‹ Essai sur l'accouchement physiologiqueChapitre 52 sur 84 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

DE L'ACCOUCHEMEIKT PHYSIOLOGIQUE.

§ 1. — Après avoir assisté aux préparatifs que fait la nature pour avoir un accouchement physiologique, et l'avoir secondée par les ressources de l'art lorsqu'elle était incapable de se suffire par ses propres forces, nous arrivons à l'accouchement lui-même.

Nous ne savons pas quelle impression nous avons dû produire jusqu'ici sur l'esprit du lecteur ; mais si elle n'est pas favorable au sujet que nous traitons, la faute en est à nous seul. Quant au sujet lui-même, il est, nous osons le dire, trop vrai pour qu'on ne le regarde pas comme tel.

Nous l'avons reconnu vrai au point de vue de la philosophie, de la morale et de l'humanité; au point de vue de l'économie sociale et domestique. Nous l'avons reconnu vrai en anatomie et en physiologie humaines et comparées, en hygiène comme en pathologie ^ au point de vue théorique comme au point de vue clinique, dans l'ensemble comme dans les détails ; et puisque la vérité est toujours identique, nous l'avons reconnu vrai partout: aussi l'accouchement physiologique n'est plus pour nous un vain mot ni même une idée, c'est un fait immense qui, pour avoir un meilleur sort, aurait dû être exposé par une plume plus exercée que la nôtre, et dirigée par un esprit plus pénétrant.

Quant à nous, nous avons seulement la force que donne la conviction, la force que la vérité donne aux faibles eux-mêmes, mais une force qui s'accroît tous les jours par l'élude du sujet.

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Ce n'est pas qu'il nous ait fallu un grand travail d'esprit pour réunir les matériaux qui font l'objet de ce volume. L'idée mère une fois établie, nous avons vu apparaître aussitôt une infinité d'autres idées. Les connaissancesobstétricales que nous avions acquises, l'observation des faits les plus nombreux et les plus variés, tout est venu, pour ainsi dire, se grouper de luimême autour de l'accouchement physiologique. Ce qui était disparate et inexplicable dans l'obstétrique ordinaire, vient trouver ici sa place naturelle. Il nous en a coûté de briser avec bien des idées que nous avions reçues de nos maîtres et des principes déjà établis dans la science; mais, entraîné par l'évidence des faits, nous avons dû nous laisser guider par le sujet lui-même. Aujourd'hui l'accouchement physiologique est pour nous si évident, que nous regrettons de n'avoir pas reconnu plus tôt une vérité si facile à découvrir, et nous sommes surpris qu'on ne l'ait pas formulée avant nous.

Si le lecteur, malgré les sympathies que peut lui inspirer ce sujet, ne partage pas encore notre avis, nous n'en sommes pas étonné ; nous nous sommes défié nous-même tout d'abord d'un sujet si étrange en apparence ; mais que le lecteur n'en soit pas découragé, nous croyons pouvoir répondre que s'il cherche la vérité de bonne foi, il adoptera l'accouchement physiologique. S'il n'a pas pu être convaincu jusqu'ici, il le sera peutêtre par la suite, et si toute la lecture de ce Hvre n'était pas capable de le convaincre, il ne renoncera pas encore à cet accouchement. Qu'il lise alors dans le livre de la nature où nous avons puisé notre propre conviction , et ce livre lui en dira plus que nous n'avons pu le fairje nous-même.

Voici, en attendant mieux, ce que l'observation nous a permis d'établir jusqu'ici.

§ 2. — Le travail de l'accouchement, comme nous l'avons déjà fait pressentir, offre à considérer plusieurs degrés.

Dans le premier, il se fait de la manière la plus physiolo-

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gique, c'est-à-dire assez promptemerit, sans difficulté et sans douleur bien sensible.

Dans le deuxième degré, il se fait avec un peu de difficulté, et avec des douleurs, mais dans des limites qui sont conciliables avec la santé de la mère et de l'enfant. C'est-à-dire que dans le langage vulgaire, on pourrait appeler cet état une indisposition plutôt qu'une maladie.

Dans le troisième degré, le travail devient manifestement un état pathologique par les conditions dans lesquelles il se fait pour la mère et pour l'enfant, ou par celles dans lesquelles il laisse l'un et l'autre.

Cet état est la limite à laquelle intervient l'art pour tâcher de ramener la nature aux voies physiologiques ou pour la remplacer tout à fait, si c'est possible, plutôt que de laisser la mère et l'enfant dans les conditions que nous avons indiquées.

Nous avons donc à étudier de près les phénomènes naturels de l'accouchement et ses suites, pourlesmieux seconder dans leur exécution, et pour les remplacer artificiellement au besoin quand il s'agira de le faire dans l'intérêt de la meilleure conservation de la mère et de l'enfant.

Mais l'accouchement, quelque physiologique qu'il soit, est toujours le résultat d'une cause occasionnelle que nous devons tâclier d'apprécier. Tout est prêt pour que cette fonction s'accomplisse, et, à la rigueur, les phénomènes mêmes qui ontprésidé à sa préparation suffiraient à la longue pour le déterminer. Le vase est plein, il ne faut plus qu'une goutte pour le faire déborder. Eh bien ! il est utile de connaître qu'elle est cette goutte; car, de sa présence seule dépendra le dénoûment qui se prépare depuis neuf mois; à plus forte raison, devonsnous cormaître les causes qui peuvent précipiter ce dénoûment, et faire manquer le but de la nature.

Avant de commencer l'étude de l'accouchement le plus phy-

DES CAUSES DE l'aCCOUCHI.MEN'1 . 231

siologique, nous allons donc étudier les causes de l'accouchement en général.

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