‹ Essai statistique sur les bibliothèques de Vienne précédé de la statistique de la Bibliothèque impériale comparée aux plus grands établissements de ce genre anciens et modernes et suivi d'un appendiceChapitre 41 sur 61 · IV. , . » \ Comparaison · texte numérisé non relu

IV. , . » \ Comparaison

de la population de Paris avec celle de Vienne d'après les recensement de 1832.

Voici les élcmcns, dont se composait la population de ces deux grandes capitales au commencement de Tannée 1832. Nous empruntons ceux de Vienne à la Statistique officielle, qui depuis 1829 est présentée tous les ans à Sa Majesté l'Empereur; nous avons puisé ceux de Paris dans l'ouvrage remarquable, que F élite des statisticiens français vient , de publier sous le titre de Rapport eur la marche et les effets du choléra morbus dans Paris et le département de la Seine. Des chiffres , adoptés par MM. Vfllermé , Bcnoiston de Chatcauneuf et Villot pour base de leur beau travail, méritent la plus grande confiance et doivent être préférés à toute autre évaluation, qui on pourrait leur opposer. Les recherches consciencieuses, faites par ces statisticiens célèbres pour connaître aussi exactement que possible la population qu'avait cette métropole à l'époque de l'invasion de ce terrible fléau , nous ont engagé à adopter définitivement leur évaluation , quelque , différente qu'elle fut de celle que nous avions adoptée dans nos précédens travaux. Nous expliquerons dans un autre ouvrage comment la population de Paris , qu'un document officiel portait à 890,304 en 1826 , se trouvait réduite à 785,862 à la fin de 1831.

La population de Vienne au commencement de 1832 s'élevait à 839,787 âmes.

Dans ce nombre 816,417 appartenaient à l'état civil .

23,370 appartenaient à l'état militaire.

Parmi les 316,417 habitans civils, 150,672 appartenaient au sexe masculin et 165,745 au sexe femminin. Dans ce même nombre on comptait 13,977 étrangers.

La population de Paris, au commencement de 1882, s'élevait à 785,862 âmes. Dans ce nombre 758,987 personnes ont été recensées dans leur domicile; 866,411 appartenaient au sexe masculin et 887,576 au sexe femminin.

81,875 personnes ont été recensées hors de leur domicile, savoir : 15,576 militaires ; 2,665 dans les prisons civiles ; 8,272 dans les hospices civils et 5,862 dans les hôpitaux civils.

Pour avoir des élcmens vraicraent comparables entre ces deux capitales , il faut soustraire de leur population respective les étrangers et les militaires. Nous trouvons que dans le rapport sur le choléra on évalue la population moyenne des hôtels garnis , qu'on peut regarder comme équivalente au nombre des étrangers, de 35 et 40,000, et celle des militaires à 15,576. Ces deux sommes font en nombres ronds'53,000. En défalquant ce nombre des 785,862, on trouve 733,000, qui séra la population civile et permanente de Paris à l'époque indiquée. Les mêmes soustractions nous donneront pour Vienne , à la même époque , 302,000 habitans. Les populations de ces deux capitales seront donc comme 733,000 à 302,000, ou comme 246 à 100, ou à peu près comme cinq à deuv.

Aperçu Statistique

sur la Collection Technologique de Sa Majesté r empereur ,

Ferdinand /.

t J/industrie manufacturière , dit Mr. Adolphe Blanqui 1 ), consiste à donner à des matières brutes ou déjà façonnées, une valeur qu'elles n'avaient point en les modifiant d'une manière qui les rende utiles. Cette industrie embrasse tout le monde physique ; elle commence par la plus simple des opérations , et se termine par la plus compliquée : sa puissance apparaît quelquefois avec autant de grandeur dans les moindres détails, que dans les entreprises les plus gigantesques. J'admire également ses procédés lorsqu'elle transforme en épingles une barre de cuivre , et lorsqu'elle change en glaces ou en cristaux , le . sable de nos landes et la soude tirée des plantes marines perdues sur les rivages. L'industrie agricole est bornée par l'étendue du territoire: l'industrie manufacturière ne connaît de limites que celles du génie de l'homme. Par elle, on a vu des populations presque sans terres labourables, se procurer tout, ce qui peut satisfaire aux besoins et môme aux jouissances de la vie: Genève a long-temps échangé contre les productions de l'Europe , les seuls produits de son horlogerie. Avec de l'économie et de l'ordre , ime na-

*) Da*ns son excellent Précis élémentaire d'économie politique, dans lequel ce jeune professeur a résumé, avec un talent remarquable et toujours avec éloquence , les principes de cette science, établis par les célèbres économistes A. Smith , Say et Ricardo.

tion industrieuse accroît indéfiniment ses capitaux , et par conséquent le champ de ses opérations manufacturières.,,

t ,Par le moyen de l'industrie manufacturière les plus viles matières ont été pourvues d'une immense utilité. Les chiffons, rebut de nos ménages, ont été transformés en feuilles blanches et légères, qui portent au bout du monde les ordres du commerce et les procédés des arts. Dépositaires des conceptions du génie , elles nous transmettent l'expérience des siècles. Elles conservent les titres de nos propriétés ; nous leur confions les plus nobles comme les plus doux sentimens du coeur, et nous réveillons par elles, dans l'âme de nos semblables, des sentimens pareils. En facilitant à un point inconcevable toutes les communications des hommes entr'eux, le papier doit être considéré, comme un des produits qui ont le plus amélioré le sort de l'espèce.,,

it On sait les prodiges opérés par l'industrie manufacturière , depuis que la paix a permis aux nations éclairées des Deux Mondes de s'y livrer avec persévérance et sécurité. Des produits nouveaux, de toute espèce, ont été apportés sur les marchés à des prix inconnus jusqu'alors ; le pauvre a pu trouver dans son travail , des ressources suffisantes, non seulement pour exister,* mais pour se procurer quelques plaisirs; et l'inventaire des richesses du genre humain surpasse aujourd'hui tout ce que la statistique a jamais offert de plus brillant et de plus admirable. Ces résultats consolans sont dûs aux progrès des lumières et de l'industrie; en effet, les travaux de l'industrie manufacturière n'étant pas limités, comme je l'ai exposé plus haut, par l'étendue du territoire, il dépend de l'homme d'en multiplier à son grès le*s produits. Les expériences qu'ils nécessitent occupent les capitaux moins long-temps que ne le fait l'agriculture , et les profits en sont à la fois plus rapides et plus considérables. Les débauché» en sont aussi plus faciles et plus nombreux : les blés de Sicile et d'Odcsse , les vins de Portugal et de Bourgogne ne peuvent pas se multiplier indéfiniment, ni se vendre par tout;

tandis que les soieries de Lyon et les coutelleries de Birmingham parcourent les deux Continents et trouvent des acheteurs. L'Angleterre achetait ses quincailleries aux Allemands sous le règne de Charles L, et elle en fournit maintenant à une partie de l'Europe et à toute l'Amérique du Sud Quel encouragement solennel pour les nations laborieuses ! et quel avenir s'ouvrira devant elles, lorsqu'elles seront persuadées qu'on n'achète des produits qu'avec des produits , et que le travail , source première de la richesse , est plus productif mille fois que les mines de Golconde !„

Les deux sciences qui éclairent les principales opérations de l'industrie, la chimie et la mécanique, ont porté leur flambeau dans les ateliers. En très - peu d'années on a vu fabriquer chez les principales nations civilisées de l'Europe tous les genres de quincaillerie ; imiter les nombreux tissus de coton et de laine , qui paraissaient former l'apanage esclusif de l'Inde ou de l'Angleterre ; produire tous les acides ; extraire la soude du sel marin ; blanchir les tissus de lin, de coton et de chanvre par des procédés plus économiques et plus prompts; former l'alun, les couperoses, le sel ammoniac par la combinaison directe de leurs principes constitua™ ; créer de nouveaux appareils pour la distillation des vins ; appliquer le bleu de Prusse sur la soie ; remplacer la cochenille par la garance, l'indigo de l'anil , par celui du pastel , le sucre de canne par celui de betterave et de pomme de terre; retirer le vinaigre du bois , et approprier cet acide à tous ses usages ordinaires.

Dans cette honorable lice d'industrie, qui de nos jours s'est établie entre presque toutes les nations de l'Europe , plusieurs contrées de l'Empire d'Autriche , non seulement ne sont pas restées en arrière des autres Etats, mais on peut dire qu'elles ont marché de pair avec les pays les plus industrieux , si l'on en excepte les seuls cantons les plus manufacturiers de l'Angleterre, de la

France et de la Belgique. Ce sont surtout la Bohême , la Moravie , la Basse et Haute Autriche , la Styrie et le royaume Lombard - Vénitien , qui se distinguent par leurs progrès dans plusieurs branches d'industrie. Les draps , les étoffes de coton, les ouvrages en fer, en acier, en bronze et en ébénisterie , la verrerie , la porcelaine , l'orfèvrerie , les instrumens de musique et d'optique , la quincaillerie et la coutellerie sont les articles qui offrent les plus grands perfectionnemens. Puissance à la fois agricole et manufacturière, l'Empire d'Autriche est du petit nombre de ces Etats privilégiés , qui peuvent , pour ainsi dire , se suffire à eux mêmes. C'est aux accidens variées de son vaste et fertile territoire et à la grande différence qu'on observe dans le climat de ses provinces , que la Monarchie Autrichienne est redevable de la grande variété de ses productions. Les richesses agricoles et métalliques des provinces les moins avancées dans l'industrie fournissent les matières premières à celles, qui se distinguent par une population industrieuse et commerçante. Une agriculture plus ou moins perfectionnée fournit abondamment ce qui est nécessaire à la subsistance de ses nombreux habitans , et ses manufactures et ses fabriques versent dans la consommation tout ce que le luxe du riche et les besoins du pauvre peuvent exiger.

Aujourd'hui qu'il est généralement reconnu que le commerce , l'agriculture et l'industrie manufacturière sont les principaux élémens qui constituent la force et la richesse d'une nation , les gouvernemens se sont tous plut ou moins empresses de les protéger, de les encourager. Aussi l'auguste Monarque, qui vient de descendre dans le tombeau , les a - 1 - il encouragés par tous les moyens possibles, malgré les circonstances difficiles où il s'est souvent trouvé pendant son long et mémorable règne. Le prince, qui lui a succédé et qui se propose d'en suivre le noble exemple, était bien pénétré de ces vérités, lorsque dans sa jeunesse il consacrait à leur étude et à leur application

tous les loisirs , que lai laissaient des occupations d'un autre genre.

Des Tannée 1819, en voyant l'essor que prennait r industrie dans l'Empire , le Prince héréditaire conçut le projet de former une collection technologique de tous les produits bruts et manufactures des différentes provinces de l'Empire, ainsi que des machines principales qui servent à leur confection ou à leur transport. Assisté par un technologue distingué, par M. Kees *) , il parvint en peu d'années à former la collection technologique la plus considérable et la mieux ordonnée qui existe. C'est an moins •ce que nous croyons pouvoir assurer en la comparant à celles, que nous avons eu occasion de voir nous - même et d'après ce que nous en avons entendu dire par des juges compétens , qui ont vu les plus grandes collections de ce genre. Cette collection, offrant tous les produits de l'industrie rangés d'après les fabriques les plus remarquables, .selon l'ordre successif de leurs perfectionnemens depuis seize ans , ainsique d'après les différentes provinces de la Monarchie , est pour l'Etat et pour celui qui le régit de la plus grande importance. Véritable thermomètre de l'activité des ha bit an s des différentes provinces et de leurs progrès dans les fabriques et les manufactures, elle offre au prince éclairé qui l'a formée le tableau fidèle de la marche de l'industrie dans chacune ; elle lui indique tout ce qui a été fait dans ces dernières années pour l'encourager; elle lui signale les améliorations et les perfectionnemens dont sont susceptibles certaines branches et certaines

) Mh. Kees est l'auteur d'un ouvrage classique publié en 1819 à 1828 sous le titre de Darstellung des Fabrtks- und Gewerbswesens im bsterr. Kaiser staate ; et d'un autre qu'il a publié plus tard en 1829 et 1880 en compagnie d'un statisticien très-distingué , de M. Bmjmenbach sous le titre de Systemftthche Darstellung der neuesien FortschriUe in den Oewerben und Manufacture», und des gegenwtïrtigen Zustandes derselben.

contrées, en même temps qu'elle lui fait connaître les pays qui se distinguent le plus par leur croissante prospérité. Cette collection, qui depuis seize ans a procure à l'héritier de la Couronne une récréation agréable, et utile pendant ses momens de loisir, formait le plus bel ornament de son appartement. Nous ajouterons que son catalogue raisonne et l'ordre, admirable avec lequel elle est disposée, sont le résultat des instructions spéciales données directement par son auguste créateur.

Cette magnifique collection se compose de trois partics principales , savoir :

/. Matières brutes.

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