‹ Essai sur l'anatomie pathologique en général, et sur les transformations et productions organique en particulier (volume 3)Chapitre 2 sur 25 · XXII · texte numérisé non relu

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mous, le droit surtout, remplis d'une si grande quantité (Je concrétions pierreuses, que tout ce viscère sembloit pe'trifié (i). ^.Bayle a fait une espèce particulière de la phlliisie produite par ces concrél ions : il l'a uomme'e phthisie calcu^ leiise. I»e tissu propre du poumon s'ossifie rarement ; cependant on l'a vu quelquefois. M. le docteur Pavé m'a montré un os assez considérable trouvé dans le poumon d'un cadavre ouvert à la clinique interne de la Charité. Cet os est poreux comme tous les os accidentels, et est bien évidemment foi nié aux dépens du tissu, pulmonaire. C'est encore aux dépens de ce tissu que me paroissent avoir été formés les os caverneux , spongieux, que Garhliep trouva sur le corps d'un homme qui ne s'éloit jamais plaint de douleurs du côté de la poitrine (i).

L'ossidcalion du poumon détermine- 1- elle des accidens ? Baillie rapporte qu'il a vu le poumon osseux chez un individu qui avoit éprouvé de la difficulté à respirer pendant plusieurs semaines ; il croit que l'ossification ne daloit que du moment où l'individu éprouva cette difficulté ; mais ce n'est là qu'une conjecture.

(i) Bulletin de la Société de Médecine; 1807. (a) Miscell, Cur. , dec. m , t. ix , p. 5g , a. x. lu 8

Ïl4 TRANSFORMATIONS

Espèce it. Ossification du thymus. On a observé quelquefois des concrétions pierreuses dans le ihymus des eufans (i). J ai vu chez un enfant le thymus tuberculeux, et en suppuration. Il avoit tout-à-fait l'aspect qu'offre le poumon dans la phlhisie tuberculeuse au dernier degré.

Ossification du foie. Je n'en ai pas trouvé d'observation dans les auteurs. J'ai déjà parlé d'une vieille femme héraiplcigique dont le foie présentoit à sa face convexe des tubercules osseux , inégaux. A quelques lignes de profondeur etoient des lubercuies semblables, tenant tous les uns aux autres. Ou voyoit à côté un vaisseau biliaire assez considérable qui sembloil leur envoyer de petits rameaux. Ces tubercules seroientils des grains glanduleux ossifiés? Bonet (2) rapporte un grand nombre d'observations de pierres trouvées dans le foie.

Espèce m. Ossification de la ^vésicule du fieL Sur le cadavre deCoUolto on trouva la capsule de Glisson presque cartilagineuse, et la vésicule dufiel cartilagineuse , contenant quaranledeux calculs cubiques. Grandchamp a vu à la place de la vésicule du fiel une tumeur du vo-

(1) Baillie , page 112.

(2) Sepulchretum , lib. m , sect. xvii ,

obs. xin.

ET PRODUCTIONS ORGANIQUES. Ii5

inme d'une têle de foetus de six mois : il la divisa en deux parties , et vit qu'elle consistoit en une poche osseuse renfermant une gelée grisâtre et transparente. Cette gelée augraenloit de solidité à mesure qu'on s'éloiguoit du centre , en sorte que celle qui touchoit immédiatement les parois avoit la consistance d'un cartilage j la poche osseuse avoit deux lignes d'épaisseui" , et présenloit deux bosselures élastiques, cartilagineuses. Cette observation doit être rangée à côté de celles qui prouvent que la vésicule du fiel n'est pas indispensable pour l'entretien de la vie.

Espèce iv. Ossification de la rate. En général, les auteurs ne s'expliquent pas très-claireroent sur \^s hansformalions cartilagineuses et osseuses de la rate ; quand ils disent que la rate étoit cartilagineuse en totalité ou en partie , veulent-ils parler de ses membranes ou de son pa* renchyme ? Je crois qu'il n'est question que des membranes ; car les exemples de cartilagiuificaiion et d'ossification du tissu propre sont extrêmement rares. Voici lous les faits que j'ai pu recueillir à ce sujet. Litre montra à l'Académie des Sciences, en 1700 , la rate d'un individu âgé <le soixante ans , qui étoit si dure qu'elle parut pétriHée. Une femme qui succomba à une obstruction des viscères présenta une rate si dure qu'on ne pouvoit l'entamer ( Bar-

Îl6 TRAî^SFORMATIONS

tholin ). — Sur le cadavre d'uo byciropiqiie k"é de soixante ans , on trouva une eau lëtiile et jaunâtre dans l'abdomen ; les intestins, érodés , offVoient des taches gangreneuses ; la rate éloit petite , osseuse et en partie ulcérée ( Baacler^.

Les observations suivantes doivent se rapporter aux concrétions phosphatiques. Une jeune femme étoit toutes les pleines lunes tourmentée pendant trois jours d'une douleur très - vive dans le côté : elle mourut. A l'ouverture , on trouva dans la rate une pierre du volume d'une châtaigne , du poids de trois onces, de la consistance de l'albâtre; elle étoit formée de lames qui se recouvroient comme des coquilles d'oeufs (i). — Une femme de quarante ans, tourmentée par une vive douleur dans la région lombaire et une soitextrême, éprouva une suppression d'urine , et devint hydropique : elle mourut. A l'ouverture ou trouva la rate pleine de calculs ; le rein droit en conleuoit un qui remplissoit tout le bassinet (2). — Vahalva vit une concrétion calculeuse de la grosseur d'une noix , située profondément dans la rate d'un jeune homme âgé de vingt ans. — Charleton dit

(1) Mélanges des Curieux, (a) Idem.

avoir trouvé dans la rate de scorbutiques et d'hjpochondrlaques , une matière larlareuse , sablonneuse qu'il observa aussi dans les artères splénique et coeliaque.Ona attribué à ces ossifications et concrétions beaucoup d'accidens qui eu sont iudépendaus. Nous ne counoissous rien de positif à cet égard.

Espèce v. Ossification des reins. Il existe très-peu d'exemples de transformation cartilagineuse des reins : je n'en connois aucun de transformation osseuse.

M. le docteur Langet me fit voir les reins d'un individu dont je ne connois pas Tbistoire. Ils formoient tous deux une vaste pocbe à laquelle venoient aboutir plusieurs pocbes secondaires. Celles-ci résulloient de la transformation d'un cône du rein et du calice correspondant , et etoient distinctes à l'extérieur par des sillons semblables à ceux qui recouvrent les reins du fœtus. Leurs parois éioient fibreuses et cartilagineuses. Dans l'un des reins à peine pouvoit-on reconnoître çà et là une couche mince de parenchyme blanchâtre ; dans l'autre , le parenchyme éioit en bien plus grande quan-^ tité , et entièrement formé de substance granuleuse qui éloit en suppuration dans quelques points. La suh>lanct tubuleuse avoit disparu. Celte irausforraalioo i dsuîle de la distension du

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tissu rénal par Turine accumulée. Comment la sécrétion de l'urine a-t-elle pu s'effectuer ?

Un quinquagénaire adonné à la crapule est pris tout-à-coup d'ischurie et de douleur gravative dans le rein droit ; il n y avoit point d'urine dans sa vessie. Dix-sept jours après , vomissemens, tuméfaclion du corj)s, perte de mémoire, suffocation, et mort. A la place du rein droit, on trouva un corpuscule du volume d'un petit œuf de poule, endurci et cartilagineux; il contenoit des grumeaux de sang avec des hydalides, et une petite quantité de sa substance étoit en putréfaction. Le gauche étoit trois fois plus volumineux que de coutume , et demi-carlilagineux à sa face convexe ( Schrœckius ).

Une jeune fille de dix-sept ans éprouve , après trois raoisdesuppression de règles, unehémorrhagie utérine et un vomissement de sang énorme : elle succombe. A l'ouverture , on trouve le rein droit placé devaut le sacrum et comprimant l'aorte et la veir)e cave ; son poids étoit d'une livre et demie , sa substance calleuse et comme cartilagineuse. Il restoit à peine des vestiges de 'artè re et de la veine émulgente.

Espèce vi. On a trouvé sur une religieuse les mamelles ossifiées, tellement que le scalpel ne pouvoit les entamer (i).

(i) Miscell. Cur, , dec n , an 6.

ET PRODUCTIONS ORGANIQUES. I ig

Espèce vji. Pancréas, Ou a trouvé plusieurs fois des pierres dans le pancréas. Graaftw. relira sept à huit du volurae d'un poids chiche du corps d'un homme méhincolique, sujet aux tluxions catarrhales. ^1, Portai eu a vu une douz;«ue sur un individu qui succomba à un anëvrysrae de l'aorte. Ces pierres doivent bien être distinguées de ce qu'on appelle eoncrédons pierreuses du cœur et des artères } car elles sont formées aux dépens de liquides sécrétés , tandis que les autres dépendent d'un dépôt de phosphate calcaire. On cite des exemples de pancréas endurcis , comme cartilagineux, pierreux, donnant lieu à des vomlssemens par la compression qu'ils exerçoient sur l'eslomac.

Je n'en connois aucun exemple aulhentique.

Esp È G E V 1 1 1 . Corps thyroïde . Morgagni a v ii dans beaucoup de goitres une portion du corps thyroïde transformée en une matière osseuse (i). J^'alter dit avoir observé des concrétions pierreuses dans le thyroïde (2). — Sur le corps d'une femme âgée , morte d'une attaque d'apoplexie , j'ai trouvé la moitié gauche du corps thyroïde d'une consistance osseuse. Une substance dense , fibreuse enveloppoit celle ossifica-

(i) Epist. L, 5i.

(aj Observ. anat. , p. 55.

lion , qui formoit des kystes contenant une matière gélatineuse.

Espèce ix. Ovaires, On cite quelques exemples de pierres et d'ossification de l'ovaire (i). Dans rhydropisie enkystée de l'ovaire, les parois du kyste présentent quelquefois des plaques osseuses.

Espèce x. Placenta» Une femme enceinte de son quatrième enfant éprouve , au septième mois , un sentiment de pesanteur dans la région ombilicale, accouche à terme d'un enfant trèsbien portant, que suivit immédiatement l'arrièrefaix. La face utérine du placenta étoit ossifiée ; l'ossification avoit trois lignes d'épaisseur et étoit traversée en tous sens par des sillons où se voyoit une substance élastique, approchant beaucoup de la nature du cartilage. Ces sillons formoient comme des articulations qui permirent aisément sa sortie. Chaque portion osseuse présenloit des fibres qui alloient en divergeant du centre vers la circonférence. La face interne du placenta offroiide petites concrétions osseuses placées de distance en distance et irrégulièrement disposées ; ces concrétions présentoient des aspérités

(i) Chopart , Maladies des Voies urinaires, part, n, page 125.

qui s'enfonçoient d'une ligne et plus dans la substance spongieuse du placenta (i).

Cette observation prouve bien qu'il n'y a pas communication immédiate des vaisseaux utérins avec ceux du placenta ; elle combat aussi l'épanchement du sang de la mère dans les cotylédons de cet organe.

Espèce xi. Tissu cellulaire. Ou rencontre irès-souvent dans le tissu cellulaire qui recouvre la face interne du tibia de petits corps osseux analogues, pour la forme et le volume , aux masses adipeuses isolées qu'on trouve dans cet endroit. J'en ai trouvé un du volume d'une lentille, qui me parut une concrétion inorganique. — M. le dqcleur Codel m'a dit avoir vu à l'hôpital Saint -Louis une tumeur osseuse très-volumineuse développéedans le tissu cellulaire souscutané de la partie externe et supérieure de la cuisse. C'est encore parmi les ossifications du tissu cellulaire qu'il faut placer cette tumeur osseuse du volume d'une noisette, de forme irrégulière , qu'on trouva aux environs du muscle demi-membraneux , sur une ramification du nerf scialique, chez une femme qui mourut à la suile d'attaques d'épilepsie. Les observateurs ont re-

(i) Journal de Médecine, de MM. Corvisart, Leroux et Bojer.

122 TR ANSFOPxMATIONS

gardé cette ossification , qu'ils appellent Improprement calcul musculaire , comme la cause de l'épilepsic , et se sont fondés sur ce que les accès parloienl du siège de l'ossification. — Grandchainp trouva chez u^ie femme â^ée de feoixante-dix-huit ans , morte des suites d'une hjdropisie de poitrine , une tumeur osseuse du volume du poing, située sous le péritoine, entre la matrice et la vessie. Cette tumeur , sciée , répandit l'odeur spermatique ; les couches externes étoient ossifiées; les couches internes (dont on n'indique pas la nature) ne l'étoleut pas encore. Cette femme avoit été sujette , dans hs dernières années de sa vie, à des coliques fréquentes et à une rétention d'urine qu'elle ne faisoit cesser que par la position horizontale.

Eller (i) a vu une petite pierre dans la gaine du gros tendon que les muscles extenseurs du genou forment en se réunissant au-dessous du genou.

On dit avoir vu des attaques d'épiiepsie céder à l'ablation de ces concrétions qui portoient sur quelque nerf.

Esi'ÈcE xii. Membranes cutanée et muqueuse. Ou a vu une partie de la peau de la fesse ossifiée chez une vieille femme.Ou a trouvé

(i) Mémoires de l'Acad. royale de Berlin 3 i65S.

Ja membrane hymen d'une consistance cartilagineuse et osseuse.

Bonet dit avoir vu une partie de l'œsophage convertie en cartilage (i). On parle d'estomac cartilagineux ; mais on paroît avoir confondu le squirrhe avec le cartilage.

Espèce xiii. Ossification des testicules» Waltera trouvé le testicule droit d'un homme âgé de cinquante ans transformé en une concrétion dure et terreuse. On a observe dans l'epididyme d'un adulte une concrétion osseuse de la forme et de la grosseur d'un pois (2). M. Guer' bois , dans une traduction récente de l'Analomie pathologique de BailUe , fait mention de deux testicules osseux dans leur centre observés chez un jeune homme âgé de dix-sept ans. M. le professeur Dubois se décida à les emporter surle-champ ; l'un pesoit dix-huit onces, et l'autre dix-sept. Je ne counois pas d'autre observation analogue.

Espèce xiv. Uiérus. Les auteurs ne contiennent aucun exemple de carlilaginification de l'utérus, ce qu'on doit sans doute attribuer au défaut d'idées fixes sur l'acception du mot squirrhe. Mais en lisant attentivement plusieurs

(i) Vol. II, p, 32.

(2) Observ, anat. , cap. 5

obseï valions de squirrhes de l'utérus , on voit que ces prétendus squirrbesne sout autre chose que des cartilages (i).

Les exemples d'ossification et de pierres de Tutérus sont assez communs. Louis {2), dans un excellent mémoire , en a recueilli un grand nombre sous le nom de pierres ou calculs. Je parlerai d'abord des pierres, puis des ossifications.

Les pierres de la matrice ne sout pas rares. Hippccrate (3) nous en a laissé un exemple qui a excité de grandes contestations entre un médecin et un chirurgien. (Voy. Louis). Mais quand celte observation ne prouveroit pas l'exisleuce de ces pierres , celles de Paré, Bartho" lin^ Michel M orus , Louis, Lieutaud y Portai , etc. , ne pourroient pas laisser le moindre doute à cet égard.

Leur nombre varie : quelquefois uniques , souvent au nombre de deux , trois, vingt, trente. Walter en a trouvé sept assez grosses dans la matrice d'une vieille femme (4). Michel

(1) Vojez Ploederer , de Vteri sctrrho ; Gott., 1756. — Journal de Médecine , t, xi. — Sauvages , Nosolog. , t. II. , p. 124. — Hysceralgia ah Osse, Transact. philos. ,

vol. IX.

(2) Acad. Chir. , t. v,

(5) Lib. de Morbis vulgaribus ,sect. vu. (4) Obseiv. anat., cap. m.

Monts (i) en trouva trente-deux dans la matrice et jusque dans les trompes d'une femme âgée de quarante ans, morte d'uue pieuiësle, et éprouvant, depuis quelque temps , de vives douleurs dans le bas-ventre : elles étoient maintenues par différens replis de la matrice. Le volume de ces pierres présente une foule de variétés : le plus petit est celui d'uue amande. Bartholin eu a vu une qui pesoit quatre livres. Eu général, légères, friables, granuleuses, blancbatresou bleuâtres , elles ont quelquefois une pesanteur spécifique égale ou supérieure à celle des os; ce qui, dit Louis, a pu faire regarder ces pierres comme des concrétions osseuses. Souvent libres , elles sont quelquefois adhérentes au fond de la matrice, à son col , à quelqu'un des points de ses parois. M. Portai en a trouvé une du volume d'un œuf de poule , très-adliéreulê au fond de la cavité de la matrice. Il en a vu une autre près de l'orifice de la trompe chez une femme âgée de soixante-cinq ans, qui n'avoit jamais éprouvé de douleurs du côté de l'utérus. Quelquefois elles sont chatonnees. Ainsi Petit retira de la matrice de la comtesse de ""** douze pierres dont les plus grosses étoient cbatonnées.

Je ne connois pas d'expériences chimiques

{i) Acta Erud. Lips. Aug, , 1712.

126 TRANSFORMATlOltS

ffiiles sur ces pierres. Ou connoit l'idée singulière de Michel Morus^ qui regarda ces coucrétions comme étant de la nature des bëzoards, et les employa comme médicamens. Il dit que la dose nécessaire pour provoquer la sueur est d'un demi-gros, assure avoir sauvé la vie à plusieurs personnes par l'usage de ce remède, et se plaint de ne pouvoir s'en procurer davantage.

Ces concrétions ne donnent souvent aucun signede leur préseuce,quelquefois n'en donnent que par intervalles, le plus souvent produisent divers symptômes propres à faire soupçonner leur existence.La sortie spontanée de ces pierres, leur présence conslalée par le Joucher, voilà les seuls signes univoques. L'extraction est l'unique moyen de guérison j mais on ne peut guère y recourir que dans les cas de descente de matrice, et dans ceux oîi l'oi ifice de la matrice , non déplacé, est assez dilaté pour permettre l'iulroduction d'un crochet ou de pinces. Le Journal des Savans (i) donne un exemple peu circonstancié de celte opération : aussi esl-il perdu pour l'ait.

C'est aux pierres de la matrice, et plus souvent peut-être aux corps fibreux devenus cartilagineux et osseux , qu'il faut , je crois , rapporter ce qu'on a dit des môles osseuses. Aussi

(i) Décembre 1666.

ET PRODUCTIONS OKGaMQUES. 12']

Lieiitaud range-t-il parmi les môles osseuses la pierre trouvée chez la baronne de*'*^* , dont les urines avoient élé sanguinolentes , purulenles et fétides. Une autre observation fait menliou d'une môle en partie charnue et en partie osseuse. La femme dont il s'agit , âgée de soixante-sept ans , étoit asthmatique , ressentoit un poids dans l'utérus et urinoit difficilemeul. Un femme de cinquante-sept ans éprouvoit depuis plusieurs années une dischurie fréquente , une difficulté d'aller à la selle, et un sentiment de pesanteur autour des parties génitales. Elle mourut. On trouva dans l'utérus une môle osseuse à l'extérieur, charnue au milieu , et intimement unie aux parois de la matrice.

Le tissu de l'utérus est susceptible de devenir osseux. Les exemples que je vais rapporter sont cités par les auteurs parmi ceux de pierres et de pétrifications. On jugera si j'ai eu raison de les ranger parmi les ossifications. — Bonet parle d'une matrice pétrifiée du poids de sept livres , trouvée chez une femme de trente-sept ans : la rate étoit pierreuse, le f^ie cartilagineux à une partie de sa surface (i). Une femme âgée de quarante ans (2) fut délivrée d'une af-

(i) Sepulchrelum , lib. m, secl. xxi , ohs. lx. (2) Commerce littéraire. iVorem^urg'. /w/, i^Si,

feclîon Lyslërique lors de rapparitlon d'une tu^ meur considérable dans l'abdomen , que Mayr jugea être la matrice. A l'ouverture, on trouva la matrice du volume d'une boule à jouer aux quilles; sous la tunique extérieure , formée par le pe'ritoine , on vit ses parois ossifiées , qu'on fut oblige de casser à coups de marteau : leur épaisseur étoit de quatre lignes ; sa cavité étoit remplie d'une matière purulente sans mauvaise odeur, semblable à du lait épaissi. — F erdier couservoit une matrice pétrifiée dont les parois avoientsix lignes d'épaisseur; son diamètre vertical étoit de cinq pouces quatre lignes , le transversal de six pouces neuf lignesrelie étoitremplie d'inégalités qui ressembloientàdesstalaclites.Oa ne connoît pas les symptômes qu'avoit éprouvés la malade. — LafiLte trouva sur le cadavre d'une femme âgée d'environ soixante aus .une mairice trois fois plus volumineust; que de coutume , dont la surface étoit raboteuse et la substance pétrifiée : une pierre étoit contenue dans sa cavité. — Sur le cadavre d'une femme âgée de trente-sept ans, dont le ventre étoit depuis long-temps dur et proéminent , on trouva un utérus pierreux, du poids de sept livres ; la rafe offroit la même altération j le foie étoit çà et là cartilagineux; le péritoine épais et très-dur , de manière à être difficilement divisé parle scalpel.

M. Portai ta. vu des matrices ossitiées qui élolent encore en partie cartilagineuses. On voit aisément que fai t ue peut rien pour do semblables jualadieSk

GENRE XIII

Pétrification du fœtus.

Louis , Lieutaud , M. Portai font mention de celte pétriticaiion à Tarticle de celle de la matrice. il/or««^lut à l'Académie royale des Sciences, 1748» "u Mémoire sur ce sujet. y^Jlbosius parle d'une femme de soixante-dix ans qui pa*roissoit grosse depuis viugt-huit ans , et dans la matrice de laquelle on trouva un foetus recourbé sur lui-même en orbe et transversalement placé dans son enveloppe calleuse. Tous les viscères de ce petit cadavre étoienlsecs, très-durs, et néanmoins distincts. Les mains et les pieds surtout étoient tout- à-fait pélrifie's et sembloieot de marbre. — Une femme de distinction eut une grossesse qui dura cinq ans ; au bout de ce temps, on retira par morceaux un enfant qui coramençoit à se pétrifier. — Bartholin rapporte qu'une femme âgée de cinquante ans se plaignoit d'avoir une masse pierreuse dans l'utérus : elle éprouvoit le sentiment d'un grand poids à trois travers de doigt au-dessous de l'ombilic; elle mourut subitement en tombant d'un lieu élevé. Ou II. 9

1 3o TRANSFORMATIONS

iroiiva clans l'abdomeQ une tumeur du volume de la 1ère, dont l'enveloppe , très-dure et trèsdense, étolt unie aux parties environnantes par des liens ligamenteux : elle conlenoit un fœtus tjui commençoil à s'ossifier. — M. Mojony professeur d^inatomie à TAcadémie de Gènes , trouva dans Tutérus d'une femme de soixantedix-huit ans, mère de trois enfans, qui avoit toujours joui d'une bonne santé , et ëtoit morte de déciepilLide, une tumeur située dans le petit bassin. Cetie tumeur adhëroit intimement à la vessie, au vngin , à l'utérus , et ëtoit formée par un kyste cartilagineux , contenant un fœtus eniVerement ossifié , qui conservoit la forme et la grandeur d'un fœtus de trois mois environ. M. Mojon a montre cette pièce anatomique à M. Cuvler y lors de son j assage à Gênes.

Que faire dans des cii constances semblables? L'extraction ne peut être proposable que dans des cas particuliers : tel etoit sans doute celui rapporte par Morand. 11 est malheureux qu'il ne soit pas entré dans plus de détails (i).

(i)Il est un genre de Iransforuialions osseuses assez remarquable, (jui comprend loules celles consécutives à d'autres lésions organiques: telles sont les tran forma lions osseuses des corps fibreux, cartilagineux, des polypes, des tumeurs enkystées. Il en est un autre qui renferme toutes les Irans-

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