GENRE XI
Ossification des corps lymphatiques.
Il est très- ordinaire de trouver les corps lymphatiques des bronches ossifiés chez les phthisiques : quelquefois ces corps ossifiés conservent leur volume naturel , d'autres fois en acquièrent un très considérable. J'en ai trouvé un du volume d'une noix, qui comprimoit la trachée. C'éloieut sans doute des corps bronchiques ossifiés , i^. que celte tumeur observée par Hildaiius au-dessus du cœur , entre Taorte, la trachée et le nerf récurrent, tumeur formée par une poche remplie de concrétions gypseases dont la plus grande avoit le volume d'une glande ; 2°. que cette autre tumeur pierreuse observée par Baader dans l'angle de bifurcation de la trachée, etc. On trouve quelquefois des corps lymphatiques ossifiés jusque dans l'épaisseur du poumon , le long des ramifications bronchiques ;
Ci) Medic* observât. , t. v, p. 584-
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ils conservent souvent leur couleur noire : j'en ai trouve qui n'étoient qu'à moitié ossifiés. Ce n'est pas la une véritable o'=;s'fication, car ils se brisent comme une substance inorganique , et contiennent souvent dans leur centre une matière piâneuse. — - O'k a vu des concrétions dans '^les corps bro 'cbiqnes, à la suite de phthisie laryngée : Meckelel Ferneleu ont trouvé sur des asthmatiques.
Les corps lymphatiques du mésentère s'ossifient très-souvent : quelquefois on rencontre nn très-grand nombre de ces corps ossifiés chez le même individiv On eu a vu soviveot dans le cas de consomption mésenlerique (i)j ils sont en général formés d'une coque osseuse contenant une matière plâtreuse.
Les corps lymphatiques de l'aine s'ossifient quelquefois. M. FiCimon m'a donné une tumeur osseuse, du volumed'un œuf de poule d'Inde, qu'il a retirée de l'aîne d'une vieille femme ; celte tumeur est formée par une coque osseuse iné* gaiement épaisse, contenant une matière feuilletée, offrant la consistance et l'aspect de la cire dure, et ayant une odeur forte. M. Dupiiytien trouva sur une femme âgée de soixante à
(i) Journal des Savans, 1690. — Ccllect. Acad,, t. ix , p. 87.
soixanle-cinq ans, infiltrée, et C|ui paroissoit avoir eu quelques bubons à i'aîne, uu corps lymphatique inguinal très - dur , de la grosseur d'une noix ordinaire. Ce corps eloit boss.dé et inégal à sa surface. Son tissu etoil formé ' 1°. d'une couche extérieure, osseuse, jaunâtre, épaisse d'une demi-ligne; 2". d'une matière jauuàtre, disposée par feuillets concentriques.
M. Diipuytreji a aussi trouvé des corps lymphatiques ossifiés dans le creux de l'aisselle. L'ossification paroît procéder de l'extérieur vers l'intérieur. Presque toujours ou trouve dans le centre de ces corps une matière non ossifiée.
Un mot sur l'ossification du corps pinéal. Ce petit corps, objet de tant d'hypothèses et de recherches depuis Galien , qui en avoit fait ie siège de l'âme, jusqu'à nos jours, est très-sujet à s'ossifier, à se pétrifier et à se désorganiser; et c'est pour avoir néghgé ces observations qu'oa lui a attribué des fonctions si importantes. Ce - corps est peut être, de tous nos organes, celui qui a le plus de tendance à se pénétrer de phosphate calcaire. Des auteurs célèbres pensent même que naturellement il s'y trouve de petits graviers: ces graviers , plus ou moins volumineux , occupent ordinairement sou cenhe, quelquefois sa partie antérieure. DreUncùrlius rapporte avoir vu ce corps pétrifié du volume
Ifb TRANSF0P.MAT10NS
il'un œuf (Je poule. KingÇi ) a recueilli un grand nombre de faits de ce genre.
Quelle est la cature de ces coDcre'tioiJS? La plupart ne les regardent pas comme de véritables os; du moins les noms de sable, de graviers, de calculs^ arenœ , lapilli^ calcuU^ semblent l'indiquer. Si Descartes eut consulté les médecins, sans doute qu'il eût abandonuë son ingénieux, système qu'il a si bien su embellir. On a trouvé ce corps désorganisé sur des personnes de beaucoup d'esprit , tandis qu'il étoit dans un état parfait d'intégrité cbtz des imbé- ' cilles; il étoit volumineux, graveleux chez P/c de la Mirandole , cet enfant si prodigieux par son intelligence, qui conserva jusqu'au dernier moment l'exercice de ses facultés. — Salzinann (2) rapporte des exemples de douleurs de tête intolérables produites par ces pétrifications; msàs Morgagni y qui discute ces observalions (5) , n'en regarde aucune comme couvaincante* f^iccj - d'Azir (4) a trouvé des concrétions analogues dans le corps pituilaire.
(i) Transact. philosoph. ; 1686.
(2) De Glaîidulosd pineali lapidescente.
(5) Epist. V , 12.
(4) Société royale de Médecine ; 1779-
GENREXII.
Ossifications des parenchymes du poumon^ du foie j de la rate , des reins , du pancréas, etc.
Espèce i^e. Ossification du poumon* Il est une espèce de phtbisle piilmouaire qui est due au développement de granulations cartilagineuses dans l'épaisseur du poumon : c'est la phthisie granuleuse de M. Bayle, Leur volume varie depuis celui d*un grain de millet jusqu'à celui d'un grain de blé ; ils ne dégénèrent jamais, ne sont le siège d'aucun travail intérieur^ ne paroissent produire d'accidens que par leurs propriétés mécaniques , et déterminent l'hémoptysie, le catarrhe chronique, l'ulcération du poumon, la lièvre hectique et la mort. Morgagni^ en poursuivant les divisions des bronches <ians l'intérieur du poumon , les a trouvées osseuses chez des sujets même peu avancés en âge. Litre et J^ieussens ont également vu les rameaux des bronches ossifiés; le premier sur une dame de quatre-vingts ans, celui-ci sur une dame moins avancée en âse.
D'où proviennent les calculs qui ont été quelquefois rejetés par l'expectoration ? Aristote (i)
fO De Part, anim, , /. ni, c. iv.
a VU très souvent des calcuîs dans les poumons des victimes ; Arétée et Galien ont noté les premiers que des graviers avoient été expectorés par des malades. On a trouvé cent fois sur les cadavres des concrétions dans le poumon { i) : leur volume varie beaucoup, depuis celui d'un grain de millet jusqu'à celui d'un œuf de pigeon : il en est qui sont friables, crétacées, semblables à une pierre ponce; il en est d'autres qui sont dures comme un caillou : quelquefois uniques , elles sont d'autres fois innombrables. L'orthopuée , la dyspnée, la phlbisie, sont leurs effets ou suites ordinaires. Malpighi se couvrit de gloire en pronostiquant qu'une femme , qui eprouvoit une grande difficulté de respirer, une petite toux sans expectoration , avoit des pierres dans le poumon , ce que l'autopsie démontra, Pœmiarus a vu avec Gaubius un goutteux qui devint asthmatique lors de la cessation de l'affection arthritique, et qui , à l'ouverture du cadavre, présenta dans le poumon une mar lière blanche , épaisse et gypseuse. Un piithisique crachoit fréquemment de petites pierres, et se trouvoit soulagé chaque fois qu'il les avoit expectorées. A l'ouverture, on trouva les pou-
Ci) Yoy. M0RGAGM,£/?/^/. XV^ 2.5} XVII, l^ ) XXI, I 5;