RENE N CRUEL PES MONET RES
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[On dit qu'il ne lisait pas de journaux, s'irritait si l’on parlait politique, surtout à la mode terroriste. Se promenant un jour dans son jardin, avec un voisin Doulet, (qui plus tard racontera l’anecdote) il vit arriver un autre ami, un journal à la main : Bonnes nouvelles, criait-il — Quelles nouvelles ? — Tiens, lis ! Les Girondins sont condamnés et exécutés ! — Le tribun blémit, ses yeux se remplirent de larmes — Une bonne nouvelle ! Tu appelles çà une bonne nouvelle. Misérable ! — N'étaient-ce pas des factieux ? — Des factieux ! riposta lle tribun avec amertume. Ne sommes-nous pas tous des factieux ? Nous méritons tous la mort autant que ceux-là. Nous subirons leur sort les uns après les autres » ]. ” À Paris les calomnies circulent et s’enflent. Les ee amis démentent, mais cela ne suffit plus. Il faut revenir. :
Le Comité gouverne en dictateur, la Terreur règne, les têtes tombent, Robespierre règne.
Le 18, Danton est signalé à Troyes — il rentre à Paris.
P. — [Il apprit bientôt que dans les révolutions, le précepte de Richelieu s'applique aux tribuns, comme il s'applique aux rois. « Qui quitte la partie, la perd »]: ,
Or dans d'aussi graves circonstances, quelle est sa principale préoccupation à la rentrée ? — L’abolition de la Terreur, la clémence et l’union ! |
« Le peuple ne veut pas que l'individu qui n’est pas né avec la vigueur révolutionnaire soit, pour cela seul, traité comme un coupable.
Maintenant que le fédéralisme est brisé tout homme qui se fait ultra-révolutionnaire donnera des résultats aussi dangereux que pourrait le faire le contre-révolutionnaire décidé.
Après avoir donné tout à la vigueur, donnons beaucoup à la sagesse ». |
Mais Robespierre ne va pas l’attaquer encore, il se rapproche de lui, car il a besoin de son aide pour abattre d’abord Hébert, et ses gens.
Danton est applaudi à la Convention, il reparaît aux Jacobins, pousse Desmoulins à fonder le Vieux Cordelier qui continuera sa campagne pour la clémence. « Ouvrez les prisons à ces 200.000 citoyens que vous appelez suspects, car dans la Déclaration des droits, il n’y a point de maisons de suspicion, il n’y a que des maisons d’arrêt ».
Le 22 brumaire, il se fait acclamer dans un discours sur l'instruction commune :
«« L'enfant est à la Sue avant d'être Ne son père, son intérêt seul veut qu’il soit élevé en commun. Il ne suffit pas qu’ un enfant soit bien élevé, il doit l'être
bien pour tous. 5 Nous ne vous les arracherons pas, vos ; enfants Le
Mais vous ne pourrez les soustraire à l'influenc na
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Robespierre neuléte no d'un r mau- > Pe.
vais œil, les nouveaux succès de Danton, tant à ‘ja Convention qu'aux Jacobins, son influence qui renaissait, et le succès du Vieux Cordelier auprès der parisiens.
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Q. = Cetle ardeur n'aura été qu'un feu de paille, et mafñntenant la roue du destin va tourner vite.
Le 2 nivôse, aux Jacobins, les Hébertistes se vengent des attaques de Desmoulins, et à leur tour s’en prennent violemment aux Dantonistes.
Danton, présent, refuse le combat et sort avec
Ses amis. Le lendemain, s’il parle, ce n’est pas pour
contre-attaquer, mais à peine pour les défendre, et pourtant... Il fait surtout appel à l'union. « L’enne-
Mi est à nos portes et nous nous déchirons. Toutes
nos altercations tuent-elles un Prussien ? ».
Le 16, on attaque toujours Philippeaux, un des siens, et s’il intervient c’est très prudemment. Il termine encore par : « Sacrifions nos débats particuliers, et ne voyons que la chose publique » — et le 18, à la Convention, il n'intervient pas.
Aussi, Robespierre, pour ruîner Danton, va miner sa situation en abattant successivement ses principaux appuis : Philippeaux, Fabre, Desmoulins, Hérault. — Les motifs, hélas, ne vont pas manquer à l’Incorruptible !
Lcile Desmoulins écrivant à Fréron le 24
Ventôse signale : « Marius n’est plus écouté, il
perd courage et devient faible ». Marius, c’est Danton. Amis etennemis Île montrent « fatigué » et pris
‘de « torpeur ».
Lui-rnême déclare le 5 Ventôse en sortant de la
Convention : « Cette salle est une véritable sourdine.
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Il faudrait des poumons de Stentor pour s’y faire entendre ». Que les temps sont changés !.….
Pendant ce temps ses ennemis redoublent d’efforts. Danton répond seulement par quelques paroles violentes, et aussitôt retombe dans sa torpeur.
Or, dans la nuit du 24 Ventôse, Hébert est arrêté avec sa bande.
Danton semble donc triompher — et le 29 il va prononcer à la Convention son dernier discours. « Le temps est venu où on ne jugera plus que les actions. Les masques tombent, les masques ne séduiront plus. ;
Je prévois le moment désirable, où tous les masques vont tomber, où il ne restera plus que des hommes dignes des vertus dont le règne s'établit dans notre République.
Le temps du règne de la vérité et de la justice est enfin arrivé !»
Ces paroles devaient déchaîner l'enthousiasme, et entraîner l'impression du discours.
Une semaine après Hébert était guillotiné. Cependant, le 1* Germinal, le Dantoniste Tallien montait au fauteuil de [la Convention, et l’autre Dantoniste le boucher Legendre, au fauteuil des Jacobins. Maintenant, pour Robespierre, le temps presse.
Au Comité, c’est Billaud qui réclame la tête de Danton et l’obtient.
Pendant ce temps, ses amis lui conseillent de passer à l'offensive. Depuis le 30 ventôse, il n’est retourné ni à la Convention, ni au Club : il est à Sèvres, et jouit du printemps commençant !
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Thibaudeau qui va le voir le trouve « semblable
à un malade qui abjurerait le monde parce qu’il lle
va quitter ».
On vient le prévenir du danger qui le menace, on lui conseille de fuir — il ne bouge pas.
Le 9 Germinal au soir, les deux Comités sont réunis, ils délibèrent sur l'arrestation, qui, à la fin de la séance est décidée — et l’ordre d’arrestation est signé.
Rühl fait prévenir Danton. Panis, le messager, trouva [le tribun assis au coin de son feu. L'homme parut indifférent d’abord, tisonnant sans mot dire. Et il resta là, dans ce fauteuil, le reste de la nuit, ne
voulant pas être arrêté dans son lit. Le pas des gen-
darmes s’entendant dans la cour du Commerce il prévint sa femme. « On vient m'arrêter » et comme, éperdue, elle pleurait, « N’aie pas peur, dit-il machinalement, ils n’oseront pas ». Il se laissa emmener sans aucune résistance à la prison toute proche du Luxembourg.
Le 10, la Convention se réunit à 11 Eu et décrète la mise en jugement.
Le 13, le procès commençait — il devait durer quatre jours pendant lesquels Danton se défendit, et attaqua. ;
Dans une telle circonstance la vie, pour lutter encore, fait appel aux suprêmes réserves d'énergie, aux meilleurs moyens pour les utiliser, et se fait obéir.
Le jugement était rendu d'avance, et le 16 Germinal de l'an I] de la République, Danton allaït sui-
an
vie Vergniaud, et précéder Robespierre.
Il avait dit un jour : « Hâtons-nous mes amis, hâtons-nous de terminer la Révolution. Ceux qui font les révolutions trop longues, ne sont pas ceux qui en jouissent ». |
Et, ainsi que le craignait le plus grand des Girondins, la Révolution, comme Saturne, dévorait successivement tous ses enfants.
N,B. — Pour notre étude nous n'avons pas jugé utile de suivre Danton pendant les 4 derniers jours. Car dans ces circonstances extraordinaires, ne pouvait apparaître qu'un individu extraordinaire, sans rapport obligé avec le passé, et qui ne l’éclairerait pas forcément. Un tel personnage ne rentre d’ailleurs pas dans le cadre de notre sujet. Circonstances qui sont pour nous peu compréhensibles, où l’on-est réduit à des comparaisons qui n’expliquent rien, et que par conséquent, nous risquons de mal utiliser.
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R. — Nous aurions voulu ajouter à ce résumé de la vie de Danton une étude de ses portraits, de ses bustes, de son écriture, et peut-être des variations qu'on aurait pu observer. Ju
Il existe de nombreux portraits, dessins, gravures ou croquis. Citons le portrait légué par le Docteur Robinet, peut-être le plus connu.
Un dessin de Bonneville.
Les dessins de David, et parmi ceux-ci, un à la plume datant de 1794, au musée de Lille — un portrait charge fait à la Convention en 93 ; enfin le dernier fait au vol, alors que la charrette qui conduisait Danton à l’échafaud passait devant le café de l'Ecole.
Ajoutons le croquis exécuté par Vivant-Denon, au fond de son chapeau, pendant une séance du tribunal. Pour les premiers, nous ne connaissons pas les dates exactes d'exécution — et pour l’ensemble nous ne savons rien des qualités de ressemblance.
Il y aurait un buste du temps en terre cuite. On ne peut s’y reporter pour les mêmes raisons, et les enfants et petits-enfants ne l’ont jamais vu.
Quant à l’écriture, on n’en a que peu de spécimens. Danton écrivait très peu. On annonce pourtant la publication prochaine de sa correspondance.
Il reste la signature — mais on sait qu'il ne faut rien conclure d’un mot, sans le rapporter à l'en-
re
“lui. -Ci à été combthé, arrangé, modif n'est plus l’ individu tel qu’i i qu'il voudrait paraître. ee