‹ Essai sur l'accouchement physiologiqueChapitre 10 sur 84 · DES RÉSULTATS QU'ON A ORTRNUS EN OBSTÉTRIQUE · texte numérisé non relu

DES RÉSULTATS QU'ON A ORTRNUS EN OBSTÉTRIQUE

cette femme à s'aider par des efforts volontaires, comme pour lui dire que la douleur n'est pas assez intense.

Si nous observons le rôle que l'obstétrique fait jouer ici à l'accoucbeur, nous sommes forcé de convenir qu'il est un des plus pénibles de ceux que puisse remplir l'homme de l'art. Le médecin, en effet, est appelé à apaiser les souffrances de l'humanité, et son plus mauvais moment est celui où il se trouve en présence d'un malade qui lui demande en vain du soulagement; aussi s'éloigne-t-il ordinairement de cet homme qu'il ne peut pas soulager, ou il en calme au moins le moral par des palliatifs. Le chirurgien lui-même, lorsqu'il soumet son malade à une opération douloureuse, loin de faire preuve de cruauté, comme le croit le vulgaire, agit d'après un beau sentiment peu connu des âmes faibles, et qui, pour obtenir la guérison, le porte à augmenter un instant les souffrances de ce malade. L'accoucheur seul est donc obligé de rester inactif devant les douleurs les plus violentes de la femme en couches. La patience, nous disent les auteurs, est la première vertu de Vaccoucheur; mais l'aurai t-il pour lui, il la prêche en vain à la malade: :1 a beau dire que l'accouchement arrivera bientôt, tous les instants viennent le démentir, et la femme, les assistants et l'accoucheur lui-même sont obhgés de souffrir longtemps. Les opérations les plus longues de la chirurgie ne durent guère que des minutes, et l'accouchement dure bien des heures. Les douleurs se suspendent pour quelques instants, il est vrai, mais pour reprendre de plus fort en plus fort, jusqu'à ce qu'elles se rendent subcontinues, et la somme des douleurs d'un accouchement soi-disant naturel est plus grande que toutes celles de l'opération la plus douloureuse de la chirurgie.

Peut-on appeler , après cela, l'accouchement naturel décrit parles auteurs une fonction physiologique? La douleur seule qui l'accompagne suffit pour le rendre pathologique.

Ne soyons pas cependant trop absolu; disons que, dès la

découverte del'inhalalion, on l'a employée pour apaiser les douleurs que causent les opérations obstétricales; quelques accoucheurs s'en sont même servis pour apaiser les douleurs de l'accouchement spontané.

Nous aurons occasion d'apprécier les avantages et les inconvénients de ce moyen ; mais n'aurait-on eu que l'idée d'établir l'indication, ce serait toujours un pas de fait. Ce n'est cependant pas en paralysant la sensibilité nerveuse qu'on doit soulager la femme. Outre les accidents que peut entraîner le chloroforme , l'anesthésie n'est pas un état physiologique. C'est en évitant les causes de la douleur , comme nous le verrons plus loin , qu'il faut chercher à la combattre.

§ 3. — Le caractère pathologique que nous venons de reconnaître aux douleurs de l'accouchement qu'on appelle naturel est encore plus nettement dessiné dans la longueur du travail et dans les efforts de la femme, ou, en d'autres termes, dans les difficultés de l'accouchement.

Le premier travail est fait par les seules contractions de la matrice, c'est la dilatation du col. Si cette dilatation se prolonge cependant , ou que les contractions douloureuses deviennent fortes , la femme finit par les aider avec des efforts volontaires.

Nous verrons , en temps et lieu , tous les efforts que l'utérus est obligé de faire pendant ses contractions , et qu'il est difficile de comprendre de prime abord ; mais il est évident, pour nous, que plusieurs maladies de cet organe, si communes aujourd'bui dans les villes surtout et dans la classe aisée, ont pour principale cause les efforts utérins de la parturition.

Cette période de la dilatation est ordinairement la plus longue ; aussi inquiète-t-elle beaucoup les primipares, qui, malgré leurs souffrances, ne voient pas le travail faire des progrès. Cette période est ordinairement de dix, douze, quinze heures 5 mais

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