PRÉFACE. XXXIX
« qui M fondent sur la justice, et je crois qu'elles « peuvent engendrer des sentiments de bienveillance « parmi les hommes ^ » Et dans le cours du même débati un autre éloquent orateur avait dit : < C'est une « révolution tout à fait saine et salutaire, et j'ajoute « tout à fait nécessaire '. »
N'était-ce point là ce qu'il fallait aussi penser et dire de la suppression de l'emprisonnement pour dettes?
« On pourra différer avec moi d'opinion, écrivit « M. de Châteaubriànt, en résumant ses apprécia- « tions d'historien et de publiciste, mais il faudra « reconnaître que, loin d'emboiter mon esprit dans « les ornières du passé, je trace des sentiers libres'. »
En proposant d'abolir la contrainte par corps, le Gouvernement français, s'inspirant de la même pensée, put tenir le même langage.
« Je sais bien que je suis à charge à ceux qui «r m'écouteht: mais que faire? C'est mon devoir, et ff je ne cesserai point de parler, que je réussisse ou «( non à persuader*, » fut-il jadis écrit. Même présentement, il y a nécessité de s'approprier ces lignes empruntées à l'un des orateurs les plus vénérés de la primitive chaire chrétienne.
Une dernière citation doit ici trouver sa place : « Je a maintiens à mon tour, disait M. Rouher dans son « discours déjà cité, qu'avant trois ans cette question t< de la contrainte par corps qui vous agite, que vous
1 M. Gladstone, Journal officiel, i4 février 1869, p. 192.
« M. Bright, iind.
3 Et.Hist. Préf.CUL
* J. Chrts. Hom, XL, 5, t. x, 384-85.
PRÉFACE
« discutez avec vivacité, qui vous émeut, sera com- <c plétement oubliée si la contrainte est supprimée, <c et que le mouvement civil et commercial marchera « avec une égale prospérité, une égale puissance. » Ouit oui! Très-bien ^
Voici survenue l'échéance de ce terme. Or, qui, aujourd'hui, s'aviserait de contester à la prévision de l'éloquent ministre le mérite d'avoir été vraie?
1 MtmiteMr da 29 mars i867.