‹ Essai sur l'adaptation des bactéries aux antiseptiquesChapitre 38 sur 51 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Comparaison des données publiées sur l'accoutumance des Bactéries aux antiseptiques.

Si maintenant nous comparons aux observations antérieurement publiées les résultats de nos essais sur laccoutumance des bactéries aux antiseptiques, nous pourrons faire le départ entre ces résultats et ceux de nos devanciers.

Cette accoutumance aux antiseptiques et en général aux conditions extérieures défavorables a été étudiée par un assez grand nombre d’auteurs : DaAxckE [22 bis] signale un Spirillum du fromage qui, cultivé sur gélatine, perd temporairement la faculté de se développer à haute température. KausE et PansiNi [46 bis] ont montré que le Pneumocoque maintenu pendant un temps assez long, dans des conditions de culture non favorables pouvait ensuite se cultiver plus facilement à des températures très basses. Dieuponné [29] de même a amené la Bactéridie charbonneuse à se développer facilement à 10° et à 42°.

L'étude de l’action des antiseptiques a fourni des résultats analogues : outre Kossiakor [46] qui a amené le Tyrothrix tenuis et le Bacillus subtilis à supporter des doses croissantes d’antiseptique, TramBusri [78] a pu faire vivre des pneumocoques dans une solution de sublimé à 1/2000 alors qu’elles ne végétaient en temps normal qu’à

Gazéorri [82] à habitué le Bacillus prodigiosus à l’action de différents poisons, au point que des doses qui, dès le début, supprimaient toute production de pigment, ne la suppriment plus chez le bacille habitué.

Maassen [49] a démontré, dans ces derniers temps, que certaines bactéries peuvent s’accoutumer aux sels neutres et en particulier au chlorure de lithium.

Toutes ces observations s'accordent done à démontrer que les bactéries ont la faculté de s’accoutumer aux conditions de vie défavorables créés par l’action de la chaleur et des corps chimiques.

Aucun observateur ne paraît, avant nous, avoir démontré que les générations bactériennes dérivant de celle qui offre la plus grande résistance aux antiseptiques deviennent de moins en moins aptes à supporter l’action de ces corps. Nous avons caractérisé ce phénomène: en disant que l’accoutumance aux antiseptiques est temporaire.

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