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aussi grande que la surface des principautés de Monaco et de Liechtenstein; qu'elle dépasse de beaucoup les territoires de la république de Brème, du canton de Zug , de la république de Francfort 'et du canton de Genève; qu'elle est plus grande de la principauté de Hohenzollem-Hechingen et de la Colombie on du District Fédéral qui renferme la capitale de la Confédération Anglo- Américaine; qu'elle est presque égale au canton de Scka/fhouse , à la republique de Lubeck, tandis qu'elle est de peu inférieure aux principautés de Reuss-Schleiz sans Géra et de Reuss- Oreiz r à la république de Hambourg, au canton tfAppen- %eU et au landgraviat de Hesse-Hombourg. Nous finirons ces comparaisons ou faisant observer que la surface écrite de ces Archives égale plus de lamoité de l'étendue du département de la Seine qui renferme Paris, et plus du tiers de la surface du comté de Middlesex auquel appartiennent les quatre cinquièmes de la ville de Londres , qui aujourd'hui nous parait dépasser en étendue et en population toutes les villes du monde.
Sur l'importance politique
de ta Monarchie Autrichienne , sur V empereur François F. et sur les progrès de la civilisation dans l'Empire .
d'Autriche.
Parmi le grand nombre des passages remarquables que nous pourrions citer, nous nous bornerons aux suivans ; nous empruntons les premiers aux Notices Politiques et Littéraires sur l'Allemagne, qu'un auteur consciencieux, cloquent et spirituel , Mr. Saint - M ire Girardin , vient de publier à Paris; nous puiserons les autres dans la Revuf Britannique , journal justement renomme parmi toutes les notabilités du monde civilisé , dans lequel , depuis 1825 , des plumes françaises exercées et savantes reproduisent , toujours avec un talent remarquable et quelque fois môme en l'améliorant, la substance des articles les plus importans des Hevucs et des Journaux anglais , si riches an faits piquans et en vues neuves et philosophiques. N'étant que simple rapporteur, nous reproduirons fidèlement ces passages tels que nous les trouvons , malgré quelques inexactitudes de détails que nous y avons remarquées , et qui ne sauraient être entièrement évitées par des auteurs écrivant loin des lieux, qui forment le sujet de leurs profondes méditations.
A la page 38 Mr. Saint -Marc Girardin dit tt U n'y a pas de pays qui soit jugé avec plus de défaveur que l'Autriche, et il n'y en a pas non plus qui s'en inquiète aussi peu. L'Autriche porte la répugnance delà publicité jusqu'à ne pas vouloir des éloges. Les éloges l'olfensent autant que le blâme. Car celui qui loue aujourd'hui, demain peut blâmer; se laisser louer, c'est donner prise à la discussion.
Or, l'Autriche ne veut point de discussion; elle a le culte et la religion du silence , et cette religion va presque jusqu'au fanatisme. Ainsi, l'Autriche a des etablissemens d'instruction dignes de servir de modèle ; elle n'en dit mot. Elle est, après l'Angleterre , le premier Etat de l'Europe, qui ait fait des chemins de fer ; personne n'en a entendu parler. Elle a une administration juste , équitable , active qui n'a rien de féodal ni d'aristocratique, une administration libérale, créée par Joseph il. ; elle n'en fait aucun bruit: un code civil excellent; elle ne s'en vante pas. Sa devise est de cacher même le bien; d'écarter, autant que possible , l'esprit d'examen et de discussion.,,
t JYe croyez pas que l'Autriche, héritant de la poil tique de Venise comme elle a hérite de ses états, jette le peuple dans les plaisirs pour le détourner de la politique et qu'elle favorise l'immoralité comme une utile distraction. Non: l'Autriche veille sur les moeurs du peuple et croit qu'en tout état de cause un peuple honnête est plus facile à gouverner qu'un peuple licencieux et corrompu. Pour maintenir les bonnes moeurs du peuple l'Autriche ne s'en rapporte pas seulement aux soins du clergé; elle favorise l'instruction populaire et croit que l'instrucUon est l'aide des bonnes moeurs. En Autriche les enfans du peuple sont tenus tous d'aller à l'école, ctils ne peuvent pas, se marier s'ils ne présentent pas un certificat d'école. L'instruction, qui tend à former de -bons laboureurs et de bons ouvrirers , des commerç/ans et des manufacturiers , des chimistes , des mathématiciens , des ingénieurs, des médecins, l'instruction ,qui a pour but la pratique des arts utiles à la vie, est en Autriche favorisée et propagée de toutes, les manières. L'instruction, quiapourbut de former 4e* hommes de lettres, des avocats, des philosophes, l'instrucUon. qui apprend à raisonner , à critiquer, à discuter, est restreinte et contenue.,, - ,
L'Autriche ne craint pas la vérité ; elle craint le doute et l'examen qui s'appliquent à tout ébranler, le vrai
comme le faux. Voici une anecdote qui peut montrer que l'Autriche ne craint pas la vérité, pourvu que ce soit une vérité hors du cercle des contestations , comme les vérités de l'histoire ou les vérités que la science trouve par l'expérience. Napoléon , pendant son règne, avait ordonné de bâtir , à Milan , un arc de triomphe et il avait commandé les bas -reliefs qui devaient orner les quatre faces de cet arc. Un de ces bas -reliefs représentait l'empereur François, dans une attitude humiliée, recevant le paix de Napoléon. L'arc de triomphe était à peine élevé de terre quand Napoléon succomba. L'empereur François fit continuer les travaux et exécuter les bas-reliefs selon les ordres de Bonaparte. Ces bas - reliefs viennent d'être placés il y a un an, je crois. Seulement, pour que la leçon d'histoire soit complète , d'autres bas-reliefs , placés à côté des premiers , représentent l'empereur François rentrant en triomphe dans sa capitale après la défaite de Napoléon. Je sais que le gouvernement autrichien n'a d'autre mérite en tout ceci que de ne pas vouloir faire mentir l'histoire ; mais tons les gouverne mens n'ont pas ce respect de l'histoire. Pour l'avoir, il faut avoir foi en soi-même, il faut croire à sa force et à sa durée, il faut se sentir audessus des vicissitudes politiques et se fier à son droit, qui ne peut ni passer , ni changer, plutôt qu'à la fortune toujours mobile et vaine.,,
t ;Aucun Etat , aussi bien , n'a plus de raison que l'Autriche s «Ta voir foi en sa force et en sa durée. Deur fois elle a vu sa capitale visitée par les armées ennemies, deux fois sa puissance a été jetée à terre et comme brisée en morceaux, deux' fois l'ennemi (et quel ennemi! la France avec ses idées remuantes et son esprit novateur) s'est] promené librement dans ses villes et dans ses campagnes. Eh bien! après tant de malheurs, l'Autriche s'est relevée, et en se levant s'est retrouvée telle qu'elle était. L'invasion delà France , en 1814 , a fait une révolution : la double invasion de l'Autriche n'a point fait de révolution. Elle a eu les
secousses de la conquête, mais elle ignore les secousses des résolutions. C'est un fait remarquable que cette stabilité de l'empire dans de grandes catastrophes ; c'est un fait remarquable que cette nation qui s'obstine à ne pas changer de lois et de pouvoirs, qui voit passer les innovations sans en admettre aucune, qui s'attache à la fortune de ses princes malheureux, souffre avec eux, et puise, dans cette communion d'infortunes, une plus vive et plus profonde affection.,,
„Lc peuple aime l'empereur comme un fils aime son père, et l'empereur, à son tour, par sa vigilance, par son zèle laborieux et surtout par la douce simplicité de ses manières , prend à tâche de mériter l'amour du peuple. La famille impériale ne connaît point l'étiquette. Souvent l'empereur se promène à pied , suivi d'un aide-de-camp. C'est dans une de ces promenades , à Schonbrunn pendant le choléra, que, rencontrant un cercueil que Ton portait au cimetière, sans que personne marchât derrière, il demanda
pourquoi ce cercueil était ainsi abandonné. C'est sans
doute quelque pauvre , répondit l'aide - de - camp , et qui n'a ni parens ni amis. — Eh bien! si vous voulez, nous le suivrons nous-mêmes, dit l'empereur ; et, mettant chapeau bas, il accompagna le cercueil jusqu'au cimetière, jeta sur la tombe la première pelletée de terre et rentra chez lui. N'est-ce pas là pour un souverain absolu, comprendre d'une manière touchante la véritable égalité humaine?,,
tl Si j'en crois les récits unanimes de Vienne , l'empereur n'a 'pas seulement les vertus qui font aimer les princes, il a le talent qui les fait régner; il est laborieux, actif, vigilant. Ce prince, que nous nous représentons , je ne sais pourquoi, en France, comme une sorte de roi fainéant, travaille douze heures par jour, et sait toutes les langues, tous le patois de son empire. Tous les mercredis il reçoit quiconque veut lui parler. Il vient à ces audiences des paysans de toutes les parties de l'empire , sans billets , sans lettres , avec un simple numéro qui leur assigne leur tour
et qui leur est distribué dans l'antichambre ; Us entrent dans le cabinet de l'empereur, restcut tète à téte avec lui et lui exposent leurs affaires. Il est rare que les paysans des Etats héréditaires engagent un procès sans venir consulter l'empereur. Ajoutes qu'il est dérègle, dit - on, dans l'administration autrichienne , lorsqu'il y a une contestation entre un seigneur et un paysan, qu'il faut [que le seigneur ait trois fois raison pour gagner son procès.,,
A la page 43 M. Saint- Marc Girardin dit: „Par sa discrétion seule le gouvernement autrichien est déjà une sorte de prodige dans notre Europe par tout livrée au bruit et aux caquets. En France en Angleterre le gouvernement est un dialogue perpétuel entre le peuple et le pouvoir. En Autriche ni le pouvoir , ni le peuple ne disent mot Tel est le gouvernement autrichien , aussi grave, aussi silencieux, aussi inébranlable au milieu de l'Europe vacillante que le sphinx égyptien : . < 7 ' »
Parmi ces monts de sables enflammés et mouvant, - : - Que font et défont les caprices de vents!,, 1 )
(i ll y a entre les moeurs de l'Autriche et sa destinée politique un accord singulier. La Prusse aime à multiplier ses voisinages parce qu'elle a sa fortune à faire , et que toucher à tout est un moyen d'empiéter sur tout.. L'Autriche semble n'avoir multiplié ses voisinages; que pour multiplier ses chances de médiation. Placée au milieu de l'Europe, elle touche par la Suisse et le Piémont > à la. France ; par la Bohème à toute l'Allemagne ; par les provinces polonaises, à la Russie; par la Hongrie. enfin ^ à l'Orient. De cette manière , partout où il y a line» secousse et une agitation, partout où il y a lieu de craindre quei'JBu rope ne se remue , l'Autriche se porte de tout son poids, afin de faire équilibre et derétablir l'ordre. A^nnKtat n'a une situation géographique qui réponde mieux à, «a vocation politique.,, , . . )5 ,
») Chapelain, la Pucejle, c|i. I.
„I1 y a des puissances qui ont l'initiative du mouvement. L'Autriche a, en Europe, l'initiative de l'ordre et de raffermissement. D'autres puissances sont le vent qui pousse les navires à travers la mer, l'Autriche en est le lest; elle maintient le vaisseau; elle empêche qu'il n'oscille jamais d'une manière dangereuse. Je ne sais si l'Europe pourrait se passer devantagë delà-France qui donne l'élan au char de la civilisation, que de l'Autriche qui le maintient dans son orbite. Avec la France pour seule conductrice , la civilisation serait bientôt emportée vers l'abime ; avec l'Autriche, elle ne marcherait pas. Il lui faut les deux forces , il faut la force qui pousse et la force qui retient : c'est à ce prix seulement que sa marche est rapide sans cesser d'être sure.,,
„ Voyez l'histoire de l'Autriche, depuis Rodolphe de Habsbourg. Placée à l'arrière - garde de l'Europe, c'est elle qui bride l'essor des esprits ; elle résiste aux innovations ; mais cette résistance est utile aux innovations mêmes. Elle donne le temps de les examiner, de les contrôler, de les corriger. Il faut, pour que les innovations réussissent, qu'elles subissent un long noviciat d'expériences et d'essais. L'Autriche, par sa résistance, aide à ce noviciat nécessaire. Elle a résisté au protestantisme dans la guerre des trente ans , comme à la révolution française, dans les dernières guerres; elle a empêché l'Europe d'adopter de confiance le système protestant el le système français. Ce sont des services qu'elle a rendus à la civilisation. Car le protestantisme en 1648, à la paix de Wcstphalie, valait mieux que dans ces commencemens , et la philosophie politique de 89 vaut certes mieux aujourd'hui qu'en 93. Comment ces deux systèmes se sont -ils améliorés? Parce qu'ils ont été combattus, parce qu'ils ont fait leur noviciat d'expérience, parce qu'ils ont appris dans ce noviciat à tenir compte de la nature de l'homme et de la société ; c'est à ce prix seulement, qu'ils ont été salutaires à la civilisation. Rien ne ressemble moins au travail habile de la civilisation que
l'effort désordonné de l'esprit de système. La civilisation ne rejette pas en bloc toutes les constitutions et tous les sentimens des siècles passés; il y en a qu'elle admet, il y en a qu'elle repousse. La vocation de l'Autriche , chaque fois qu'un système nouveau cherche à s'emparer de l'Europe , est de donner à la civilisation le temps de faire le triage entre le passé et l'avenir; telle est sa destinée, tel est son rôle dans le drame de l'histoire européenne , rôle plus utile que brillant.,,
A la page 313 du Tome Cinquième de la Troisième Série de la Revue Britannique, publié en 1833, nous trouvons le passage suivant, dans un article remarquable sur les progrès de la citilisation dans les possessions Autrichiennes :
tt A l'exception de l'Espagne et 'du Portugal, il n'est aucun des gouvernemens absolus de l'Europe qui , durant ces dernières années, n'ait mis le plus grand soin à accroître le bien-être matériel des classes inférieures. Voyez à cet égard ce que la Porte elle même a tenté. Nous ne sommes pas, bien s'en faut, les partisans du système absolu ; mais nous ne pouvons nous empêcher de reconnaître l'existence d'un fait qui est incontestable. Certes, on ne croira pas que le gouvernement autrichien soit porté d'un bien bon vouloir en faveur de l'Italie et des autres Etats qu'il a réunis aux domaines héréditaires par la force des armes ; cependant il a fait plus pour le bien physique et moral de tous ces peuples , que la plupart des gouvernemens constitutionnels de l'Europe ; mais il a répandu ses bienfaits sans bruit , sans prendre à sa solde les mille trompêtes de la renommée pour prôner son ouvrage; aussi n'en sait-on rien, et peutêtre nous prendrat-on pour des compères , nous qui venons en révéler une partie. Mais qu'importe. Beaucoup de personnes croient aujourd'hui de la meilleure foi du monde que l'amélioration des peuples ne peut s'opérer que par la voie de la presse; il leur faut du retentissement, de l'éclat, fle la
fumée; sans tous ces vains accessoires, pour elles il n'y a pas d'amélioration possible : c'est encore une erreur.,,
4 .Depuis un demi-siècle la situation des peuples qui se trouvent placés sous la domination de la maison d'Autriche a entièrement changé de face ; et c'est avec la plus grande injustice que quelques voyageurs prétendent que ce vaste empire est resté stationnaire. Pour bien se convaincre de l'heureuse révolution qui s'est opérée dans cet Etat, il n'y a qu'à jeter les yeux sur la situation actuelle de l'industrie dans la Haute et Basse-Autriche , dans la Bohème, dans la Moravie , et dans divers cantons du Tyrol et de la Styrie. Là, où vous ne voyiez, il y a cinquante ans, que des chaumières , que quelques rares troupeaux ou de braconniers, aujourd'hui de nombreuses manufactures s'élèvent, des usines métallurgiques sont en pleine exploitation, et les produits les plus merveilleux de toutes les industries s'y élaborent Si des pays méditerrancs vous passez "sur le littoral: les phares semés avec profusion sur les bords de la Méditerranée et de l'Adriatique, le mouvement des ports de Trieste, de Venise et de Fiume, celui de Raguse, de Spalatro et de Cattaro en Dalmatie, l'activité qui règne dans le port de Rovigno en ÏBtrie , attestent encore cet immense développement. On le conçoit sans peine , le commerce et les manufactures ne peuvent prospérer dans un Etat sans que l'agriculture ne se ressente de leurs progrès. C'est ce qui est aussi arrivé pour cette-branche importante de l'industrie , en Autriche ; mais , il faut le dire , rien de la part du gouvernement n'a été négligé durant ces dernières années pour en hâter le développement. Harrach a vu s'élever un magnifique établissement pomologiquej des écoles de perfectionnement pour l'agriculture et l'art vétérinaire , sous le titre de Georgicon , se sont formées à Altenburg, à Kessthely, à Etska; pour favoriser l'étude des plantes exotiques et leur acclimatement, l'archiduc Rainier a créé et enrichi de ses dons le jardin botanique de Monsa, tandis que , grâce à la munificence dé l'empereur et de ses
augustes frères des fermes modèles et des jardins botaniques se sont élevés en peu d'années , dans les environs de Vienne et dans plusieurs parties de l'Empire. Mais dès qu'un gouvernement s'est avancé dans la voie du progrès, il ne peut plus résister à cette force puissante qui l'entraîne toujours en avant: aussi les sciences et les beaux - arts n'ont pas tarde à recevoir leur part d'implusion.,,
t J)es observatoires et des écoles astronomiques ont été créés "dans les lieux les plus convenables à l'étude des cieux ; Inspruck et Gractz ont vu s'ouvrir deux musées scientifiques très -remarquables; les académies des beauxarts de Vienne, de Milan, de Venise ont été instituées ou réorganisées pour propager la peinture, la sculpture et les arts du dessin; tandis que dans les écoles de la marine de Trieste et de Venise , et dans les collèges militaires de Ncustadt , de Vienne et d'Olmiiti , tous nouvellement fondas , s'élève à des leçons sévères une jeunesse d'élite destinée à porter l'instruction dans les rangs' de l'armée. Des vues d'utilité immédiate , d'avenir et de prospérité ont en outre porté le gouvernement autrichien à créer deux écoles polytechniques à Vienne et à Prague et une école des mineurs à Schemnitz , qui lui ont fourni ces excellens ingénieurs qui, en quelques années, ont exécuté le cadastre et la triangulation de tout l'empire; opérations immenses si l'on considère que l'Autriche a un périmètre de 4,000 milles géographiques. Mais comment énumerer les nombreux travaux d'utilité publique qui ont été entrepris de toutes parts , comment indiquer cette multitude de ponts jetés sur des fleuves impétueux; comment esquisser et les nombreux rameaux de cette navigation intérieure qui se compose de plus de trois -cents canaux, et cet immense réseau de routes macadamisées jetées sur toute la surface de l'empire , et dont quelques unes rivalisent avec celles que Napoléon fit tracer , .sur le Mont Cenis et le Simplon. Voici le dessèchement des vastes maremmes de Laybach, les magnifiques travaux hydrauliques de YVienerisch-ftcu-
stadt , du Banat et de Pavie ; voici les routes en fer de la Haute - Autriche et de la Bohème; voici des voitures et des bateaux à vapeur, des ponts suspendus en fer ou en acier jetés sur le Danube et Dniester , qui vous disent assez que le gouvernement autrichien , n'est en arrière d'aucune découverte , d'aucun perfectionnement.,,
, t Nous le répétons , ce n'est pas l'apologie du gouvernement autrichien que nous avons voulu présenter ici ; nous ne sommes ni les partisans de sa police méticuleuse et préventive , ni des prétensions ambitieuses de la maison Lorraine «-Autriche; seulement nous nous faisons un devoir de signaler le progrès là où il existe , parce que cette équitable appréciation nous permet d'être sévères tontes les fois que nous trouvons à récriminer. Mais lorsque, outre les grandes entreprises d'utilité publique, dont nous venons dé faire rémunération, nous voyons que le gouvernement autrichien, durant ces quinze dernières années, a étendu à toutes les communes de son vaste empire les bienfaits de l'instruction élémentaire; lors que j*oh$ voyons que dans ce court espace il a fondé ou réorganisé un grand nombre d'universités, qu'il a créé deux cents gymnases, cent trente collèges, quatre -vingt séminaires y vingt- cinq lycées, douze cours de philosophie, cinq chaires de statistique, etc. nous ne pouvons nous empêcher de dire qu'un tel gouvernement travaille réellement au Wen-r&rfede.ses sujets, et qu'il est injuste, malgré le pouvoir sans > contrôle qu'il s'es* arrogé , de l'accuser d'être l'ennemi des «lumières.,,
A la page 323 l'auteur anonyme finit son article par ce passage remarquable: . •> . f»
tk Ainsi, sur tous les points de l'Europe, et quelle que
soit , la forme des gouvernemens , le genre humain est en marche : à St. Petersbourg , à Constantinopie , comme à Londres, comme à Paris; et n'en déplaise à nos préjugés, dans cette grande lice de la civilisation, ce n'est pas l'An* triche qui est en arrière.,,
♦ «..»«. ji j * •
lit
Anecdotes sur l'empereur François!.
.Nous empruntons au Nr. 1986 du Temps, un des principaux organes de la presse périodique française, les anecdotes suivantes sur l'empereur François I. C'est un éclatant .hommage qu'on y rend à sa mémoire et une nouvelle preuve de l'impartialité* qui distingue avantageusement ce journal politique et littéraire, où l'on trouve si souvent des articles sur toutes les branches des connaissances, rédigés avec un talent remarquable.
4 JBn 1833 , François I. était à Prague. Ses audiences populaires avaient leur cours , là , comme à Vienne. Un jour, une vieille et pauvre femme se présente tout en larmes. A peine si elle pouvait s'expliquer; les sanglots la suffoquaient. L'empereur l'encourage par de bonnes paroles et en obtient Le récit des chagrins qui la tourmentent. C'était une musicienne ambulante : sa vielle faisait toute «a fortune. Mais qu'allait -elle donc devenir maintenant que sa vielle était brisée? Il fallait cinq florins pour la
remettre en état. Cinq florins, soupirait-elle! La somme
est bien forte, et, faute des réparations nécessaires, ma
vielle reste inutile. Je ne gagne plus mon pain. Qu'à
cela ne tienne,, dit l'emperenr, et il déposa une somme d'argent dans la main de la musicienne. Celle - ci se retire en remerciant son auguste bienfaiteur; mais, avant de parvenir à la porte, elle a eu le temps de compter l'argent. . Sire , dit-elle en se retournant, il y a dix florins et il m'en faut cinq seulement. Reprcnes donc le reste. Gardei-lc
tout, ma bonne; car votre vielle peut encore se déranger, et je ne serai pas toujours là pour réparer le mal.,,
^Quelques jours après, ce fut le tour d'un vieux soldat. 11 voulait seulement dire à l'empereur que sa pension de 4 creutzers par jour suffisait tout au plus à le garantir des atteintes de la faim , et que , si cela ne déplaisait point à Sa Majesté, il serait bien aise de se régaler solidement une bonne fois. La requête était trop modeste pour être rejetée. François I. tira de sa bourse une pièce de 20 creutzers et la remit au vétéran. Surpris , mais non mécontent , notre homme battit en retraite. Cependant, sur la seuil de la
porte, il est arrêté par la voix du prince. Eh bien ! mon
vieux, est-ce assez? Un pauvre diable comme moi se
contente de tout. Dans ce cas , et puisque cela te fait
plaisir, je te préviens qu'à dater de ce moment, chaque jour tu recevras une pareille pièce de 20 creutzers. — Qu'on juge de la joie du soldat !„
„En 1815, lorsque François I. visita pour la première fois le Tyrol , ses manières affables lui gagnèrent tous les coeurs. Le lendemain de son arrivée à Inspruck , il passa la journée entière à recevoir tous ceux qui se présentaient. Enfin , vers les dix heures, épuisé de fatigue et de paroles, il quitta la chambre d'audience pour chercher dans les appartemens intérieurs du repos et un souper. Mais il n'était point au bout bout de ses peines. On le prévint en effet que trois montagnards restaient encore dans l'antichambre, et demandaient à être introduits. Alors , oubliant le repas qui attendait, il se dirigea vers eux, disant: Vraiement, s'ils sont assis là-bas à m'attendre, il faut bien que je me lève
pour aller les chercher. Les témoignages d'amour qui
l'entourèrent partout, dans ce pays si célèbre par sa chevaleresque fidélité, le touchèrent profondément. Il est bien que je ne sois pas venu plus tôt dans le Tyrol. Oh! si j'avais su combien on m'aimait ici , la perte de cette province aurait été un chagrin trop au-dessus de mes forces.,,
, t 0n introduisit une fois auprès de lui un calligraphc qui avait représenté, au moyen de traits artistement enlaces , l'aigle double d'Autriche. Chaque plume dont se composaient les ailes contenait une sentence, écrite d'un caractère si délicat, qu'à l'oeil nu il était impossible de les déchiffrer. Le bon empereur admirait cordialement le chefd'oeuvre de patience ; mais il voulut connaître le sens de tous les monts que recélaicnt les replis compliqués du dessin. C'étaient d'emphatiques complimens, où les vertus gouvernementales du prince se trouvaient propeusement exaltées. A mesure que l'écrivain avançait dans sa lecture, François manifestait une impatience de plus en plus prononcée, car il reconnaissait, dans ce style' exagéré , le langage de la flatterie et non celui de l'amour. Enfin, poussé à bout, il tendit son cadeau au lecteur et le congédia avec ce peu de mots : tt Prenez , car vous êtes un artiste habile; mais je vous aurais recompensé plus amplement et de meilleur coeur si vous n'aviez point fait lecour- „tisan.,,
( JUne jeune homme de bonne famille sollicitait auprès de l'empereur une place qu'on , lui avait ailleurs refusée. Alléguant de longues études et des connaissances acquises, il se prétendait d'autant plus apte à la carrière diplomatique , qu'il comprenait et parlait la plupart des langues mortes ou vivantes. Selon lui , la haine et la partialité de ses ennemis avaient été les seuls obstacles à son avancement. Aussitôt François I. l'interroge en latin , puis en italien et finalement en français. Le jeune homme restait muet Il est possible, dit l'empereur après quelques minutes d'attente , que dans ce moment vous n'ayez pas toute l'assurance nécessaire pour déployer vos moyens. Voyons , ajouta-t-il avec bonté, recueillez votre esprit et formulez -moi votre requête dans une des trois langues, à
votre choix, que je viens d'employer. Puis il se tourna
vers d'autres personnes présentes, et ne revint vers le jeune solliciteur qu'après une tournée assez longue tout
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autour de l'appartement. Mais alors encore même silence. — C'en est trop, prononça sévèrement l'empereur. Non seulement vous vous êtes vanté de talents que vous ne possédez point, mais vous avez calomnié des gens dont le seul tort était de vous avoir bien jugé. Allez et faites en sorte que je vous recontre plus.,,