et ap. Ktymulogicum magnum , p
3i7; voyez aussi Quintilien, I. IX, cb.
iy, par. 98 , et le Scholiaste de Denys de Thrace, ap. Bekkcr, Anecdula graeca, U II, p. 749.
(5) Ils devaient ainsi reposer sur des ..
celte règle (1), que les Latins eux-mêmes n’ont pas constamment observée (2). Horace , il est vrai , met toujours une césure dans les vers alcaïques ; mais aucun témoignage
n’autorise à croire qu’elle grecs (3) j il parait probable,
rincipes communs ; quelquefois cepcnant le pentamètre était seul , comme dans Heliodoros (ÀtSmaoeov fiiilix &xx, p. 129, étl. de Coruraelin), dans une épigramme de Philippos de Thessalonique (ap. Brunei, Analecta , t. 11, p. 212), et dans deux pièces latines d’Ansone et de Marüanus Capella. Quelquefois aussi ils ne se suivaient pas dans le même ordre ; Denys d’Athènes avait commencé le distique par le vers pentamètre; voyez Athénée,!. XIU, p. 602.
(1) Nous serions tenté de voir dans le vers élégiaque la réunion de deux vers daclyliques catalectiques dont les deux derme-re* syllabes auraient été retranchées. Au moins ne trouve-l-on jamais de pied catalectique dans l'intérieur d un vers, et une seule syllabe ne peut avoir de valeur métrique. Nous nous expliquerions alors comment la pause empêchait l’élision dans ce vers de Catulle (d'après la correctiou de Vossius) :
Speret nec linguam esse nec auriculam.
Carmen LXVH, v. 44.
e( une expression d'Horace semble confirmer cette conjecture :
Quis tamen exiguot elegos emjserit auctor Grammatici certant, et adhuc sub judice lis
est.
Art poeliea, v. 77.
Plusieurs autres poètes se sont servis d’épithètes semblables : lecit ( Ovide , Amont, 1. 1, n“ t , v. 19, et Ponlica, I.
IV, n° v, v. 1 ), angutlut (Proporce, 1, II, ii» xxv, v. 43). On sait d’ailleurs , ar le témoignage positif de Pausanias I. X , ch. vu , par. 3 ) , que les élégies dont ce vers formait le trait le plus caractéristique se récitaient an son de la Alite, et de grands vers n 'auraient pas eu un rhylhuie assez musical ni assez mélancolique ;
Hos elegos dixere solet quod clausula talis Tristibus , ut tradunt, aptior esse modis.
Terentfanus , v. 1799.
Uarmann a reconnu lui-mème que ta
se trouvât dans ses modèles au contraire, qu’une quantité
quantité de la syllabe Anale était bien plus
f irononcée dans le pentamètre que dans es autres vers , puisqu'il dit, Etemmla doctrinal metricaa, p. 359 : Si in vocali qnae hrevis est, vocabulum (quo desinit versus) terminalur, insoleus et dura est prouuiiciatio ; et il est fort remarquable que, malgré l’inAuence qu’une pause aussi marquée devait exercer sur la quantité réelle , la première césure' porte presque toujours sur une syllabe prosodiquement longue Nous ne connaissons eu latin que cinq exemples (ap. Catulle, u* XCIX , v. G; ap. Properce, I. Il, él. vin, v. 8; ap. Ovide, ffrroid. VIH, v. 22; XIII, v. 74, et ap.Tereuliauus, v. 1 “KO) où elle, allonge une brève qui n’est point suivie d’une consonne; les autres sont corrigés par des leçons qui nous semblent préférables. La division eu deux parties égales est d’ailleurs bien contraire aux habitudes rhythmiques des Anciens, quoiqu’il s’en trouve quelques exemples dans les télramétres anapestiques acalalectiques des comédies grecques.
(2) ’Azvxou orovoïvr' ip/er/sv eij ffxvarov.
Simonides, ép. 99 (90, éd. de Jacobs), ap.
Anthologia graeca , t. I , p. 76.
SI vera est Persarum impia relligio.
Catulle, n° JLXXXIX , v. 4. Voyez aussi n" LXVI1I , v. 82 et 90 ; ri" XCVIII, v. 8; n" C, v. 4; Callimaque, ép.
XXXI, v. 6; XXXVII, v. 2 ; XXXXIII , v. 6; Erinne, l. v. 4; II, v. 4; Asclépiade , XXXI, v. 2; Anacréon, LXXItl (V, éd. de Jacobs ), ». 2 ; LXX VII (IX , éd.
de Jacobs), v. 2 ; Ion , I, v. 4 ; II , v. 2 ; Eveuos, III , v. 4; Properce ,1.1, n' », v. 32 , etc.
(3) Hermann est allé jusqu’à dire :
Alceum , seu quisquis Graecormn hauc ’ strophain iuvenit , neque ditrochaeum décimasse , neque observasse caesuras istas persuasum habeo ; Etemmla doctrinal melricae, p. 676. Toujours est-il qu'ou ne peut douter qu'Horace n’ait été un novateur, puisque dans ses premières poésies il est rare qu’jl mette.'.
plug naturelle et plus sensible dessinait assez le rhytbme pour qu’on ne fût pas obligé , comme en latin , d’y introduire une donnée antipathique à sa nature. Cette division intellectuelle du vers était si contraire aux habitudes de l’oreille, que le peuple lui-mème , dans un genre de versification qui reposait cependant sur des principes rhytèmiques entièrement différents, ne l’observait pas toujours (1). La nécessité d’éviter un repos qui eût divisé le vers hexamètre en deux parties égales concourut sans doute à la fixation des césures (2). il n’est pas jusqu’aux poèmes dramatiques , où le besoin de clarté devait rendre la déclamation plus expressive, qui n’aient reconnu la même loi ; la césure y coupait si rarement les vers par la moitié , qu’on la regardait comme une preuve de corruption (3). On cherchait à l’associer au mouvement du vers ,
«ne césure entre les deux brèves du vers sapphique : •
Mercuri , facuude j nepos Atlantis.
cl elle sc trouve presque constamment dans les dernières. Ce nouveau système est d’autant plus remarquable , que les Grecs avaient une coupe entièremeul différente, comme nous l’apprend Uéphaistion: d«rrt «vau tx «cxvrx <füOff>pj/*arx «tpt njv Tevac/îrijv k h /uv €px%uxv
ycvouevï jv, m \ dVc pxxpxv* Ootrtpov auv oùv
OXIpOly TC ,
kolxi'Xg9/)Ov' , olOxvxt kfpQiïtrot , xpoxenxt’ Oxrsaov <ffc,
TOiPiïo', ai icoxa xare/jaira.
(1) Dans les vers saturniens eux-mêmes, la césure qui précède ordinairement les trois derniers trochées n’est pas toujours observée; comme dans le quatrième vers de l’inscripliou du tombeau do Naevius:
Obliti sunt Romae loquier latina lingua.
Ap. Aulu-Gelle, 1. 1 , ch. 21.
et dans ce vers du Carmen de Neleus :
Topper fortunae commutantur hominibus.
Ap. Festus, s. v° topper.
(i) Les grammairiens latins appelaient celle espèce do vers priapique ; voyez
Gaisford, ap. Hiphaistion , p. 508:
Kou/C^rss r 'ipxxomo xat I AltwXoc /*«vexotp/xxt.
Aut Ararim Parlhus bibet | aut Germania Tigrim.
Virgile corrigeait presque toujours celte césure par une élision ( Aeneidoe 1. I , v. 664; I. H, v. 866; I. III, v. 62i, 652, 657, etc.) ; plus tard, cette forme disparut entièrement. On donnait à ce vers le même nom qu’à la réunion d’un gly — conien et d’un phérècratique, dont lo changement de rhythme était naturellement marqué par une pause. Celte seule communauté de dénomination prouverait combien l’oreille était frappée de la césure du vers : elle faisait oublier toutes les dissemblances de quantité et de mesure.
(3) A moins cependant qu’elle ne fût
f irécédée d’un monosyllabe, que mulgré e rhythme habituel, l’acteur réunissait sans doute au second hémistiche , ou d’un mot terminé par une voyelle et suivi immédiatement d’une seconde; il est probable alors qu’au lieu d’élider la dernière syllabe de l’hémistiche , la déclamation unissait les deux voyelles par une syualèphe, et faisait ainsi disparaître la pause. Ces formes de vers étaienl même fort rares ; voyez Becker , De co-
à lui donner une véritable valeur rhythmique en rendant le premier hémistiche plus court dans les vers iambiques (J) et plus long dans les autres (2).
Quand , au contraire , le rhythme ne se base point sur la quantité, loin de l'affaiblir, la césure du vers contribue à son harmonie (3). Elle marque l’opposition des idées en les séparant par une pause (4) , et empêche de se prolonger des rapports d’intonation trop peu mathématiques pour que leurs dissemblances réelles ne finissent point par devenir choquantes (8). Celte division n’est cependant pas nécessaire lorsque la prosodie peut concourir au rhythme (6) ou que l’accent conserve assez de force pour empêcher de méconnaître le rapport des différentes syllabes (7). Quelquefois , il est vrai , l’imitation inintelligente
mieig Romanorum fabulit , de caesura senarii apud Plaulum.
(1) Sa place ordinaire était au milieu du troisième pied ; elle ne coupait le quatrième que par exception, et ce déplacement était souvent légitimé par une pause grammaticale.
(2) Voilà sans doute pourquoi le té— tramètre trochaïque grec était toujours calalectique; la césure qui suivait le
ualrièmc pied divisait alors le vers en
eux hémistiches inégaux. Nous ne connaissons dans la position de la césure que deux exceptions chez les Tragiques ; «no dans Eschyle ( Persae , v. 164), et l'autre dans Sophocle ( Fhiloctelet , y.
14'I2). Les Comiques dont la versification avait un rhythme bien moins marqué ne s’assprvissaient point aussi exactement à celte règle.
(3) Aussi la déclamation introduit-elle quelquefois dans le rhythme une césure qui n’a rien de réel. M. Davis nous apprend (p. 405) que les Chinois, qui ne reconnaissent point de pause prosodique, en mettent invariablement une dans le vers de sept syllabes après la quatrième, et après la seconde dans celui qui n'en a que ciuq. Il est assez remarquable que le dernier hémistiche sur lequel porte principalement l’effort du rhythme a constamment le même nombre de syllabes ; mais, pour en tirer des consé-*
quences positives , il faudrait connaître mieux que nous ne le faisons le mode de la déclamation, et pour ainsi dire sa musique.
(4) Les deux hémistiches du verset hénraïque avaient même un nom particulier (le premier s'appelait nbi , et le second *Vi1D),et ils étaient quelquefois subdivisés en deux parties.
(5) Il résulte , par conséquent , de l’essence même de la césuro qu’elle ne devrait jamais couper un vers qu’après un rapport complet , et cette règle n’a pas même été reconnue en théorie:
Whether the pause, then, be best placed afler an accented or an unaccented syllable, must dépend entirely on lhe circumstances of each case ; Guest, 17**ïory of cngltsh rliythms , t. I , p. 235.
C’est qu’oinsi que nous le verrons tout à l’heure, la césuro de presque toutes les langues modernes n’a plus aucuno valeur rhythmique.
(6) Voilà pourquoi la césure a si peu d’importance dans la versification italienne et espagnole.
(7) Une quantité peu sensible n’em-
pêchait même pas la césure; en arabe , par exemplo , les vers de six et de huit pieds sont ordinairement d : visés en deux némistichcs ( cl ). L’an-
cien yers allemand exigeait aussi une
d’une ancienne forme de vers , adoptée dans des circonstances différentes (1), fit refuser à la césure des conditions qui lui étaient indispensables; mais alors même qu’une raison quelconque ne lui a rien laissé de rhythmique, elle garde encore une véritable importance. Elle permet à la voix de se reprendre d’une manière moins irrégulière qu’on ne le ferait si les pauses restaient subordonnées aux nécessités de la respiration ; elle s’éloigne systématiquement de la rime et peut à la fois en assurer l’effet et en prévenir la monotonie (2). Elle doit donc varier la forme du vers sans jamais
césure au milieu, et souvent on la marquait par une rime. Dans le A ibelunge fiol , par exemple , les quatre premiers hémistiches de chaque strophe riment assez souvent pour que l'on y ait vn un.
octave au lieu d’un quatrain , et la rime constante des deux hémistiches de chaquo vers a souvent engagé à les écrire comme s’ils formaient chacun un vers indépendant (dans le Ruolandsliet , le K Ont g Rother, etc). Mais depuis qu’on a reconnu à la quantité une valeur prosodique , et qu’on en a fait un élément de la versification, la césure se trouve îndifféremmeut après la quatrième , la cinquième, la sixième, ou la septième syllabes, c’est à-dire qu’elle n’a plus de valeur rhythmique.
(1) L’ancien vers anglais, qui était la réunion de deux vers anglo-saxons (voyez Guest, UUtory of englith rhylhms , 1 , 1 , 0 . 215), dont la forte accentuation rendait le nombre des syllabes presque indifférent, négligea aussi de les compter soigneusement, et s’inquiéta encore moins de l'égalité des hémistiches , quoique les écrivains théoriques sentissent la nécessité d’une césure régulière : Remember also to make a seclionn in the middes of everie lyne; auhetber the line be long or short ; King James, Reulis and cautelis.
Comme il reconnaît fort bien que everie udde fuie is short , il veut la césure après la sixième syllabe. Gascoyne n’est pas moins positif, seulement il la préfère après la quatrième syllabe et on l’y trouve presque toujours dans les vers de Pope. Il est probable que léchant ecclé- 6iastique eut égalementquelque influence
sur l’irrégularité des hémistiches; on partageait chaque verset eu deux par une pause tout intellectuelle , et l'usago s’introduisit de diviser aussi chaque vers en deux parties à peu près égales.
Une vie de saint Cuthbcrt, dont le manuscrit remonte au 14* siècle, ne permet pas d’en douter. 11 y a un point au milieu du vers pour indiquer l’héuiistiche, et ce fait est d’autant plus remarquable que la ponctuation est entièrement négligée dans les vieux manuscrits :
Seint Cuthberd was y bore, here in Ençcgelonde ,
God dude for him meraede. as ze schollelh underslonde.
Dans le manuscrit de la Bibliothèque royalen°7227 5 il y a aussi un point après le premier hémistiche. Sans doute, le grand développement de la poe&ie dramatique sous le règne d’Elisabeth , avant que le vers épique eût été fixé par le succès et consacré par l’iiabitude, exerça aussi une puissante influence sur la forme de la versification; elle était plus déclamatoire que rhythmique , et le dialogue obligeait souvent de sacrifier à l’expression tous les éléments et toutes les conditions de l’harmonie.
(2) Pour l’éviter , on devrait au moins croiser les rimes lorsque les vers n’ont point d’bémistichcs; les poètes populaires espagnols n’y manqueut jamais, quoique leurs assonances soient loin d’élre aussi uniformes que des rimes complètes. La suite coutinuo des rimes piales est une des raisons qui reudeut nos vieilles poésies si fatigantes.
s’astreindre à un retour uniforme (1) ; la seule condition qu’elle reconnaisse, c’est de ne point désunir des éléments que le rhy thme avait réunis , et de n’y rien introduire qui puisse en altérer le mouvement (2).
Elle est plus importante encore quand la versification ne se mesure que par le nombre des syllabes, et des consonnances trop éloignées pour dominer tout ce qui les sépare ; il faut alors compléter l’harmonie par une césure qui se reproduise régulièrement dans tous les vers. Mais elle ne doit pas être seulement matérielle et créer une pause pour les besoins du rhy thme (3) ; elle doit entrer dans la construction de la phrase et concourir à l’expression de la pensée (4). Sans cette double condition on ne la distinguerait pas de la pause qui suit tous les mots , et le sens nécessiterait quelque autre repos qui dérangerait le mouvement de la versification (5).
(1) Ces vers de VEnay on Man de Po|>o prouvent combien le césure est ▼ariée en anglais :
Ail nature is bat art | unknown to thee :
AU chance, | direction which thou can’st not
Ail discord, | harmony not understood; 866 * Ail partial evil, | universal good.
On la trouve même apres la première «t la septième syllabes :
Sole, | or responsive to each olher’s note... Some place the bliss in action, j some in ease
Elle n’a pas plus de fixité ni en italien ni en allemand.
(2) Les césures qui suivent une syllabe impaire portent ainsi nécessairement le dèsomre dans le rhy thme; non seulement elles séparent des syllabes dont le rapport sert de base à la versification, mais elles modifient leur valeur prosodique : la pause oblige d'jr appuyer davantage et leur donne uue aorte d'accentuation.
(3) Celte règle n’est pas toujours exactement observée dans nos vieilles poésies ; quelquefois il n’y a pas même de césure matérielle ;
8e seront compagnon a Fromendin.
Garin le Lohcrenc , v. 520.
Et dusq’au Mont-Saint-Michcl , ce m’est vis.
Idem , y. 7056.
Voyez aussi VAleæandride de Thomas de Kent (Histoire littéraire de France , t. XIX, p. 676); une chanson insérée dans le Roman s de la Violette , p. 329; et des vers anonymes , ap. Fr. Michel , Rapports au Ministre , p. It3. Il en était de même en provençal :
E juret Damedrieu (sic) o sas vertutz Que jamai no sera ras ni tondulz.
Romans de Guerart de Rossilho , ap. Raynouard , Lexique roman , 1. 1 , p. 207.
Quant aux césures insuffisantes, rien n’était plus commun :
Vignes, bois et 1 terres e praerie.
Eustache Deschamps, OEuvres et ballades ,
(4) Il u’est pas nécessaire que chaque hémistiche forme un sens complet; il suffit que la césure ne sépare point des mots qui se suivent immédiatement et n expriment d’idée que par leur réunion.
Celle règle est strictement observée daus le sloka sanscrit.
(5) Voilà pourquoi la césure, qui est suffisante quand le second hémistiche n’est que le complément grammatical du premier , comme :
As-tu tranché le cours d’une si belle vie ?
devient défectueuse quand un change-
Ce n’est pas d’ailleurs seulement un repos dans la déclamation du vers; elle modifle la prononciation , elle force la voix de s’appesantir sur la dernière syllabe de l’hémistiche , et ne peut, par conséquent, être précédée d’une voyelle dont la nature rendrait cette accentuation impossible (1). Longtemps on crut pouvoir ajouter une syllabe sourde en dehors de la mesure (2); mais une investigation plus attentive des conditions du rhylhme a fait reconnaître que l’accent immédiatement suivi d’une pause ressortait davantage (3) , et l’on évite ces désinences muettes quand leur concours avec une voyelle ne les, neutralise pas entièrement (4). Dans cetto
ment d’idée y exige une panse qnelconqne :
Dans ce nombre effrayant d’auteurs dont les écrits ,
on même t
Et je brûle qu’un nœud d'amitié nous unisse.
(1) Les vieux poètes ne connaissaient pas celle règle :
K’il acquièrent | asses vilainement.
A la terre | conquerre et gaaignier.
Hues de 8t-Quentin , ap. Fr. Michel , «apporta au Mmiitre , p. 19. note.
(S) Mes qui bien set chanter de ( aie) Borgoing Auberi , De Girart de Viane , | de PArdenois Tierry,
De Guillaume auCort-.Nex.de son porc Aimeri ,
Doivent (aie) par tout le monde | bien estre seignori.
Des Taboureun , ap. J uhinal , Jongleurs et Trouvères, p. 169.
Un simple déplacement de mots aurait fait disparaître par nno élision l’irrégularité du quatrième vers, si le poète y avait attaché la moindre importance. Les troubadours ne s’inquiétaient pas davantage de l’accentuation delà dernière syllabe de l’hémistiche :
Non ai que prenga, | ne no posg re donar.
Poème sur Soëce, v. 89.
Encore maintenant on termine l’hémistiche par la troisième personne du pluriel d'un imparfait :
Les prêtres ne pouvaient suffire aui sacrifices, et cette licence n’a rien de rationnel; les trois dernières lettres ne sont pas
entièrement muettes, puisque le T sonne sur la voyelle qui le suit.
(3) Aussi appclie-t-on masculine la rime qui no porte que sur une voyelto sonore, et féminine celle qui se termine par nue voyelle muette ; il faut deux syllabes à la seconde pour produire le même effet que la première , qui n’en a qu’une.
(4) Cette règle ne peut se légitimer par aucune raison ; si la finale du premier hémistiche se fait entendre, il a une syllabe de plus qu’il ne devrait avoir ; et si elle se confond avec la voyelle qui commence le second , il n’y a plus de césure. C’est è la tradition qu'il faut en demander la cause , cl la brièveté habituelle des vers lyriques , le point qu’on trouve après l’hémistiche dans plusieurs manuscrits, l’ancienne versification allemande et espagnole, où les longs vers sont brisés en deux par une consonnance ou écrits en deux lignes séparées , tout semble indiquer que chaque hémistiche avait une existence indépendante, et que l’on se permit naturellement de terminer le premier, comme le second, par une syllabe muette en dehors du rhylhme. Lorsque l’on se préoccupa davantage de la forme, on voulut que les voyelles muettes qui ne comptaient pas dans la mesure, celles qui terminaient l’hémistiche comme les autres , fussent suivies d’une autre voyelle , et l'on crut les faire disparaître également Dar une élision.
Dans un hymne latin du 9* siècle :
forme de versification , l’harmonie exige que les deux hémistiches soient égaux (1) , ou , si la mesure ne permet pas une similitude complète (2) , que , tout en 6e ressemblant le
Ave maris Stella, | Del mater aima.
Atque semper virgo, | felix eoeli porta.
on voit déjà la rime cherchant à s'introduire dans tontes les panses; elle n’est pas encore régulière , mois sa tendance à le devenir n’en est pas moins évidente. Dans les poésies de Philippe do Thaiin, on de nos plus vieux trouvères, celte tendance s’est complètement réalisée (voyez De la Rue, Etiait historiques sur les bardes, 1. 111, p. Al, et Fr. Michel, Rapports, p. 2*5) ; ce ne sont pas les vers qui riment ensemble, mais les hémistiches. Dans le Dix de la voie de Tunes, la césure est encore plus marquée; au lieu de terminer le vers, la rime se trouve à la fin du premier hémistiche :
Et messires Phelipes et li boens cuens d'Artois,
ni sont preu et corfot» et li cuens de Revers
efont en lor venue a Dieu biau serventois.
Chevaliers qui ne suit ne pris pas . 1 . Nantais. Si le copiste ou l’éditeur n’a pas déplacé les deux hémistiches du second vers, ce qui nous semble fort probable, ce serait nue imitation du cyrch gallique, dont nous parlerons dans le chapitre suivant.
(1) C’est une nécessité d'harmonie encore plus que de rhythme : le second hémistiche doit être au moins aussi long que le premier, psrcc que la voix y appuie davantage, et qne la pause qui le suit se prolonge plus long-temps. Voltaire ne violait pas seulement les principes de la versification en coupant les vers de dix syllabes après la sixième:
Il est si sérieux ! | si plein d’aigreur.
Vous en êtes la preuve... | Ah ! çà , Naninc.
il manquait aux premières lois de l’harmonie; la pause grammaticale ne peut pasêtre une excuse suffisante.Lcsvers russes et serbes de dix syllabes ont ordinairement , comme en français, une césure après la quatrième. La poésie gallique s écarté cependant de cette règle; quoique les anciens vers eussent ordinairement quatorze on seize syllabes, lesecond hémistiche n’en avait que six ou sept, et celte exception s’est conservée dans quelques unes des formes de la poésie moderne ; dans le Gseaurdodyn b y rr ,par exemple,
le premier hémistiche a dix syllabes, et le second n’en a qne neuf. Au reste , celte règle des hémistiches fut long- temps à s’établir d’une manière complète ; le* vers de la Chronique de Guiihem de Tudcla sont divisés en deux parties ; mais ehacnne peut avoir nne ou même deux syllabes de plus, et Berceo, qui vivait dans le 13 e siècle , fut le premier h mettre une césure dans les vers espagnols, qui n’en variaient pas moins encore de treize à seize syllabes.
(2i Lorsque la pause ferait appuyer la voix sur une syllabe impaire dont la prononciation doit être rapide; ainsi, liegnier Dcsmarets méconnaissaitla théorie du rhythme on voulant mettre la césure du vers de dix syllabes après la cinquième :
Que l'homme est, Timandre, | une faible chose!
H s'aime pourtant, | s'applaudit , s'impose.
Dans une chanson dn 12 e siècle, on trouve déjà le même défaut d’harmonie :
Par un seul baisier, | de cuer a loisir
Poroit looghement | mes maus adoucir ;
Mais de destrier | me fera mourir.
Romans de la yioletle, p. 118.
Noos ne connaissons d’exception que pour les vers de neuf syllabes qui doivent avoir une ccsuro après la troisième :
Je te perds, | fugitive espérance,
L’infidèle | a rompu tous nos nœuds ;
Pour calmer, | s'il se peut, ma souffrance, Oublions | que je fus trop heureux.
Mais ce sont plutôt des vers de trois syllabes, réunis trois à trois; l’harmonio cesse aussitôt que celte division u’a plus lien , comme le prouve cette stance de Voltaire :
Des destins la chaîne redoutable Nous entraîne à d'éternels | malheurs; Mais l'espoir, è jamais secourable.
De ses mains viendra sécher | les pleurs.
Quelquefois , dans les vers anglais , même dans ceux de Pope, la pause à lieu après la cinquième et la septième syllabes :
plus possible, il règne entre eux le même rapport qu’entre les éléments des pieds ; c’est alors seulement qu’ils entrent dans le mouvement du vers et fortifient le rhythme au lieu de l’affaiblir.