‹ Essai sur Aeneas Sylvius PiccolominiChapitre 4 sur 15 · B8SA · texte numérisé non relu

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inquiétudes. Les concessions que l'assemblëe de 3âle s'ëtait crue obligée de faire aux Uussites ne s'étendaient pas à leurs descendants, et il ne restait qu'un petit nombre de ces dissidents tolérés. Ils abusèrent de leurs privilèges; Fie II les révoqua'. Mais Foggiébrach prétendit qu'il ne pouvait abolir un acte du Concile. Le Pontife envoya comme nonce, en Bohême , Fantinus , ancien chargé d'a0aires du prince, qui l'avait longtemps défendu avec sincérité contre les soupçons du Saint-Siège'. Fîe II espérait qu'il aurait plus d'influence près du monarque. Mais le tableau que cet envoyé fit des conséquences déplorables de l'hérésie, lui attii'a les injures et les menaces dePoggiébrach. Alors Fantinus réclama l'inviolabilité des ambassadeurs , rappela au roi ses serments, et le menaça de déposition. Poggiébrach le fit jeter dans un cachot , et alla l'y menacer de l'étrangler de ses propres mains. Mais la crainte contraignit ce prince à le relâcher.

Cependant , à la même époque , tous les prêtres catholiques du royaume , au nombre de plus de sept cents, avaient été rassemblés par ses ordres. Effrayés d'abord, comme s'ils marchaient au supplice, ils reprirent courage à la voix de l'admipistratenr de Prague, se rendirent en rang à l'assemblée, et jurèrent unanimement qu'ils étaient prêts à mourir'.

' Com, 1. VII , p. 188.

■ Com. du cardinal de Pavie , 1. VI , p. 432. ^ Pie II s'élend sur ce beau et touchant spectacle a cernent du 1. X des Com.

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Ce n'étaient pas là les aeuk intérêts qui appelassent l'attention du Pape. Il rédamait à la cour de Henri IV de Castille, au sujet des bénéfices ecclésiastiques, et bientôt après intervenait en faveur de ce prince détrôné '. Il encourageait les croisades d' Alphonse l'Africain, roi de Portugal, et&f^rouvait les associations formées pour le racKat des prisonniers retenus en Afrique'. Sur les traces des navigateurs portugais, dont les découvertes allaient changer la face du inonde, s'élançait déjà la charité chrétienne. L'héroïque évéque de Ruto allait partir pour la Guinée. Le Pape lui accorda de grands pouvoirs. Dans le même acte , il menaça des peines spirituelles les plus terribles ceux qui emmenaient les noirs en servitude^. Il appartenait à Pie II de commencer la longue protestation du Saint-Siège contre la traite.

Sa sollicitude s'étendait aussi à l'Orient. Il mit garnison dans Monovasie, ville construite, suivant l'opinion de quelques auteurs, sur l'ancien emplacement de Sparte, et il pleura le sort de la cité de Lycurgue^. Une ambassade, envoyée par les patriarches d'Antioche , d'Alexandrie , de Jérusalem , et par plusieurs princes d'Asie, vint lui apporter le serment de leur adhésion aux décrets du concile de

'Campasds, rie de Pie II.

' Livre des Brefs, ana. H61 , 1462.

^ Ep. data Petrioli Senentis , non. oclohris 1462. .

*,Com.,\. IV, p. 103.

Florence '. Leur i>épugnance avait peut-être cédé à la crainte des Turcs.

On trouve , dans la correspondance de Pie II , plusieurs lettres adressées par des princes d'Orient au duc de Bourgogne' , et un discours prononcé par leurs ambassadeurs*. Mais ce prince, de même que le Pontife et Bessarion , fut dupe , eu cette circonstance, d'une imposture à laquelle Venise ne semble pas avoir été étrangère*.

Une nouvelle, malheureusement plus véritable, fut celle de la trahison qui livra Chypre au Soudan d'Egypte. Le récit de l'entrevue du Pape et de la reine de cette lie , chassée de ses Etats, est plein de rémi* niscences des ver» de Virgile sur l'entrevue de Jupiter et de Vénus. Pie II fournit quelques secours à cette princesse*, et implora ceux de la chrétienté en sa faveur*. Quelques motsfurentéchangés par lettres entre le Pape et le Soudan. Les paroles de celui-ci nous dépeignent son brutal orgueil et sa cruauté, celles du Pontife son zèle avide du martyre'.

■ Com., \. IV, p. 103.

• Ep. 377, de l'empereur de Tréhizonde, David Gomuènei 378 , du duc de Géorgie ; 379 , du roi de Perse.

^ Ep. 380 : ■ Voici les magei qui vîeDueut du câté de l'étoile , etc. »

* Voir le 1. V des Commentaires, et l'Ep. 376.

5 Livre VII des rom, p. 127.

6 Livre des Bi-e/s , 1461.

' Celle courle correspondance se Irouve dans (Pie II).

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L'occasion se présenta enfin de satisfaire ce désir héroïque. Mais avant de raconter ]es dernières épreuves de Pie 11, nous reviendrons sur ses ouvrages qui ne le font pas moins connaître que ses actions.

En exposant ce pontificat, nous avons quelrjuefois laissé parler les faits , sans y ajouter de réflexions. C'est une prédication incessante pour la guerre contre l'ennemi commun , celui de la religion , celui des destinées du inonde civilisé. C'est en même temps une prédication pour la paix, pour l'union à l'intérieur de la grande république chrétienne, entre des princes membres d'une même famille. Mais, d'un antre côté, le fape soutient avec persévérance les droits de l'Église, l'indépendance de son pays, intérêts sacrés qu'il doit aussi défendre en vue même de la croisade. Ses moyens sont dignes de ces nobles buts. Sa modération et sa longanimité égalent son énergie et sa vigilance; son habileté n'ôte rien à sa franchise; et tant de qualités contrastent souvent avec la duplicité de ses adversaires , ou même de ses amis , avec leur égoïsme, leur exigence, leur injustice.

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