‹ Essai sur l'accouchement physiologiqueChapitre 82 sur 84 · C. dos · texte numérisé non relu

C. dos

(*) La contraction utérine est peu intense.

(**) La position sur le côté gauche diminue les douleurs de reins sans changer la période de 3 minutes.

(***) Petite: au toucher, dilatation presque complète. La douleur occupe le pourtour ombilical.

Les douleurs continuent d'être rapprochées, mais petites, au point que

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la tête, fixée, ne laisse même pas bomber la poche des eaux pour pouvoir la déchirer. Cette poche est rompue artificiellement à minuit 50 minutes, et nous vérifions une première position du sommet. Nous aidons, après quelques instants, à faire chevaucher le bord utérin de la tête en avant ; mais les douleurs, quoique fréquentes, sont peu fortes, et à deux heures la tête n'avançant pas, nous appliquons le forceps : d'abord la branche gauche avec facilité, la droite un peu plus difficilement; nous avons dû retirer cette dernière pour la remettre, et enfin, après les avoir articulées, nous avons tiré la tête pendant la douleur. Le périnée, soutenu, n"a pas été déchiré. La rotation s'est faite l'occiput vers la cuisse gauche.

L enfant, du sexe masculin, vivace, de grandeur moyenne, offre une bosse sanguine sur l'occiput, ce qui prouve que le travail n'avançait pas. Nous avions constaté, du reste, par le toucher, avant et pendant les douleurs, que ce retard ne dépendait ni de la résistance du périnée, ni de l'ankylose du coccyx, ni du manque de flexion.

Délivrance naturelle à deux heures et demie. Le placenta et le cordon n'offrent rien de remarquable. Elle passe bien le reste de la nuit, elle dort. Le 24. au matin , elle est très bien ; elle a eu quelques tranchées sur le flanc droit, où se trouve la matrice. Cet organe est de moyen volume, peu de perte, pas de fièvre; les jours suivants, elle prend les poudres, ne voulant pas garder son lait. Le 26, ses seins sont un peu distendus ; pas de fièvre , quoique les seins soient sensibles au toucher. Frictions d'huile camphrée, ouate. Le 27, très bien; elle mange une demie, elle s^est déjà levée avant notre arrivée et sans notre ordre : lochies toujours rouges. Le 28, pas de fièvre, seins toujours gorgés' et légèrement douloureux. Le 29, les seins continuent à être gorgés, pas de fièvre. Nous lui donnons 45 grammes d'huile de ricin. Les seins moins douloureux le 30 , pas de fièvre, les lochies continuent; on continue les frictions d'huile camphrée et la ouate. Elle quitte l'hôpital bien portante, le 1^" octobre, laissant son fils à l'hôpital. Les seins sont tout à fait dégorgés.

Obs. XXVJII. — Pauline B. .., native d'Ersa, domiciliée à Baslia depuis peu d'années, âgée de vingt-trois ans. Elle entre à l'hôpital le 2 octobre 1854.

Tempérament sanguin, constitution robuste. Menstruée à seize ans, ses règles sont arrivées mensuellement à jour fixe jusqu'à vingt ans. Depuis elles ont continué tous les mois, mais tantôt avançant et tantôt retardant de quelques jours ; elles duraient toujours huit jours; assez la nuit et très peu le jour. Chaque menstruation était précédée de deux ou trois jours de fortes douleurs au bas-ventre, et elles reparaissaient pour autant de temps après la disparition des règles.

Elle n'a eu qu'une fièvre rhumatismale avec pleurodynie, il y a deux ans; jamais de pertes blanches ni d'autres maladies de matrice.

Pas de maladies nerveuses. Primipare.

Elle s'est aperçue de sa grossesse par le dérangement des voies digestives (vomissements bilieux), peu d'appétit, pas d'envies ni autres bizarreries ; ses règles ont paru pour la dernière fois au milieu de janvier

OBSERVATIONS. /i^5

(1853). Elle croit être restée enceinte dans ce même mois parce qu'elle ressentit aussitôt un poids douloureux au bas-ventre. Deux jours après ses règles, elle a vu son amant pendant trois jours qu'il est resté auprès d'elle, et depuis il est parti pour plusieurs mois, de sorte que la fécondation aurait eu lieu entre le 22 et le 25 janvier. Elle a senti les premiers mouvements actifs en juin, mais elle prétend les avoir même perçus au cinquantième jour, et puis ils auraient cessé pour reparaître au cinquième mois. Lorsqu'elle est couchée, elle les sent dans le haut et surtout à droite; ils sont plus dispersés et sont plus bas lorsqu'elle est debout. Elle se rappelle que le troisième mois, le quatrième et le cinquième, elle a vu même un peu de sang à l'époque menstruelle, ce qui lui fit croire qu'elle n'était pas enceinte. Au mois de mars, elle mit dix sangsues à la vulve, elle prit des ferrugineux, etc. Le 1 5 septembre, elle a eu des envies de vomir, vertiges, etc. Elle sent un poids au bas-ventre, sans autre sensation, avec des envies fréquentes d'uriner (comme à l'époque menstruelle). Elle n'a pas de gonflement sensible aux jambes. Les signes rationnels indiqueraient une présentation du sommet, mais la position en occipito-iliaque gauche n'est pas très claire.

Mensuration. — Son ventre, volumineux et arrondi lorsqu'elle est debout, a été peut-être altéré par les corsets qu'elle a portés jusqu'au septième mois révolu, et au moyen desquels elle a complètement caché sa grossesse ; les dimensions de son bassin la facilitaient pour cela. Le diamètre transverse de l'utérus est de 0,25, et lecartement des épines iliaques antérieures est de 0,30. Longueur totale du corps : 1 ,57, et 0,80 des pieds aux grands trochanlers. L'ombilic est à 0,26 et le fond de l'utérus à 0 , 3 6 du pubis ; le ven tre a 0 , 1 7 de saillie. Bassin symétrique à la palpation .

Palpation. — L'utérus, volumineux, occupe la ligne médiane, la femme debout, mais le paquet fœtal est plutôt à droite qu'à gauche. La tumeur du tronc, ou plutôt du siège, occupe la partie supérieure du ventre (femme couchée) et à droite, et fuit sous la pression pour revenir lentement. On sent par là que les eaux amniotiques sont abondantes: on ne peut pas bien suivre le tronc, mais on sent au détroit supérieur la tête au ballottement simple et double. Du premier coup on sent même l'occiput sur le pubis gauche, mais qui rentre sur l'excavation à la plus petite pression. Décidément c'est une présentation du sommet en occipito-iliaque gauche antérieure.

Cet examen était fait le 2 octobre au soir. La femme, qui eût été fatiguée par la douleur des reins si elle fût restée au lit, a passé presque toute la nuit debout. Elle a eu aussi des douleurs au bas-ventre.

Le 3, au matin, nous retrouvons à la palpation une tumeur (siège) en haut et un peu à droite de la ligne blanche ; la tête est toujours au détroit, mais les mouvements actifs les plus fréquents sont à gauche et un peu plus bas que la tumeur de droite. Ceci semblerait faire croire que le fœtus le matin, s'est tourné en occipito-iliaque droite postérieure.

AuscuUalion. — Le bruit fœtal otîre 128 pulsations; il est entendu (maximum) entre l'ombilic et le pubis, plus à droite qu'à gauche, de sorte que l'occipito-droite serait confirmée.

notation artifioeUe. — La quantité d'eaux amniotiques rendant les mouvements du fœtus faciles, nous relevons la partie inférieure de droite à gauche pendant que nous prenons la partie supérieure de gauche à droite, et aussitôt le grand diamètre du fœtus se fait oblique de haut en bas et de droite à gauche. Ceci nous prouve que les positions, avec des conditions semblables, peuvent changer facilement. Pendant cette rotation, une douleur des reins au bas-ventre survient et s'accompagne d'une contraction utérine manifeste. Le bruit de souffle est très sensible dans la moitié gauche de la matrice, tandis qu'il l'est à peine près de larcade crurale droite.

Toucher. — Le vagin et la vulve ne sont pas beaucoup humectés par des mucosités. Le col est très mou, mais allongé; il est dirigé à gauche; le doigt ne peut encore y pénétrer. Cependant le bord de l'orifice externe n'est pas tranchant, comme chez les primipares. La flaccidité du segment interne permet à peine de toucher le sommet en avant et à droite. Je ne puis pas l'atteindre ailleurs. Je ne mesure pas le détroit, parce que rien n'indique qu'il soit étroit; tout, au contraire, démontre qu'il est large dans tous les sens.

Cette femme a des douleurs passagères, tantôt au bas- ventre, tantôt aux reins ou ailleurs et séparément. La douleur du bas-ventre correspond à gauche près de l'aine. Elle passe bien la nuit, et le 4 elle ne souffre presque plus, ce qui pourrait être attribué à la rotation artificielle. Les jours suivants elle a été bien pour les douleurs du ventre, mais elle a souffert la nuit détouff'ements, de toux; les jambes sont bien enflées; elle est dans une sorte d'inquiétude le 9 octobre; elle sent des mouvemenls douloureux dans les deux fosses iliaques ; la grosseur de son ventre et son affaissement au milieu lui font croire qu'elle a une grossesse double.

Revenant à la palpation, je reconnais qu'il s'agit d'une occipito-iliaque droite, transverse ou antérieure. L'enfant s'est encore déplacé et je refais la rotation : je ramène le dos fœtal sur la ligne blanche et même un peu à gauche, mais les pieds frappaient toujours aussi à gauche ; toutes ces manœuvres de rolation artificielle se font sans douleur. Cette position maintenue , et le haut du tronc et les pieds poussés en bas et en dedans, la femme a senti d'abord un mouvement actif du pied à droite, ce qui ferait supposer qu'un pied était déjà allé à droite. J'ai maintenu pendant a.ssez longtemps cette position, en imprimant toujours une rotation favorable à l'effet que je voulais produire; et, en efi'et, le pied qui frappait encore en haut et à gauche de la ligne blanche a disparu, et nous n'avons plus senti de mouvement des pieds qu'en haut et à droite. Ceci fait voir que si l'on met le tronc dans une position convenal)le , les membres peuvent être gênés dans cette position, mais ils finissent aussi par se placer dans la direction du tronc. Après avoir attendu assez longtemps pour nous assurer du fait, après que la femme elle-même a assuré ne plus éprouver les mômes sensations, après la disparition des deux douleurs inguinales ou des flancs, après avoir senti le cœur à gauche de la ligne blanche, etc., etcj'ai placé un bandage de corps avec un petit coussin en bas et en avant à droite, et un autre en haut et en avant à

OBSERVATIOISS. liliJ

gauche. Je reste près d'une heure encore auprès de la malade, et elle dit toujours sentir les coups de pied à droite et en haut, qui ne sont pas aussi douloureux que lorsqu'ils étaient à gauche.

Cette femme, qui depuis bientôt un mois était très inquiète, ne pouvait pas dormir la nuit à cause de la dyspnée, de la toux , des douleurs aux flancs; qui ne pouvait plus rien manger, qui avait pâli, et à laquelle, pour faire cesser ses pleurs et ses souffrances, nous étions allé jusqu'à proposer l'accouchement prématuré artificiel , cette femme s'est trouvée aussitôt métamorphosée : elle a très bien dormi toute la nuit ; elle n'a plus toussé et n'a plus eu d'oppression ; elle est gaie le 1 1 , et qui plus est, elle sent déjà revenir l'appétit qu'elle avait perdu. Pour donner une idée de son changement, il suffit de savoir ce qu'elle disait ce matin à plusieurs reprises : a Si j'avais une couronne ce matin , je vous la mettrais sur la tête; pourquoi ne suis-je pas riche, je voudrais vous donner des millions ! » Il faut savoir que cette femme n'a presque pas souffert jusqu'au 15 septembre. Elle avait conservé sa fraîcheur, et comme elle dissimulait très bien la grossesse par un corset , elle a trorppé ceux-là même qui la connaissaient. Le 1 5 septembre , époque ordinaire de la menstruation, elle vomit; elle eut des tournoiements de tête, et, depuis cette époque, elle s'est toujours mal portée.

Les jours suivants, elle a été bien, et j'ai reconnu l'occiput à gauche. Dans la nuit du i 3 au 1 4, elle a senti que l'enfant en se redressant poussait à l'épigastre et au bas-ventre, et, le 14 au matin, nous sentons que le fœtus est redevenu à une occipito-iliaque droite, cependant le bassin du fœtus est très haut ; nous verrons si elle souffre encore comme les jours derniers. Il faut savoir que dès le lendemain de la rotation, la femme n'a plus voulu garder la ceinture. Une chose singulière c'est que le bruit de souffle est très étendu, même en avant. Je sens le bassin du fœtus soulevé légèrement à gauche et en haut à chaque pulsation de l'aorte. Je n'avais trouvé ce signe jusqu'ici que lorsque la tête occupait celte place. Cependant le soulèvement du bassin est à peine sensible, tandis que celui de la tête lest beaucoup. Puisque la femme ne souffre pas encore, je ne vois pas la nécessité de refaire la rotation. Le soir du '\ 4, l'enfanta la tête dans la partie droite du détroit supérieur et les pieds dans l'hypochondre gauche; la malade passe bien la nuit. On voit que c'est par suite du volume considérable de la matrice, presque hydropique, et développée dans les flancs peut-être par la pression du corset, que le fœtus exécute tous ces mouvements et déplacements. La nuit du 1 5 au 1 6, elle n'a pas dormi ; elle s'est trouvée de nouveau dans le même état où elle était pour les étouffements, les inquiétudes, etc. Nous nous proposions de refaire la rotation ; mais comme elle passe bien la nuit du 16 au 17, nous la négligeons. Elle ne passe pas mal les nuits suivantes : elle est seulement forcée de se lever souvent pour uriner. Le diamètre abdominal est de 0,265, c'est-à-dire qu'il a grossi de 1 centimètre 1/2 en 16 jours. Elle n'a pas dormi dans la nuit du 1 9 au 20, a eu des envies fréquenies d'uriner, et comme le 20 au matin elle reste au lit en m'attendant, je l'examine au palper et à l'auscultation, et je trouve que la tête est presque sentie dans la fosse iliaque droite,

llhS OBSERVATIONS.

OU du moins sur le rebord du détroit; le dos est recourbé à gauche; le bassin est à gauche et presque au milieu ; on sent le rebord de la hanche près delà ligne médiane, et les pieds dans Thypochondre droit. Je relève le tronc et pousse la tête de manière à réduire la variété occipitale en occipitoiliaque gauche antérieure franche. La facilité de cette réduction me fait voir qu'on pourrait rectifier la position quand on veut ; mais on dirait aussi que le détroit supérieur n'est pas assez large pour encaisser la tête. Deux contractions douloureuses de l'utérus ont lieu pendant cet examen , et comme elles se reproduisent par la friction du ventre, je lui conseille de rester au lit et de se frictionner le ventre. Ma recommandation n'a pas été suivie.

Le 20, au matin, comme nous l'avons dit, ayant bien placé l'enfant en occipito-iliaque gauche antérieure, elle a mieux passé la journée et elle a très bien dormi la nuit, bien que le bibeccio ait soufflé d'une manière horrible. Le 21, elle est bien; la nuit est bonne, seulement elle va trois fois à la selle avec des douleurs au sacrum : il y avait deux jours qu'elle n"y allait pas.

Le 22, elle commence à faire des mucosités et à avoir quelques mouches allant au bas-ventre et aux reins. Le 23, elles continuent, mais pas assez fréquentes pour croire à un accouchement. La position du fœtus est en occipito-iliaque droite antérieure.

La nuit du 1 7 au 1 8, elle a bien dormi, et le 1 8, à 8 h. du matin, ont commencé quelques mouches qui se sont répétées et ont augmenté d'intensité. Ces mouches ont d'abord commencé aux reins exclusivement, puis elles sont descendues au bas-ventre, et à il h. 45 m. elles sont plus fortes au bas-ventre qu'aux reins. La femme reste toujours debout. Elle se promène.

m. 10 s. com. b.-v. >. vont r. fin. r. (*). b.-v. >- r. r.

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