DU BUT DE L*OBSTÉTRIQUE
n'a pas de lois à étudier, qu'elle est un empirisme ou qu'elle est une pure œuvre de la main ? Cette idée ne pourra pas être admise par les personnes qui ont approfondi cette branche des connaissances médicales, et, pour être juste , il faut dire que l'obstétrique a sa partie scientifique , c'est-à-dire ses lois à étudier et à suivre, et là elle est certaine, comme peuvent l'être toutes les autres sciences naturelles; tenant même un peu des sciences physiques par le mécanisme de l'accouchement , elle leur emprunte un degré de certitude qui peut manquer à d'autres branches médicales ; ensuite elle a une autre partie qui est l'application de la première, et qui constitue l'art obstétrical.
Les lois du monde physique ayant été bien étudiées , les arts mécaniques ont été poussés à une très grande précision. Les lois du monde moral et intellectuel ayant été ou pouvant être moins précisées , à cause surtout de la liberté de l'homme , qui est si versatile , elles sont les moins avancées, et il y aura toujours sur la terre, peut-être, des religions, des mœurs, des lois, des habitudes différentes , etc.
Les lois du monde vital , qui tiennent le milieu entre les précédentes pour leur degré de développement, tiennent aussi le milieu pour leur degré de certitude , et plus leur partie scientifique fera des progrès, plus l'apphcation en sera étendue et certaine. La partie scientifique est donc la plus importante et la première dont nous devions nous occuper.
Nous venons de voir il n'y a qu'un instant quel était le but de la nature dans la période de la vie humaine que nous étudions, nous venons de voir aussi quels sont les meilleurs moyens à mettre en usage pour les réaliser; nous allons voir maintenant si telle a été tout à fait jusqu'ici la marche qu'on a suivie dans l'étude de l'obstétrique.
là t>ROLÉGOMÈNËS.
ARTICLE II
DES RÉSULTATS qu'on A OBTENUS EN OBSTÉTRIQUE.
§ 1. — Les physiologistes et les accoucheurs sont d'accord pour dire que l'accouchementest une fonction physiologique, et ils appellent spontané ou naturel l'accouchement qui se fait par les seuls efforts de la nature : tels sont ceux qui se font par la présentation du sommet, du siège et de la face. La présentation du tronc seule ne serait pas naturelle. On a vu cependant ces derniers accouchements se faire accidentellement par les seuls efforts de la nature comme on voit se faire accidentellement contre nature les accouchements par la tète , le siège et la face, et qui nécessitent alors l'intervention de l'art.
Nous entrerons dans les détails à mesure que nous avancerons dans ce volume; pour le moment , nous ne parlerons que de la douleur , des efforts de la femme et de la durée du travail de l'accouchement qu'on appelle spontané ou naturel.
§ 2. — Les douleurs , nous dit-on , quoique distinctes des contractions utérines , les accompagnent et sont inhérentes comme elles à l'accouchement spontané. Peu intenses lorsque la dilatation du col conamence, elles sont ordinairement assez vives à la fin de cette dilatation ; mais elles le sont surtout à un très haut degré pendant tout le temps de l'expulsion , et c'est pour indiquer leur summunn d'intensité qu'on a donné aux dernières le nom de conquassantes. Les femmes ne montrent pas seulement l'intensité de ces douleurs par leurs lamentations pendant le travail, elles sont d'accord, même longtemps après, pour déclarer que jamais douleur n'a égalé celle que l'on souffre pendant l'accouchement. Ces douleurs trouvent ensuite de l'accroissement dans l'appréhension de la femme , dans le degré de sensibilité de^son système nerveux et dans la longueur du travail. Ces douleurs de l'accouchement