‹ Essai sur l'accouchement physiologiqueChapitre 72 sur 84 · DES SOINS A DONNER PENDANT L ENGAGEMENT · texte numérisé non relu

DES SOINS A DONNER PENDANT L ENGAGEMENT

Tant que la tête va et vient, il ne faut guère s'en inquiéter ; c'est qu'il y a assez de résistance de la part du périnée pour ne pas craindre une déchirure. La pression, se faisant sur une masse assez considérable, est répartie sur tous les tissus, la dilatation est moins douloureuse et expose moins aux accidents. Si l'on soutenait le périnée pendant ces mouvements, on contrarierait la dilatation et l'on prolongerait inutilement le travail. Cela n'empêche pas cependant que l'on ne tienne la main légèrement appliquée sur cet endroit, pour être plus promptement en mesure de retenir la tête si elle avançait trop pendant une contraction et qu'elle menaçât ainsi de déchirer les parties.

Lorsque la tête a franchi le détroit inférieur, et qu'elle reste fixée au-devant de lui, ou qu'elle le franchit pendant une contraction sans s'y être arrêtée, il faut surveiller le mouvement d'expulsion pour retenir la tête si elle avançait trop rapidement. Pour cela, une main soutient le périnée de manière à recouvrir un peu le bord tranchant de la fourchette où se font les déchirures, l'autre retient directement la tête en appuyant sur le cuir chevelu.

Pendant le temps du dégagement, il faut engager la femme à modérer ses contractions, et c'est pendant ce temps, il faut le dire, que l'inhalation, émoussant la douleur, est un modérateur des contractions volontaires de la femme.

La partie palmaire de la main qui appuie sur le périnée distendu ne sert pas seulement à le rendre plus fort , elle empêche que l'amincissement se prononce davantage sur ce point et force les tissus voisins à prendre part à la dilatation.

Lorsque nous assistons une femme au moment du dégagement, non-seulement nous nous conformons à ces préceptes, mais nous avons soin d'écarter successivement avec la pulpe du doigt les bords de la vulve sur les points où elle paraît être poussée en avant sans se dilater. Celte manœuvre, faite sur-

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tout au commencement de la contraction, facilite l'avancement de la tète et n'est pas douloureuse. Elle est fort utile pour faire chevaucher de l'occiput l'angle supérieur de la vulve, lorsqu'il a de la tendance à coiffer la tête pour se porter avec elle en avant, au lieu de se dilater.

Il nous est arrivé quelquefois de saisir la tête par les parties latérales avec les doigts, de la tirer en haut et d'en faciliter ainsi le dégagement en faisant avancer l'occiput.

Le périnée, comme nous venons de le faire comprendre, doit être soutenu, non-seulement pendant l'engagement du sommet à travers la vulve, mais pendant le passage du front et*du menton. Une main reste alors libre pour soutenir la tête de l'enfant pendant que celle-ci fait la rotation extérieure , et Tautre est prête à soutenir le périnée pendant le passage des épaules.

Quand on agit avec précaution, on est étonné de voir que, même chez les primipares, il est presque toujours possible d'avoir un accouchement sans déchirure des parties molles.

Le reste de l'accouchement, pour la mère comme pour l'enfant, n'offrant rien de remarquable qui n'ait déjà été soigneusement indiqué par les auteurs , nous n'avons pas besoin de nous y arrêter.

ARTICLE IV

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