long-temps basée sur l'accent, et où la quantité était fort peu sensible, oa chercha à donner plus de solidité au
spondait d’abord à l’hexamètre qui le précédait presque toujours (1); ses trois premiers pieds rappelaient le rhylbme précédent (2), et les deux anapestes de la fin lui faisaient antithèse (3) ; mais cette manière de marquer la mesure cessa bientôt d’étre en usage. En tombant sur une brève, l’arsis des deux derniers pieds en altérait la cadence et empêchait de sentir leur rapport avec l’harmonie du premier vers. D’ailleurs, l’hexamètre était bien plus populaire, et la césure qu’il avait après le second pied devint de plus en pjus habituelle; l’oreille voulut la retrouver dans le pentamètre, et le divisa en hémistiches dont le dernier n’admettait que des dactyles (4). Quant à la poésie lyrique , il serait inutile de chercher ici la raison de ses formes ; elles dépen-
rhythrac en faisant concorder l’arsis des deux derniers pieds arec l'accent des mots. Ainsi , on ne pouvait terminer un hexamètre, excepté pour des effets d'harmonie imitative, ni par un ionique a rninori, précédé d uu polysy.labe, ni par un monosyllabe qui n’elail point élidé , lorsqu’il ne changeait point l’accent do place en devenant un enclitique, et qu’il n 'était point précédé d’un autre monosyllabe sur lequel portait l’arsis. Souvent inème la pause qui précédait les deux derniers pieds était assez marquée pour allonger la deruière syllabe du quatrième ;
Qua rex tempestate, novo auctüs hymenaeo.
Catulle, De coma Bérénices , v. H.
La forme du vers grec était bien plus variée ; une prosodie plus marquée dessinait mieux le rhytbme, et beaucoup de mots y étaient accentues sur la dernière syllabe, ce qui u’arrivail presque jamais en latin. Dans les vers spnndaïqucs latins, la même raison rendait peu sensible 1 harmonie d’un vers terminé par un mol de trois syllabes , à moins qu’il ne fut précédé d un monosyllabe ou d'une éli.'ion, comme :
Regia fulgenti splendent auro atque ar»
gento ,
mais celle règle n’était pas toujours observée; ainsi Catulle a pu dire , Ad Uortalum , y. 25 :
Atque illud prono praéceps àgitur dectirsu.
(1) Son nom de pentamètre nous empêche de croire qu'il ait été toujours scandé connue le veulent les prosodies modernes; il devait se mesurer par cinq temps, et non par six. Ou ne peut le regarder comme hypermètre, puisque la dcrnièresyllabc était nécessaire au rhythiuc, et qu’elle se détachait du pied précèdent , qu'elle en commençait réellement un antre ; voyez le ch. X,où nous proposerons une autre manière de le mesurer.
(2) Nous avons eu déjà l'occasion de remarquer plusieurs fois que les pieds qui marquaient réellement le rhytbme étaient à la fin ; cela avait lieu dans toutes les espèces de vers, mais n’était nulle part aussi sensible que dans les vers scé»
niques.
(5) Cette opposition entre les deux parties du vers rendait plus systématique celle des deux membres du distique, et nous avons montré dans le chapitre in qu’elle marquait le rbylhme presque autant que le parallèlisme. Un Tait ne permet pas d’ailleurs d'en douter : c’est que le vers populaire grec et latin unissait deux systèmes entièrement différents; la première moitié était dans le mètre iambique, et la seconde dans le mètre trochaique.
(4) L’ancienne forme tomba dans une désuétude si complète, que les écrivains ni ont traité de la métrique la regar— aient comme vicieuse ;
— Dictaient beaucoup moins des règles de la métrique que des fantaisies du musicien et des principes de son art. Un fait prouve d’une manière incontestable que ce n’était point la quantité qui en réglait le rhythme : c’est que le nombre des syllabes n’y varie jamais, et qu’on ne peut substituer à d’autres des pieds d’une même valeur prosodique.
La versification métrique avait sans doute un rhythme fort marqué , et l’habitude avait dû rendre encore son harmonie plus frappante ; mais puisque la quantité de toutes les syllabes n’était pas déterminée par le temps réel nécessaire à leur prononciation , lorsque les causes accidentelles qui l’avaient Axée ne furent plus présentes à la pensée , elle n’eut plus aucune autre raison que la tradition , ni aucune autre règle que l’usage. Pendant long-temps les luttes de la tribune firent une nécessité d’articuler nettement tous les mots et de leur conserver la prononciation que la tradition leur avait donnée ; plus long-temps encore la popularité de quelques poèmes dont le rhythme donnait à chaque syllabe une quantité positive la préserva de toute altération. Mais quand la tribune fut devenue muette, quand une nouvelle religion eut renouvelé aussi le goût et les études littéraires, l’habitude de parler et d’entendre des langues différentes fit négliger peu à peu les règles de la prosodie (1); la cor-
Nam vitiosus erit sic pentameter generatus
Inter nostros gentilis oberrat equus.
Terenlianut liaurut, y. 1787.
Le mode d'accentuation des Latins ajouta aussi de nouvelles difficultés k la composition du pentamètre; il empêcha de le terminer, comme on pouvait le faire en grec, par un trisyllabe; k moins d’nne élision toujours dore à la fin d'un vers, la première syllabe dn dernier dactyle n’eiU pas été accentuée, et l'accent, qui aurait porté nécessairement snr la seconde, eût rendu l’arsis presque insensible.
(1) Une raison plna générale et pins grave y concourut : l’accent oratoire des Anciens était plus marqué qu’il ne l’est aujourd’hui; sans une déclama-
tion fortement modulée qui dominait la quantité, il eût été impossible de se faire entendre par des masses réunies en plein sir. Pour un peuple aussi ignorant et aussi positif que l’étaient les Romains, l'accent, qui était usuel, devait donc être bien plus sensible qu’nne prosodie toute littéraire , qui nuisait k la clarté de l’expression. La quantité disparut ainsi nécessairement de la langue vulgaire, et ses dernières traces ne parent même pavser dans les idiomes qui en sont dérivés. D’ailleurs toutes les langues qui vieillissent tendent k adoucir et k affaiblir les sous; ainsi nos imparfaits ont changé de prononciation, et les noms des peuples que nos rapports avec eux ont rendus plus
tuption devint si profonde , que les principes qüi résultaient de la nature des sons n’étaient pas même respectés (1). La versification ne devait plus son harmonie qu’à une prononciation arbitraire, qu’aucune tradition ne pouvait transmettre , parce qu’elle n’avait plus rien de général ; elle fut donc obligée de changer encore Une fois de base (2).
usuels (Anglais, Écossais, Polonais depuis Henri lit) ont pris une terminaison en ait, tandis que les autres ( Suédois , Danois , Hongrois ) ont conservé l’ancienne en oii.
(1) Nous citerons comme preuve deux
vers de Commodianus, un Africain qui vivaitdans le5 e siècle, et dont les œuvres ont été publiées par Davies, & l'appendice de son édition de Minucius Félix :
Tôt rôtira crimïhTbüs pSrrïcïdâm quôquô 10- - turûra ,
Ex auclôntate veslri cÔntüüstTs rn âltüm.
La forme trochaïque de l 'Iliade publiée par Pinelli en 1540, plusieurs siècles après avoir été composée, commence par Ces trois vers :
T i|v bfiftuitt, x«i
cl 8«a , pou KnUiémg
tou rir,Uv?Gu A ‘.y à'uui’
La quantité de toutes les syllabes oû nous l’avons marquée est fautive , sauf la seconde et la troisième d’i/d/!'-,,-, que l’on pouvait écrire AxtLteî- Les fautes n'étaient pas moins nombreuses dans les vers hexamètres; voyez ceux qui se trouvent dans le roman de Nicetas Eu— genianos, et les Antehomerica , Homerfes et Potlhomerica de Tseties , ainsi que Jlttller , De vertibut tpondiacit à l’appendice de sou livre De cycln Graecorum epicn , p. 148 ; et Montfaucon , Palaeograpkia graeca, p. 220.
(2) La corruptiou de la quantité ne fut pas la seule causedu rhjthme des vers grecs pendant le moyen âge, puisque des érudits qui connaissaient fort bien l’ancienne prosodie, comme Cosmas de Jérusalem, surnommé Melodos, Psellos, Photius, Manasses, Tseljes, etc., préféraient la nouvelle mesure, et que l’on refaisait les vieux poèmes , ainsi qu’on I a vu dans la note précédente. On appelait les nouveaux vers colmxci, c’està-dire vulgaires: car Eustathios, p. Il, et Léo Allalius dans son opuscule De
Simeonum icriptii, les nomment dViuertxot. Phrynichos ( dans deux passages de son Àttixwv èuopxrun fxloyij) et Pbo— tius (suivant Du Cange , v° politicus), opposent «oltrtxes à «ontrixof ; Démosthènes ( Contra Ariitogiton , p. 776 ) ainsi que Deuys d’Halicarnasse ( Antiq.
Coin., i. II, p. 125) lui donnent le sens de xoiuoj , et Cicéron ( De finibut, 1. V ) l’explique par quati civilit et popularii; ce qui est encore confirmé par l’ancienne définition de la comédie que nous a conservée Diomedes : tdWtxwv xxi xoXi- Tixu» xpx-/pxruu KxivdVvas «z/nox» ; voyex aussi Planudes, ap. Bachmanu , dn'ecdota graeca, t. Il, p.99, et Fabricius , Bibliolheca graeca , t. XI , p. 521).
Peut-être les vers politiques eurent-ils d’abord un autre sens, puisque le Scboliaste d’Héphaislion dit , p. 179: rioltrtxov cIWvtc, ro aveu xxbout yrpoxou «vouiptuov, olov ilistlbs, t. A,’v, 679 (680) :
lin covç te |xvd«s éxavov xu vivnexovra i mais malgré l’opinion de plusieurs savants critiques (Vossius, De poemalum canfu, p. 144; Forsler, Ettay on accent and quanlity, p. 204, etc.), ils finirent certainement par signifier des vers accentués. Dans leur forme la plus ordinaire (Paula Lecbner en a prétendu compter jusqu’à cent. ap. ^«t paqeofiuopxxtx pt- Txppxeptut «ï p’jtpoctx'nv yhoae xv ùiro Aspifcptov tou Zr,uou tou Zxxuvbou ) , ils avaient quinze syllabes ( Eustathios, p.
11; Lexicon tchedographicum , v. 19 , ap. Boissonade , Anecdota graeca, t. IV, p. 366; Gyrardos, ap. Du Cange, Glottarium meiiae graecitatie, app., p. 156; etc.), divisées en deux hémistiches , par une pause après la huitième, et étaient accentués sur toutes les syllabes paires, excepté au premier pied de chaque hémistiche, où l’accent pouvait porter indifféremment sur la première et sur la seconde; voyez Struve , Ueber den polititchen Vert der Mittelgriechen, et Petersen , Ueber dietogenanlen politise hen Fers.