‹ Essai sur GœtheChapitre 20 sur 27 · VI · texte numérisé non relu

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à Schiller. Celle-ci n'en releva ni les contre-sens ni les passages tronqués que M. L. Geiger a constatés plus tard, mais se contenta de protester un peu contre les tendances néoclassiques de son frère d'armes, Goethe lui répondit — ce sont les dernières lettres que les deux amis échangèrent — par un éloge, étonnant sous sa plume, de Louis XIV et de Voltaire : Louis XIV est un « roi français dans le sens le plus élevé » ; Voltaire est « l'écrivain le mieux adapté à la nation française », et possède une longue série de qualités dont il serait fastidieux de reproduire l'énumération. On voit qu'en i8o5 Gœthe était bien revenu de ses anciennes opinions. Plus tard, il se reniait encore en disant à Eckermann, à propos de la traduction de Faust, de Gérard de Nerval : « D'étranges idées me passent par l'esprit, quand je pense que ce livre a encore de la valeur dans une langue dont Voltaire a été le souverain, il y a plus de cinquante ans. Vous ne pouvez pas penser tout ce que je pense, car vous n'avez aucune idée de l'importance qu'avaient dans ma jeunesse Voltaire et ses grands contera porains^ et de leur domination dans le monde moral. Ma biographie ne fait pas voir clairement l'influence que ces hommes ont exercée sur ma jeunesse ainsi que la peine que j'ai eue à me défendre contre eux, à prendre ma vraie position et à considérer la nature sous un' jour plus vrai *. »

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