DES SOINS QUI REGARDEINT LE FOETUS
dans le premier essai , qui durera cfuelques secondes; sans lâcher prise, on revient après une ou deux minutes à un nouveau refoulement, et petit à petit on fait descendre la tète sur le détroit supérieur. La main (A, fig. 3) qui soulevait le tronc, accompagne ce refoulement en relevant de plus en plus le bassin de l'enfant, jusqu'à ce qu'il occupe la partie supérieure de l'utérus, et elle ne le quitte que lorsqu'il est logé où était tout à l'heure la tète. L'opérateur et l'aide doivent maintenir le fœtus réduit pendant quelques minutes, afin que les membres, ainsi que tout !e reste du corps, se casent dans la nouvelle place qu'ils occupent.
Si l'on néglige cette précaution, on risque de voir le déplacement se reproduire sous ses yeux, ou au moins de voir la tète rester sur le rebord du détroit, et par conséquent dans une présentation indirecte du sommet.
§ 5. — La méthode de faire la version du fœtus dans le sens de la flexion est la plus facile et la plus rationnelle, aussi doit-elle être préférée ; mais nous croyons qu'on peut l'obtenir aussi en faisant suivre au fœtus une marciie opposée.
Dans le cas que nous venons de décrire, en effet, on imprime au fœtus un mouvement de rotation qui fait marcher la tête la première ; on pourra cependant arriver quelquefois au même résultat en faisant aller les pieds en avant. Pour cela, on n'a qu'à imprimer au fœtus un mouvement qui tende à augmenter la flexion. Un exemple va rendre la chose plus claire.
Supposons que }e siège du fœtus soitplacé devant le détroit sans y être engagé, et que le dos soit tourné du côté gauche de la femme, on aura alors la tête du fœtus aussi à gauche et à la partie supérieure de la mUrice. On aura prise, par conséquent, sur la tète et sur une partie du tronc. Pour faire la version, on imprimera à la tète un mouvement de haut en bas, et au tronc un mouvement de dehors en dedans. Si le fœtus peut se mouvoir, alors il tendra à diriger les pieds à droite et en
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baut, el il peut arriver ainsi à avoir la tôte tout à fait en bas. Dès que le trône du fœtus serait accessible au palper du côté droit delà femme, on lui imprimerait un mouvement de bas en baut qui aiderait la version.
Nous décrivons ce procédé parce que nous le croyons possible dans les cas surtout où il y a beaucoup d'eau amniotique ; mais nous n'avons pas encore eu l'occasion de le mettre à exécution.
Le premier procédé nous a^^ant bien servi jusqu'ici, nous nous y sommes tenu exclusivement.
Autant les récidives des présentations indirectes du sommet sont fréquentes après la réduction, autant celles d'une présentation du siège après la version cépbalique sont rares ; c'est tout au plus si elles restent en présentations indirectes du sommet, et que l'on peut réduire comme si elles étaient primitives. Les récidives, cependant, peuvent arriver quelquefois; et alors elles ont plusieurs causes, dont les principales sont une grande mobilité du fœtus, le peu d'évasement du segment inférieur de l'utérus, une forte incbnaison de cet organe; mais surtout un rétrécissement considérable du détroit supérieur.
Lorsque le fœtus est mobile, et qu'il y a récidive après une première version, il faut y revenir une ou plusieurs fois. Dans un cas semblable, c'est seulement après avoir opéré trois fois la version que le fœtus s'est enfin maintenu en présentation directe du sommet. Ici la version était très facile à cause de l'abondance des eaux amniotiques. Dans le cas de nouvelles récidives, il faut maintenir le fœtus par une ceinture adaptée àceteffet, et dont nous parlerons plus loin. Si, malgré ces moyens, la présentation du siège se renouvelait, ce qui est rare, il faudrait profiter de la mobilité du fœtus pour pratiquer la version au commencement du travail, et la maintenir jusqu'à ce que la tête se soit engagée dans le détroit. Si la dilatation est complète ou près de l'èlre, on perce les membranes pour mieux fixer la présentation.
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Lorsque la récidive tient à une forte inclinaison de l'ulérus, on comprend bien qu'elle se renouvellera tant qu'on n'aura pas remédie à la déviation de cet organe, ce qui s'obtient encore par la ceinture hypogastrique.
L'évasement du segment inférieur de l'utérus a lieu en partie parle poids que le fœtus exerce sur ce point, et l'on comprend que si la tête ne repose pas sur l'aire du détroit supérieur, son poids ne peut plus favoriser cet évasement. Ce qu'il va à faire pour le favoriser, c'est donc de le maintenir sur ce détroit à la faveur de la ceinture bypi-gastrique. Un cas seul peut y mettre obstacle, c'est celui de l'insertion du placenta près du bord de l'orifice. Le paquet placentaire, qui aura été souvent alors cause de la mauvaise présentation, s'opposera aussi à l'évasement, bien que l'orifice interne reste à découvert. Ce sont ces cas qui offrent fréquemment des hémorrbagies pendant le travail, mais où la grossesse n'arrive pas moins assez souvent à terme.
Enfin, les récidives qui tiennent à un rétrécissement du détroit supérieur ne peuvent pas nous donner un accouchement physiologique, et sortent, par conséquent, de notre cadre.