GENRE IX
Ossification des membranes séreuses»
Le tissu séreux, qui s'éloigne sous tant de rapports du tissu osseux, se transforme cependant quelquefois en ce dernier tissu. Aussi cette transformation est-elle, pour les membranes séreuses , un état maladif qui nécessite souvent plusieurs transformations successives , tandis que, pour beaucoup de tissus, elle semble familière et peu contraire à Tordre naturel.
Espèce 1^^. Ossification de T arachnoïde. Bi" chat (i) couservoit une pièce anatomique où la portion d'arachnoïde qui revêt la dure - mère étoit osseuse en plusieurs points. Cette dernière membrane étoit tout-a-fait étrangère a l'ossilication. — J'ai déjà parlé (Voy. Ossification de la ^z^/e-772ère) de petites granulations osseuses fixées à la face interne de la dure-mère par un pédicule mince ^ et paroissant formées aux dépens de farachnoïde. — Ou lit dans les actes d'j^dimbourg fobservalion d'un jeune homme de Vingt-cinq ans, tourmenté depuis quatre d'une douleur de tête gravative , de vertiges, lipothymies , et par suite d'une manie avec intermittence, de lièvre, de délire et de convui-
(i) Anat. genër. , t. iv, 556.
q2 transformations
siens, au milieu desquelles il mourut. Oa trouva de chaque côté du sinus longitudinal supérieur la pie-mère très-épaisse , calleuse , avant presque la dureté osseuse. (Or, par pie-mère on entend aussi l'arachnoïde). — Morgagnl rapporte qu'il trouva un commenceraentd'ossificatioîulans rarachnoï.le spinale , en voulant démontrer , dans son cours, la moelle et ses membranes. Peut être étoit-oe aux dépens de l'arachnoïde qu'a voient lieu ces ossifications que Haller (i) et Sandifort (jà) placent dans la pie-mère.
EspÈCKii, Ossification de la membrane de Vhwneur aqueuse. Sur l'aveugle dont j'ai fait pins haut l'histoire, j'ai dit que l'iris adhéroit en partie à une lame mince, cartilagineuse , adhérente elle- môme à la face postérieure de la cornée. Celle lame cartilagineuse seroit-elle la membrane de l'humeur aqueuse transformée?
Espèce lit. Ossification de la plèvre. L'cpaississement de la plèvre , sa Irajisformalion fibreuse, (ihro - cartdagineuse , cartilagineuse, sont ass^ez commîmes: son ossification est plus rare. La plupart des individus sur lesquels j'ai rencontré ces diverses transformations avoient succombé à des affections chroniques de la poi-
(i) Haller , Elem. Phys. , t. iv , p. 2i. (2) Obs. anat. paifiol. l , 3.
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~ trine : plusieurs n'a voient présenté aucun symp(ôme du côté des organes thoraciques. Quand les côtes et le sternum sont cariés , la nature, par une prévoyance admirable , détermine l'épaississement , la cartilaginificatiou , rossiticalioa de la plèvre , et protège ainsi efficacement les organes de la poitrine. Cependant il est quelle ques exceptions : telles sont les observations de Galien et de Harvée , qui ont vu le coeur à nu par suite de l'ulcération du péricarde.
J'ai vu la plèvre pulmonaire cartilagineuse dans des cas d'bydropisie de poitrine. Sur ua sujet qui succomba à un rétrécissement de l'orifice auriculo-venlriculairegaucbe, produit par la transformation cartilagineuse des valvules mitraies, j'ai trouvé le poumon droit adhérent au moyen d'un tissu fibro- cartilagineux extrêmement dense , épais d'une ligne et demie deux lignes, formé de deux lames d'inégale épaisseur, séparées par une substance gélaimeuse. Sur un sujet mort de calai rlie chronique , j'ai vu cette substance fibro-cariilagiueuse épaisse d'undemipoucc.
Morgagjil n'a rencontré que deux fois l'ossification de la plèvre : une première f o s sur un vieillard d'une stature exliaordiiiaire, qui succomba à une diarrhée ( cette ossification appartenoil à la plèvre pulmonaire ) , une deuxième^
sur un vieillard de soixante-dix-buit ans , qui mourut le huitième jour d'une fluxion de poitrine , et qui présenta , raro spectaculo , une ossification et une cartilagioitication de la portion de plèvre qui répond au lobe inférieur du poumon gauche. Cette ossification étoit formée par de grandes lames osseuses, hérissées, du côté du poumon, de tubercules osseux, hémisphériques , de la grosseur d\in pois. — Lieutaiid rapporte qu'un phthibique âgé de trente-cinq ans succomba à une fièvre lente avec exacerbations fréquentes et irrégulières. Les poumons éloient dans un délabrement extrême ; la plèvre , qui étoit cartilagineuse dans sa presque totalité et osseuse dans la région précordiale , doubloit l'enceinte osseuse formée par les parois pectorales. — Un homme âgé de quarante-cinq ans, après avoir éprouvé long-temps de la toux et de la difficulté à respirer, succomba au marasme et à la phthisie. A l'ouverture , on trouva la plèvre plus dense et plus épaisse que de coutume, osseuse à la partie antérieure de la poitrine, surtout du côte gauche (i). — -Sur le cadavre d'un asthmatique , la plèvre étoit très-épaisse et osseuse , surtout du côté gauche^ de telle manière que le mouvement des fausses côtes étoit gêné;
(i) Journal des Ërudits.
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jes poumons ëloient aussi malades. (Brimer.) — ^ J'ai vu plusieurs fois des ossificalious par plaques larges, adhérentes aux poumons et aux parois pectorales , inégales par les deux faces, recouvertes de couches fibreuses , cartilagineuses et unies les unes aux autres par une subsîance fibro cartilagineuse. — M. Fouquier ^ trouvé .sur un sujet âgé de quarante-sept ans, mort de pulmonie tuberculeuse, compliquée d'inflammation des poumons , une ossification qui s'étendoit de haut en bas depuis la sixième jusqu'à la neuvième côte, et transversalement du corps des vertèbres à la portion cartilagineuse de ces mêmes côte^. M. Fouquier pense que cette ossification s^est développée entre la plèvre et les côtes. — M. Récamier m'a dit avoir vu le thorax doublé par une membrane osseuse adliërente au poumon. — M. Janin a trouvé sur le cadavre d'un septuagénaire qu'il a disséqué à l'Ecole pratique, en novembre i8i5, le poumon droit adhérent intimement au diaphragme , au mojen d'une membrane odieuse grande comme la main, ayant six lignes d'épaisseur : le reste de la surface de ce poumon étoil libre et séparée des parois thoraciques par une grande quantité de sérosité. En évacuant cette sérosité ou aperçut un corps osseux (out-à-fait libre , flottant au milieu du liquide, à surface lisse, ayant
(jb TRANSFORMATIONS
la forme (î'uae rotule d'adulte , dont îl ëgaloit presque le volume.
EspÎsce IV. Ossification de la séreuse du pericarde* Je n'en conoois pas d'exemple. Je serois cependant porté à croire que plusieurs des ossifications qu'on attribue à la membrane fibreuse appartiennent à la séreuse du péricarde.
. Espèce v. Ossification du péritoine* Le péritoine s'ossifie rarement lorsqu'il est contenu dans l'abdomen ; mais lorsqu'il est déplacé pour former le sac herniaire dans les hernies , il éprouve mille transformations. (Vojez ^Fransfoi mations dans les hernies»^ 11 est extrêmement rare de voir l'épi ploon s'ossifier dans l'abdomen. En voici cependant quelques exemples. Un fille de soixante-treize ans mourut avec une tumeur dans l'abdomen qu elle portoit depuis l'âge de tronte-quatre ans. On trouva que cette tumeur étoit formée par l'ëpiploon , qui pesoit treize livres neuf onces , et étoit si endurci qu'on fut obligé de le scier : elle consistoit en une infinité de feuillets membraneux auxquels adhéroient des globules osseux (i). — Reisel parle d'une femme qui avoit à l'ombilic une tumeur qu'on pritpour un squirrhe de l'utérus ou pour un fœtus mort. Elle mourut après avoir éprouvé
(i) Mém. acacl. desScienc. , p. 34; i755.
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îes plus vives douleurs. A l'ouverture on trouva répiploon pesant vingt-huit livres, formant une tumeur globuleuse qui contenoit des concrétions très-dures. — Riiysch^ Rwièr^e , Dehaen ont vu répiploon pénétré de matières topbacées Cjuiluidonnoient une dnreté cartilagineuse et osseuse (i). — M. de hens a trouvé une concrétion calcaire du volume d'an oeuf de poule fixe'e à l'extrémité de l'épiploon: elle étoit formée de plusieurs couches de diverses couleurs et de diverses consistances. Eller (2) et Marcellus-Donatus (5) rapportent des exemples analogues. Dans un cas d'hydropisie ascite , j'ai trouvé le foie et la rate réduits au tiers de leur volume naturel ; tous deux étoient enveloppés par une / membrane cartilagineuse. Je voulus savoir si c'éloit aux dépens du péritoine ou de la membrane propre qu'avoit eu lieu celte transformaiion. Je pus enlever aisément la membrane cartilagineuse, qui étoit percée de Irons, unie par un tissu cellulaire assez lâche à la membrane propre subjacente , et se continuoit avec le péritoine. ♦ Espèce vi. Ossification de la tunique vagi"
(i) Chopart , Maladies des Voies urinaires, part, ii , p. io3.
(2) Me'nioirei de l' Académie royale de Berlin ) 1 7 55 (5) Opéra , /. iv , cap, xxx , /?. 525.
noie. La tunique vaginale devient cartilagineuse , osseuse dans les vieilles hjdrocèies; ce qui a fait croire souvent à l'exisience d'un sarcocèle. On sait qu'alors l'opération de Thydrocèle par excision est la seule Convenable. On a prétendu que répaississemeut avoit lieu dans le tissu cellulaire extérieur à la tunique vaginale, et non point dans cette tunique elle-même. J'ouvris dernièrement nti vieillard qui avoit dans les bourses une tumeur plus volumineuse que les deux poings réunis, ottïant en avant une fluctuation sensible et en arrière deux tubercules très-dru\'^ : elle étoit facile à isoler de l'anneau : nous jugeâmes que c'ëtoit une bydrocèle OQ une hydro-sarcocèle. Sous la peau, et sous ce tissu qui semble tenir le milieu entre le cellulaire et le musculaire, qu'on appelle dartos , étoit utie membrane tibreuse, peu épaisse, qui recouvroit une membrane cartilagineuse: celte dernière étoit la tunique vaginale : je l'entame avec précaution ; il s'écoule aussitôt une grande quantité de liquide couleur lie de vin, et il reste une matière de même couleur sans consistance , sans cobésion , qui me parut du san^ corrompu. En fenrlant en divers sens la membrane cartilagineuse , qui avoit demi-ligne d'épaisseur, nous vîmes le testicule appliqué sur elle , converti en une lame mince, et con-
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courant à former ses parois. Les deux petits tubercules que j'avois sentis étoient formes par un ëpaississement circonscrit du cartilage dont le centre ëloit osseux. — M. Boyera vu sur le cadavred'un médecin de l'hôpilaldela Charité une concrétion osseuse dans l'épaisseur de la tunique vaginale du testicule gauche : ce médecin avoit encore une hydrocèle , quoiqu'il eût été opéré par injection (i). — M. Marjolin m'a montré une tunique vaginale fibio - cartilagineuse , épaisse , présentant plusieurs plaques osseuses. — On a trouvé plusieurs fois de petits corps cartilagineux libres dans la tunique vaginale. M. Baillie , qui en a vu un exemple , pense qu'ils adhéroient d'abord à la tunique vaginale , de laquelle ils se sont détachés.