‹ Essai sur GœtheChapitre 5 sur 27 · I. A. BaumgartDcr, Gœthe, sein Leben und seine Werke:Yi · texte numérisé non relu

I. A. BaumgartDcr, Gœthe, sein Leben und seine Werke:Yi

bourg, 1886.

l8 ESSAI SUR GŒTHE

nisateur des ^tes et des divertissements qu'interrompra un instant la mort de la duchesse-mère Amélie, dont il prononcera Toraison funèbre comme un prédicateur de cour, mais qui ne tarderont pas à reprendre de plus belle : car Goethe avait voulu faire, il avait fait de Weimar un lieu de plaisir.

Sans doute, le temps des « folles années » était passé. Mais il en restait quelque chose : ce parti pris de^gaîté qu'admirait tant Johanna Schopenhauer, cette volonté bien arrêtée de jouir de la vie, quoi qu'elle apporte. Les catastrophes nationales et les deuils privés ne pouvaient rien contre cette belle humeur. Et c'est ainsi que continuait la vie, agréable, sereine, pendant que la biographie se faisait.

Il y a toujours eu entre la vie et les écrits de Goethe un accord que d'ailleurs il recherchait. (( Faire de sa vie un tout harmonieux, » telle était une de ses maximes favorites, une de celles dont il poursuivait le plus volontiers la réalisation. Il voulait dire par là que l'action, la pensée, le sentiment et le caractère doivent se développer ensemble, selon les mêmes principes, sans contradictions ni conflits. Ses œuvres, en particulier, devaient se fondre dans la vie qui en était la source : « Je ne puis pas partager la vie... Je n'ai jamais écrit que ce que je sens et ce que je pense. C'est ainsi que je me divise.

amis, et suis pourtant toujours le même *• j) Cet accord l'avaît peu à peu conduit à une philosophie qu'on a définie d'un mot, Volympisme. Il y était poussé par sa véritable nature, qu'il cherchait à connaître et évitait de contrarier. Il y marche dès ses premières années, dès Tépoque où le peintre Oeser lui enseignait que la sérénité est le caractère essentiel des œuvres d'art, où il se passionnait pour Winckelmann et pour la sculpture grecque. L'influence de Shakspeare, celles de Herder et de la cathédrale de Strasbourg le détournèrent un instant de la voie entrevue: il eut sa crise romantique. Puis vinrent les « folles années » de Weimar : années consacrées aux plaisirs, à la cour, au théâtre, pendant lesquelles l'activité poétique se détend et se ralentit, et qui ne nous apportent guère qu'une médiocre et prétentieuse satire, le Triomphe de la sensibilité. C'est un orage qui le renouvelle. Il en sort transformé, sévère pour son passé, « comme un homme qui a échappé aux eaux et que le soleil bienfaisant commence à sécher *, » ayant rompu avec la mélancolie, la violence et le moyen âge. La première œuvre importante qui date de ce réveil, c'est Iphigénie : elle en marque les tendances, qu'affirme et développe le fameux voyage en Italie, entrepris bientôt après, et qui persisteront ensuite jusqu'à la fin. Le fanatiq ue d'Erw^in de Steinbach le mélancolique a uteur de Werther^ le poète mon dain, un peu snob^ ivre de sa gloire et débordant de vie, qui bouleversait Weimar, sont des êtres

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