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CHAPITRE II

DES CONDITIONS LOCALES ANTÉRIEURES A LA GROSSESSE, ET QUI ONT DE l'influence SUR l'aCCOUCHEMENT PHYSIOLOGIQUE.

§ 1. — Les conditions locales antérieures à la grossesse qui peuvent avoir de l'influence sur raccouchement physiologique portent principalement sur le bassin et sur la cavité abdominale. Elles peuvent porter encore sur d'autres organes qui, directement ou indirectement, agissent sur l'appareil gestateur; mais alors elles n'entrent pas aussi franchement dans notre cadre. Enfin, ces conditions portent sur l'utérus et ses annexes, et comme ces parties sont encore plus modifiées pendant la grossesse, nous en parlerons ailleurs d'une manière explicite.

La description anatomique du bassin a été donnée par les auteurs avec tant de détails, que nous n'avons pas besoin de nous arrêter sur ce sujet. Nous préférons présenter quelques considérations nouvelles sur le développement de cette enceinte osseuse. Cet article, du reste, sera le complément des précédents.

La cavité abdominale a été bien décrite parles anatomistes, auxquels les accoucheurs ont emprunté ce qu'ils en ont dit. Cependant elle miérile beaucoup d'attention , et comme on le verra, c'est de sa forme que dépendent souvent les présentations du fœtus, et conséquemment l'accouchement physiologique.

ARTICLE PREMIER

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LE DÉVELOPPEMENT ET SUR LA FORMATION DU BASSIN.

§ 1. — Nous ne parleronspas ici des phases que parcourt le bassin pendant son ossification, ni des maladies qui peuvent eu vicier la forme, telles que le rachitisme, l'ostéomalacic, etc.

Nous allons essayer de nous rendre compte des forces, ou plutôt des lois qui président à son développement, et qui lui donnent naturellement telle forme plutôt que telle autre.

On pourrait dire que le bassin offre cette conformation, parce que les lois de l'organisation le veulent ainsi, et parce qu'elle convient le mieux à l'accomplissement de ses fonctions. Ceci constitue le fait, et nous pourrions nous en contenter si nous n'étions pas intéressés à en connaître l'explication; mais c'est que nous sommes appelés à réparer les défauts de sa conformation, et pour cela, il faut que nous connaissions, si c'est possible, les lois qui président à sa formation et les conditions qui peuvent influer sur ces lois. Cette connaissance, loin d'avoir peu d'intérêt, est au contraire de la plus grande importance. Il y a dans les forces primordiales de la vie des lois générales qui président à la formation de tout le corps, et des lois spéciales qui président à la formation de chacune de ces parties ; et selon que ces lois sont plus ou moins favorisées par les conditions qui les entourent, elles peuvent donner aux parties plus ou moins de développement.

La nature, dans la formation des êtres organisés, met à contribution les forces physiques, chimiques, et d'autres, plus compliquées, que nous appelons vitales, mais dont le résultat est toujours un but déterminé d'utilité. Ce sont ces forces ou lois qu'il faut lâcher de deviner.

Celles qui concourent à donnerau bassin la forme qu'il possède nous paraissent être les trois forces principales suivantes :

1° La force de développement allant du centre à la circonférence, et qui lui est commune avec le reste du corps ;

2o Le développement proportionnel de ses os et des muscles qui s'y implantent;

3" Les pressions.

Nous allons étudier successivement l'influence de chacune de ces forces.

§ 2. — 1" Le corps humain peut être considéré comme le résultat d'une force de développement qui agit bien plus dans le sens vertical que dans le sens horizontal. La première direction détermine la hauteur de la taille et le développement du squelette dans le sens vertical ; la seconde détermine l'ampleur des cavités, et surtout le développement horizontal du squelette. Ces deux expansions, quoique le plus souvent solidaires, peuvent cependant prendre séparément un accroissement insolite, et cet accroissement se fait alors le plus souvent au détriment de l'expansion opposée.

Ainsi la jeune fille, pendant la première enfance , prend de l'accroissement dans le sens vertical surtout, et elle est alors à peu près comme les garçons. Chez ces derniers, cet accroissement se continue même après la puberté, ce qui fait que la taille de l'homme est ordinairement plus élevée que celle de la femme. Chez l'homme, cependant, on voit aussi vers la dix-huitième ou vingtième année le squelette se développer horizontalement, et c'est alors que sa poitrine s'élargit pour donner plus de capacité à ses poumons, et pour laisser plus de liberté aux mouvements du cœur, deux organes qui sont les principaux instruments de la force et delà santé. Aussi l'homme se fait-il remarquer par sa taille et la solidité de sa constitution : c'est la force musculaire qui doit prédominer chez lui, parce que c'est lui, surtout, qui est destiné aux travaux les plus ï'udes dans notre société. Le crâne prend part aussi à cette expansion, mais l'avantage reste ici toujours à l'accroissement vertical ; le bassin lui-même est plus long et moins large chez l'homme que chez la femme.

Chez cette dernière, au contraire, l'accroissement vertical

est moindre, et en revanche l'accroissement horizonlal est

plus précoce et plus actif-, et tandis que, chez l'homme, cet

accroissement avait montré son summum d'intensité vers la

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