DES SOINS QUI REGARDENT LE FOETUS
une sacTO-iliaque droite. Ces renseignements suffisent pour opérer la version.
§ h. — La manœuvre delà version doit être faite d'une manière méthodique et avec ménagement. Il ne faudrait pas croire cependant que cette manœuvre soit bien sensible à la mère ou à l'enfant. Dans les cas mêmes où nos tentatives, quoique répétées avec insistance, ont été vaines, nous n'avons jamais vu des accidents en résulter; aussi sommes-nous maintenant très hardi. Si le premier essai ne réussit pas, nous ne perdons pas l'espoir de réussir une seconde et une troisième fois, et à moins d'employer des manœuvres brutales, nous croyons qu'on peut faire toute tentative de version sans nuire à la mère ni à l'enfant. Il faut même que la femme soit bien sensible pour se plaindre pendant son exécution. Quelle que dût être cependant celte douleur, elle n'égalera jamais les souffrances d'une version pelvienne ni les dangers que court l'enfant dans un accouchement par le siège.
Si la sensibilité morale ou physique de la femme faisait contracter l'utérus pendant l'opération , on n'aurait qu'à attendre quelques instants pour que le relâchement arrivât, et alors on recommencerait les manœuvres.
Pour opérer la version, la femme doit être couchée horizontalement, comme pour faire la palpation.
Le bassin est placé sur un coussin, de manière à être relevé un peu plus que la cavité abdominale. Lorsque le fœtus est très mobile, l'accoucheur seul peut opérer la version ; dans le cas contraire, il a besoin d'un aide.
Le premier temps de l'opération consiste à éloigner le bassin de Tenfant du détroit supérieur. Pour cela, le bord cubital d'une ou des deux mains est glissé à travers les parois abdominales, entre le rebord du pubis et le paquet fœtal. Ce mouvement, fait lentement et par petites reprises, est continué jusqu'à ce que le bord de la main soit interposé entre le fœtus et le
188 INFLUENCE DE LA GROSSESSE SUR l'aCC0UCHE3IEINT.
détroit supérieur. Dans les présentations indirectes du siège, ce premier travail est facile et quelquefois même tout à fait inutile. Mais lorsque le bassin de l'enfant est déjà engagé dans le détroit supérieur, ce temps est difficile, et dans ce cas il faut faire soulever le siège de l'enfant par un aide pendant qu'on glisse le bord de la main entre cette partie et les pubis. Ce soulèvement est fait avec les doigts dans le vagin à travers l'utérus, et, si l'on peut, à travers les membranes.
Une fois le bord cubital de la main engagé entre le siège du fœtus et le bord des pubis, on passe au second temps, pendant lequel il faut entraîner le paquet fœtal en baut et du côté opposé à la tête (voy. fig. 5, DA). Ce temps est ordinairement assez court, et une fois qu'on a ramené l'extrémité inférieure du tronc en haut, il faut l'y maintenir pendant qu'on passe au troisième temps. Lorsqu'on peut supposer que ce dernier temps sera long etdifticile, on confie alors le tronc à un aide qui le tient relevé. Le troisième temps consiste à faire descendre la tête en bas jusqu'à ce qu'elle appuie en plein sur le détroit supérieur. Lorsque le fœtus est très mobile, ce temps seul suffît pour faire la version ; on n'a qu'à appuyer sur la tête dans le sens de la flexion, et cette partie entraîne le tronc en bas et les pieds en haut. A part ces cas exceptionnels, le troisième temps est le plus difficile de tous ; aussi l'opérateur a-t-il besoin de pousser quelquefois la tête avec ses deux mains.
Déjà, dans le soulèvement du bassin et du tronc fœtal, on doit porter le siège en arrière et favoriser la courbure de l'arc qu'il décrit ; mais cette flexion doit être prise surtout en considération pendant le troisième temps, et c'est dans le sens de la flexion qu'il faut toujours presser la tète.
Pour cela, on applique les doigts d'une ou deux mains sur la partie la plus accessible de la tumeur céplialique (voy. fig. 5, BC), et la poussant en bas et en dedans, on l'entraîne vers le détroit supérieur. On fait quelquefois peu de chemin