‹ Essai sur GœtheChapitre 11 sur 27 · i août · texte numérisé non relu

i août

a. Lettre du 3o septembre.

lf\2 ESSAI sua GOETHE

Nouveau Robînson), et combien d'autres! Et ce n'est pas René, ce n'est pas Ghilde-Harold, dont ils ne pourraient atteindre l'orgueil hautain, — ce n'est pas même Saint-Preux, qui les surpasse trop en tendresse, — c'est bien Werther qui est leur père à tous: ils réchauffent à la sienne leur imagination paresseuse; ils lui empruntent ses formules les plus heureuses, ses admirations, ses opinions; ilis s'attendrissent de son sentimentalisme, que les choux et les pois-goulus suffisent à exciter; ils frottent leur âme bourgeoise à son âme un peu plus élégante; et de leur commerce avec lui, ils rapportent péniblement, pour les semer à travers le récit d'aventures à peu près semblables à celles qu'il traversa, des phrases qu'il aurait pu écrire: « Quand nos os glacés seront inhumés sous ce bosquet, alors épais et ombreux, peut-être dans les crépuscules d'été, au sussurrement des feuillages, s'uniront les soupirs des anciens de la ville ; aux sons de la cloche des morts, ces sages prieront pour le repos de l'homme de bien, ils recommanderont sa mémoire à leurs fils *))... « Comme l'âme se sent profondément humiliée quand elle se trouve subjuguée par l'ascendant audacieux de ces insolents dominateurs, et qu'elle observe comment on a comprimé toutes ses forces et restreint toutes ses facultés 2 ! » — « Soyez heureux, maintenant que ma misérable vie ne peut plus y porter obstacle; soyez heureux, maintenant que je vais rendre à la terre ce cœur brisé et déses-

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