‹ Essai sur GœtheChapitre 22 sur 27 · I. II janvier · texte numérisé non relu

I. II janvier

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car j'ensuis arrivé au point de ne pouvoir écrire sur aucun sujet sans en avoir longuement bavardé avec vous. » Il n'hésite pointa demander à Schiller de réfléchira Faust pendant ses « nuits d'insomnie », Plus tard, il définit avec un rare bonheur de pensée et d'expression les résultats de leur amitié * : (( L'heureuse rencontre de nos deux natures nous a déjà procuré plus d'un avantage, et j'espère que cette salutaire influence continuera. Si je suis pour vous le représentant de bien des objets divers, vous m'avez, de votre côté, ramené à moi-même, en me détournant de l'observation trop exacte des choses extérieures. Par vous, j'ai appris à contempler les diverses phases de l'homme intérieur; vous m'avez donné une seconde jeunesse, vous m'avez fait redevenir poète au moment où j'avais presque entièrement cessé de l'être. » Il n'a d'ailleurs pas moins de sollicitude pour le travail de son émule qu'il n'en attend de celui-ci. Dans ses fréquents accès de doute ou de fatigue, c'est à Gœthe que Schiller demande le réconfort nécessaire : ce J'ai besoin en ce moment d'un aiguillon qui ranime mon activité, et vous seul pouvez me le donner ^. » C'est peut-être à Schiller que nous devons Faust; mais quelle part revient à Gœthe dans l'exécution de Wallenstein, de Marie Stuart, de Guillaume Tell^ dont il rêva un instant de faire une épopée et qu'il céda à son ami? En vain des envieux et des médiocres essaientilsdetroubler cette union qui, comme touteslesbelles choses humaines, déconcerte et froisse la vulgarité

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