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comba, et ses immenses préparatiâ contre les Tnrcs périrent avec lui. » On trouve aussi dans cette pièce quelques détails précieux sur les factions de l'assemblée et sur la répugnance des Latins à élire Bessarion. u Ce Grec qui n'a pas encore rasé sa barbe, serait notre chef! s'écriaient quelques cardinaux; nous sommes donc bien pauvres d'être obligés de recourir à cette nation ! »
Un des écrits les plus curieux du Pontife, qoi concerne encore l'Orient, est celui qu'il adressa à Mahomet lui-même. Le barbare venait d'^goi^er l'empereur de Trébisonde av«c toute sa fiimille. Ces horreurs déchiraient Fâme du Pontife, et les princes ne répondaient pas à son zèle. Il recourut à une ressource désespérée. Fortdeson inslmction {H>ofonde, de sa dialectique exerbéct de son doqueace, il espéra convertir le prince qu'il ne pouvait combattre. Le vicaire du Christ écrivit donc au sultan une lettre que l'on peut considérer comme un moniwaent -de la philosophie et delà théalf^ic de l'époque*.
U le prie d'abord de ne pas rejeter ses paroles parée qu'il est chrétien et le chef de ses ooreligionnaires; car, suivant le précepte du Chiist, le Pape aime ses ennemis, et se croit le débiteur des hommes égarés comme des sages.
Le barbare devait «ntendre la toïx qui l'entretiendrait des iiitéréu dé son ambition. C'est par là
> Citée dan» le recueil de 1.561 , reprmlmte dans Raj'noIJi , l.XXlXî30i.. in-fol.
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que commence le Pontife : D^Hiis gaatre-THUgts as» les forces ottomanea sont tenues en ëdiec par it* seuls Hongrois ; les peuples orientaux , que MsJbomtt a vaincus , ne peuvent se comparer à ceux de l'Occi- ' dent : oe sont ces Asiatiques dont César disait : Je suis Tenu, j'ai tu, j'ai Taincu. Des nations ekétiennef ont été soumises ; naais la plupart avaieut perdu leur courage dans l'hérésie, k Veux-tu , ajoutait Pie II , étendre ton empire dans les pays chrétiens, et )iarvenir au comble de la gloire? Tu n'as pas besoin d'or, d'armées, de flottes : partCKit tu trouveras ua fMH d'eau pour ton baptême. Si tn conseosà \t «ecevoir» il n'y aura pas au monde un prince quî marche ton égal. Nons t'appellerons l'empereur des Grées et de l'Orient , et ces terres , que tu occi4>es injuste-' ment, tu les posséderas de droit. Les opprimés se réfugieront de toutes parts sous ta protection, et t« recevras un grand nombre de soumissions volontaires. »
Le Pape rappelle alors l'exemple de ces cheTs bar* bares qui ont fondé par Imr conversion des £ta(f florissants. « A la mort do roi Ladislas, la HongrM et la Bohème t'auraient [H-is pour monarque ^i tn avais été chrétien : ils auraient ainei mis un terme à de longues dissensions, m Les Grecs ne résrsteraieirt plus, « et, au lieu de leur porter accours, nous aolU* citerions le Uen contre les wurpaiteors des droits de l'Ë^tse. De même que nos prédécesseurs ont demandé l'appui des Francs contre les Lonbands , et en Incompensé, ont «transfôré à kurs libéntôira
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J'EmpÎTe, qni appartenait auparavant aux Grecs, de miéme nons iioos mettrions sous ton patronage, et te paierions ton bienfait. »
LespropositionsdeFieII,quelquebizarre8qu'elles paraissent de prime abord , méritent notre attention. Il suffit en effet de se rappeler l'histoire des Constantin, des Clovis, des Charlemagne, etc. Mais pourquoi Mahomet n'accepta-tit pas, oommeeux, cette alliance de l'Église, qui fit leur grandeur? c'est que le Poiitiie s'attaquait à une i-eligion encore pleine de vie, à des croyances qui régnaient non dans l'âme exclasiTement ambitieuse de Mahomet, mais dans celEe de ses fanatiques guerriers. Le mahométisme, emprunté en grande partie à nos livrés saints, et favorable en même temps aux passions, était un adversaire bien plu» redoutable que le paganisme de Rome ou des forêts de la Germanie.
L'imaginatiion du savant Pontife développe les conséquences de la conversion du musulman avec des réminiscences de l'âge d'or, tel que l'ont décrit lés poètes. « Tes conquêtes, ajoute-t-il, ti'aurateitt uni que les corps ; les esprits auront lé christianisme pour lien. Les Turcs, dont tu es le maître, îmitel'ont ton exemple. Et quel mal pourront te faire rËgyptien armé de son frêle roseau? l'Arabe elfeminéV l'Africain nu? Tous ont à craindre le prêtre Jean, qui peut détourner le cours du IVil. Les flottes chrétiennes d'ailleurs j-épandent l'effroi en Asie. Tous les peuples de cette partie du monde se souA mettront a tes lois. » Ces paroles nous montrent que
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ce pi'olbncl politùjue était en même temps uneaprît l'omaiiesque. <.
Il termine par une comparaison des Livres.$aînts et du Koran , et par une éouméralion maghiâqùe des hommes illustres, rois, guerriers ^savants, artistes, saints, qu'a enfantas le christianisme. Lés prophètes et les législateurs de Sparte et d'Athènes , leë textes bibliques et les citations des poètes pcoi' lanes', toutes les autorités lui sont bopoes pour entraîner, pour élever le cœur du chef . musulman.
Les auteurs qui citent la lettre du Pape à Mahomet ne parlent point de la réponse de celui-ci. Elle se trouve imprimée à la suitedu Koran latin de Bîbltander', et en manuscrit à la Bibliothèque Royale'. II est certain que Pie II s'est fait cette réponse à luimême : la question de l'origine troyenne des Turcs est plus familière au Pontife érudit qu'au général barbare, et les formes païennes que l'auteur emploie, communes chez les chrétiens de la renais-: sance, sont étrangères aux sectateurs de Mahomet.
Le Pape, empruntant le nom du sultan, se demande pourquoi l'Italie s'arme contre les Turcs. K Les Italiens, dit-il , descendent des Troyens par Anténor et par Enée; et nous, suivant les promesses que nos pères ont reçues des dieux , nous nous préparons à relever l'empire de Troie et à venger sa