CHAPITRE PREMIER
Méthode et Technique.
Comme nous l’avons dit plus haut, Kossrakorr [46] (1887) est le premier qui se soit occupé de l’accoutumance des bactéries aux antiseptiques. Il rechercha si un microbe qui sort d’un milieu antiseptique est plus ou moins disposé à vivre et à se multiplier dans un nouveau milieu identique au premier, qu'un microbe qui sort d’un milieu très favorable. Pour résoudre cette question, il eut recours à la méthode que Ducraux [27] a qualifiée de méthode des milieux croisés, et qui est la suivante :
« On mettait en train une première expérience, en ensemençant un microbe simultanément dans du bouillon naturel et du bouillon antiseptisé. Généralement, pour de faibles doses d’antiseptique, le développement marchait à peu près parallèlement dans les deux matras, et le lendemain, par exemple, on trouvait deux cultures abondantes. On faisait alors quatre ensemencements croisés, c’est-àdire qu'on ensemençait la culture provenant du bouillon naturel dans un premier matras À contenant de nouveau
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du bouillon naturel et dans un autre matras A? contenant du bouillon additionné d’une dose d’antiseptique supérieure à celle qui avait permis la première culture. On transportait de même la semence provenant du bouillon antiseptisé dans un matras B contenant du bouillon naturel et dans un matras B’ renfermant le même bouillon que 4. On continuait ainsi.
Les matras À donnaient indéfiniment des semences du même âge provenant du bouillon normal ; les matras B pouvaient être comparés aux matras A et donner des indications sur le degré de vitalité que la semence avait emporté de sa culture dans le milieu antiseptisé. Enfin la comparaison de À’ et de B’ montrait si les semences avaient puisé dans cette culture une aptitude plus grande ou plus petite à supporter une dose d’antiseptique supérieure. On recommençait avec les matras À et B° ce qu'on avait fait avec les deux premiers et ainsi de suite jusqu’à ce qu’on arrivât à une dose d’antiseptique ne permettant plus aucun développement » (DucLaux).
Yersin [85], en 1888, étudia l’action des antiseptiques et de la chaleur sur le bacille de la tuberculose. Sa méthode est la suivante. Il mélange une faible quantité de culture en bouillon du tone en question avec une grande quantité de solution antiseptique ; après un séjour Dis ou moins prolongé, quelques gouttes de ce mélange sont diluées dans une certaine quantité d’eau stérile puis ensemencées dans du bouillon neuf. DE CHrisruas [18] adresse à ce procédé la critique suivante : le transport des microbes de la solution antiseptique dans l’eau, le changement brusque de milieu peuvent devenir funestes pour les microorganismes. « On doit craindre, — dit-1l, — que les germes affaiblis, non tués par l’antiseptique le soient par l’eau », et il propose de remplacer l’eau par le bouillon.
Laissant de côté la méthode de Kossrakor qui, au dire