PREMIER SOUS -ORDRE
Productions pileuses,
GENRE I"
Productions pileuses cutanées.
On parle beaucoup d'individus des deux sexes dont toute l'habitude du corps, certaines régions surtout, étoit hérissée de poils longs et épais. Un grand nombre de nœvimaterni ont pour caractère constant d'être couverts de poils. Que
ET paODUCTlOîSS ORGANIQUES. lyS
penser de l'observatiou suivante (i)? « Une dame » ressent tous les mois une cruelle douleur » de tète , pendant laquelle il lui vient une » assez grande quantité de cheveux blancs qui , » dans une nuit , croissent de la longueur du » doigt. Si on ne les arrache pas avant le qua- » Irième jour , ils rentrent dans le crâne , et la » douleur devient insupportable; mais elle di- » rainue peu à peu si on a soin de les ôter ». — Il est encore bien difficile d'ajouter foi à la production subite de cheveux qu'on dit avoir vus sur tout le corps d'un pendu lorsqu'il ëtoit encore à la potence ; à la conversion totale en cheveux du cadavre d'un individu exhumé quaraote-lrois ans après sa mort (2).
Je sais bien qu'on ne combat pas les faits par des raisonnemens , et qu'il ne faut point les rejeter par cela seul qu'ils sont extraordinaires ou qu'on ne les conçoit pas ; mais au moins a- toa toujours droit d'exiger les conditions qui en établissent rigoureusement la certitude ; et ces conditions n'existent pas pour ceux dont je viens de parler.
(i) Journal des Savansj 1684.
(a) Collect. acad. , t. xi , p. 52o.
l'jS TR AN f5FOIlMATION<5
GENRE II
Produclions pileuses des inembranes muqueuses»
Les auteurs rapportent un assez grand nombre d'observalions de poils trouvés à la surface des membranes muqueuses. Ceux de la conjouclive palpebrale hont très-communs : ils produisent une ophlhalmie qui ne peut cesser que par l'arrachement de ces poils , et la destruction ordinairement très-(3if(icile desLulbes qui leur donnent naissance. L'accroissement considérable des poils de la caroncule lacrymale donne lieu au même accident , et exige le même traitement.
On cite plusieurs exemples de poils trouve's sur la langue , dans l'estomac , les iûtestii.s grêles, le rectum, dans la cavité de l'utérus, du vagin et de la vessie. Je suis bien éloigné de rejeter la possibilité de la formation des poils dans ces parties ; mais la discussion sévère de la plupart des observations que nous possédons à ce sujet ne porte pas du tout la conviction dans mon esprit : le fait suivant, communiqué à la Société de Médecine par M. /^<2r^//2, médecin de Lyon, est un des plus circonstanciés qui existent : il laisse cependant beaucoup à désirer.
ET PRODOdTIONS ORGANIQUES. l'Jf
Uue demoiselle âgée de trente-quatre ans , vil: se supprimer lout-à-coup des dartres humides dont elle étoit affectée depuis Tàge de dix-huit ans. Six mois après, elle fut prise de coliques exliêmement vives , qui s'étendirent dans la direction du rectum, et à la suite desquelles il sortit par l'auus une mèche de cheveux d'un châtain clair tirant sur le roux , quoique ceux de la tête fussent très-noirs. Trois mois après , cette mèche a voit six pouces de longueur; on en fit la sectioa qu'on renouvela tous les deux mois, dans l'ia • tervalle desquels elle grandissoit de plusieurs pouces. A l'âge de quaranle«six ans la malade perd ses règles , éprouve par le rectum un écoulement puriforme abondant , maigrit rapidement, et tombe dans une fièvre hectique qui amène l'œdémaiiedes parois abdominales et des membres inférieurs. L'écoulement puriforme cesse; unelongue constipation, accompagnée de coliques est suivie de l'évacuation spontanée de matières fécales très-dures qui détachent et entraînent la touffe de cheveux , laquelle u'a plus reparu. La malade mourut en octobre i8i i. A l'ouverture, ou ne trouva aucune lésion orgauique des intestins , aucun vestige de cheveux. — Marcheitis avoit déjà parlé de poils trouvés dans le rectum.
Poils dans la vessie. HijypocraCe fait mea-
\'jS TRANSFORMATIONS
lion de pissemeos de poils (i). — Fabrice de Hilden (2) ea rapporte un exemple fort remarquable. — M. de la Rh'ière et le docteur Haiiielin en ont vu dans la vessie. — Un chirurgien anglais nous montra à la clinique de M. ZPm-^ puylren , le 28 juillet i8i4> un calcul urinaire formédephosphale de chaux et de phosphate ammouiacQ-magne'sien , ayant pour noyau une mèche de cheveux. Cette miche ëtoit très-longue ; une de ses extremlte's ëtoit bouclée et sembloit se terminer par un tissu lanugineux ; l'autre exlie'mité ëtoit roide, encroûlëe de phosphate calcaire qu'on avoit pu prendre pour les bulbes des poils. Celle pierre avoit e'té retirée, à Londres , de la vessie d'une dame de qualité , de mœurs pures, qui assura ne s'être jamais rien introduit dans la vessie. Le chirurgien anglais éloit persuadé que cette mèche s'éloit formée dans cet organe , d'aulant plus que sa couleurn'éloit pas celle des cheveux, de la malade^ mais il paroit beaucoup plus probable qu'elle y avoit été introduite. Il est des femmes qui , pour satisfaire des goûls dépravés, ont ])oussé par mégarde des corps étrangers dans la vessie. On a vu des malheureuses le faire pour prolonger leur séjour
(1) Sect.iv, aphor. ^5.
(2^ Cent, y , obs, l.
ET PRODUCTIONS ORGANIQUES. l'^g
dans les hôpitaux ; mais il en est chez qui c'est une espèce de folle : telle e'ioit une dame qui , sans aucun motif raisonnable , faisoit accroire à son mari que des morceaux de porcelaine se formoieni dans sa vessie , et continua long temps son manège, malgré les douleurs que dévoient causer l'introduction et l'expulsion de ces corps étrangers. Telle ëtolt encore cette femme qui fut reçue à l'hôpilal St. -Antoine du temps de Brasdor, et opérée parle bas appareil pour retirer de petits cailloux qu'elle avoit: fait parvenir jusque dans 1.» vessie. A peine guérie, elle répéta la même inlroduclion : nouvelle opération. Enlin elle en poussa un si considérable qu'on fut obligé de recourir à la taille hypogastrique à laquelle elle succomba.
GENRE III
Parlerai-je Ici des prétendus poils développés à la surface du coeur ? Ou allribuoir des coeurs velus aux grands hommes et aux scélérats : on a célébré ceux d'Aristomène , d'Hermogène , de Lysandre, deLéouidas. Les anciens accordèrent un coeur velu au chien d'Alexandre. Nonnus rapporte que les Sabins , lîaiiou belliqueusf avoient tous le cœur hérissé de poils; mais il est probable que par le cœur il entend la poitrine. On doit chercher l'origine de toutes ces fables
î8o TRANSFORMATIONS
dans Homère , qui dit , sans doute mëlaphorîquement, \ct<nov ^«f. Cependant des médecins observateurs plus rapprochés de nous citent des faits analogues. Benivenius fit ouvrir le corps d'un homme dont le cœur étoit couvert de poils. Aniatus Lusitanus parle d'un cas semblable. Bonet raconte qu'on trouva beaucoup de poils sur le cœur d'un Jeune homme qui ëprouvoit une ardeur dans la région cardiaque avec douleur vive au dos. Les journaux de Léipsic fout mention du coeur poilu d'un chien» Weithreclit publia, parmi l'es Actes de PéterS" hourg un mémoire sur les coeurs velus, de Cordibus villosis. Sénac observe que les poils dont il s'agit ne sont autre chose que le produit d^me matière qui se condense , ou , suivant notre langage, d'une fausse membrane ; et tous les modernes sont du même avis.
C'est encore aux fausses membranes et aux concrétions fibrine uses qu'il faut rapporter les prétendus poils que dit avoir trouvés Tyson dans le ventricule droit du cœur , les veines , sur répiploou et les cornes de la matrice d'une chienne (i).
(i) Collect. acad. , partie étrangère , t. ii , p. 52o.
ET PRODUCTIONS ORGANIQUES. l8^
GENRE IV
Productions pileuses enkystées»
L'espèce de production pileuse la plus coni' raune est celle qu'on observe dans certaines tumeurs enkystées.
Espèce i^e. C'est presque toujours dans l'ovaire ou au voisinage qu'on rencontre de semblables kystes. Ga^y^^r/^ £ûfi^//m (i) , Fabrice de Hilden (2), Blasius (3), et une foule d'auteurs cités par Morgagni (4) , en ont rapporte' des exemples. L'ovaire gauche paroît en être plus souvent le siège que l'ovaire droit.
Ces kystes présentent deux, variétés bien distinctes : dans la première , on a trouvé des dents en même temps que des cheveux. — Dans la deuxième, on n'a trouvé que ces derniers.
1 re Variété. Kystes contenant des poils et des dents, — Tyson (5) disséquant avec Mor-ton le corps d'une jeune hlle de condition , vit sur
(i) Theat. anat. , 1. 1 , c. m.
(2) Cent. V , obs. xlviii.
(3) Observ. medic. , part. i.
(4) Epist. XXXIX, 4o-4ï*
(5) Loco cil.
î82 TRANSFORMATIONS
( Voy. Atonies^) Ea général , la nature a si Ijieo^ distribua le tissu adipeux , qu'il ne se trouve. dausaucuQ des lieux où les variations de volume , dont il est susceptible par l'accu naulalioa ou la soustraction de la graisse , poutroient influer sur les fonctions. Ainsi ou ne l'observe jamais autour des artères, dans le crâne, dans l'épaisseurdes muscles, des poumons, des viscères abdominaux, etc. Il est des obésités locales dans certaines parties où il n'existe , dans l'état naturel, qu'une petite quantité de graisse : tels soufc l'épiploon, le mésentère, les appendices graisseuses , le médiastin antérieur , la surface Aw coeur. L'état graisseux de l'épiploon , du mésentère et des appendices graisseuses ne donne lieu à aucun symptôme morbidque ; mais il doit entrer en grande considération dans le cas de hernie : il est rare que l'épiploon et le mésentère, soumis dans cet étal aux causes d'irritation , ne tombent dans une sorte de fonte putride.
Les amas considérables de graisse autour du péricarde compriment le cœur , l'origine des gros vaisseaux : de là , des palpitations et même des syncopes mortelles. Un marchand d'Amsterdam , qui succomba à ces accidens , ne présenta point d'autre altération organique. Com»nient, dit Sénac^ qui rapporte ce fait et pl:U-
' ET PRODUCTIONS ORGANIQUES. l85
sienrs autres analogues (i), reconnoître que les acciclens sont produits par celte cause ? N'accusera-t-on pas plutôt un vice dans les oreillettes , les ventricules , les poumons?
GENRE I"
Tranformations graisseuses*
Espèce i^^. Transfoniiallons graisseuses du cœur. Le cœur est exposé à un embonpoint considérable. Kerkring raconte que sur le cadavre d'un entant très-i^ras qui mourut sufioqué , le coeur parut manquer au milieu d'une quantité énorme de graisse. Bonet cite un exemple analogue. Morgagni parle d'un homme âgé, mort, en quelques jours, d'une attaque d'apoplexie , chez lequel le cœur étoit tellement couvert de graisse, qu'on ne pouvoit duslinguer ses Hbres charnues. Ces transformations graisseuses du cœur sont rares. M. Corvisort , qui a fait tant de recherches sur les maladies de cet organe , avoue n'en avoir jamais rencontré. Voici une observation que j'ai recueillie à l'hôpital Saint-Antoine.
Une femme âgée de cinquante-cinq ans environ , d'un embonpoint extraordinaire , présen-
(i) Structure du cœur, t. n , p. 3:29.
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le pénis , le scrolum , et dft qu'on eu a trouvé dans le tissu lamineux Irès-délié qui sépare la choroïde de la sclérotique. Ita in scroto , in pêne , adipem vidi^ et novirepertum fuisse in tenerâ iUâcelliilosâfahricâ quœ choroîdetn inter esL et scleroticani.
J'ai eu occasion de disséquer Irès-allentivement deux kystes poilus situés à la place des ovaires ; voici le résultai de mes observations : la surface extérieure de ces kystes étoit parcourue par un grand nombre de ramifications vasculaires; leur face interne tapissée par une couche plus ou moins épaisse de la matière con- Jeuue et par un grand nombre de poils adhérens , assez épais , tous blonds , plus ou moins entortillés, courts pour la plupart, les plus longs n'ayant que quatre à cinq pouces. J'ai voulu connoître leur mode d'adhérence ; je n'en ai trouvé aucun qui fut fi'ié par ses extrémités : tous étoient maintenus à une distance plus ou moins grande de ces extrémités ou à leur partie moyenne par une espèce de canal de demi-ligne, deux, trois lignes de longueur: ils étoient libres dans ce canal , oii on pouvoit les faire aisément glisser de l'une de leurs extrémités à l'autre; les parois du kysle étoient fibreuses et ossifiées par plaques irrégulières, dont les unes se voyoient à nu dans l'intérieur du kyste j les autres
ET PRODUCTIONS ORGANIQUES. l85
éloient enveloppées de tous côtés par nue substance fibreuse. Ces dernières plaques étoient inégales ; les premières , lisses par leur face libre, se conlinuoient immédiatement avec le tissu fibreux, qui empiétoit un peu sur leur circonférence. Plusieurs faisceaux de poils éloient contenus dans l'épaisseur de ces plaques dont ils ne pouvoient être dégagés. Les poils non adhérens ëtoient disséminés au milieu d'une matièremolle, conservant la forme qu'on lui imprimoit , immiscible à l'eau , composée de molécules jaunâtres , peu cohérentes ; parsemée de poils trop peu nombreux pour lui donner du liant, classez semblable au jaune d'oeuf durci.
Espèce il Kystes poilus de V utérus. Fabrice de Hilden trouva chez une veuve honnête âgéede cinquante ans , l'utérus rempli en partie d'ichor jaune, en partie d'une matière adipeuse et oléagineuse; et au milieu de celle-ci des cheveux, ou bien une espèce de laine jaiuiâire(i). Sed quod admiratione non -vacat , in niedio ipsius uteri crines ( aut veluti lana flavescens et adiposd illâ materiâ involuLaJ reperti sunt.
Espèce m. Kystes poilus au col, Celse avoit noté (2) qu'on trouve dans les tumeurs enkys-
(i) Cent. V, obs. xliv.
(2) Medic. , l. vu , c. vi.
l86 TRANSFORMATIONS
lées tanlôt des poils, tantôt des os. Il ajoute (i) : qu'entre la peau et la trachée se développent souvent des tumeurs enkystées, que les Grecs nomment bronchocèles , qui contiennent une malière semblable à du miel , de l'eau , et quelquefois même de petits os mêles à des poils. Interâinn etiam mimuis ossibus pili imniisti.
Espèce iv. Kystes poilus de la tête. Maurice Jîoff-inann (2) fut consulté par un malade âgé de vingt-quatre ans, auquel un chirurgien venoit d'ouvrir une tumeur située au-dessus de l'oreille droite. Cette tumeur , qui avoit mis deux ans à se développer, contenoit une matière analogue à du miel, et une mèche de cheveux plus noirs que ceux de la tête : cette mèche naissoilde la partie de la poche qui étoit appliquée à l'os temporal, et ëtoit libre de toute adhérence avec les tégumens intérieurs. Le malade et tous les assistans crioient au sortilège , lorsque Hoffmann leur moutra que la formation de ces cheveux étoit très-naturelle , et éloit due à des bulbes ovoïdes dans lesquels ils étoient implantés. PilorumortuimnonS' travi naturalem esse ex hulhis quibusdam radie alibus sive rotundis ac mucosis capitulis ovali suo involucro implantalis. — Dans le
(i) Cap. XIII.
(2) MiscelL Cur, , dec. n, «. v-
même recueil (i) , on trouve, sous le nom de pliqiœ sous-cuLanée^ l'observation d'une tumeur située à côté de l'oreille , molle, indolente, ayant acquis peu à peu le volume d'un oeuf de poule. Celte tumeur s'ouvrit spontanément , et donna issue à de la sérosité et à des cheveux contournés sur eux-mêmes, de couleur , de longueur et d'épaisseur différentes. Le médecin ordinaire accuse la magie , et envoie chercher Gerbezius : celui-ci ne croit pas devoir recourir à la puissance du diable, parce que cette tumeur étoit venue lentement, s'ctoit accrue sans douleur; parce qu'aussi de l'autre côté exisloit une plique polonaise. 11 pense que les poils n'ayant pu traverser la peau trop épaisse, avoient pris leur accroissement au - dedans et formé une plique 6ous-cutanée.
Esi'ÈCE V. Mor^^^m a trouvé despoils dansl'épaisseur de la lente du cervelet. Intrâprocessum transversum crassioris cerebri nieningis (2).
Espèce vi. J'ai vu extirper à M. Diipuyùren un kysle poilu silué dans l'épaisseur de la paupière supérieure chez un enfant de trois ans. La matière contenue avoit toutes les qualités du beurre fondu : les parois du kyste presenloient
(i) Dec. M^ a. ym; 1689.
(2) Epist, XX , n° 58.
l88 TRANSFORMATIONS
une graude quantité de poils adhéreus, longs de quelques lignes. — Pitet lut devant la Sociélë anatomique une observation analogue. — > M* Zethennann a trouvé une touffe de poils dans un kyste qu'il a extirpé de la paupière supérieure (i).
Réflexions. Comment se rendre compte de ces kystes poilus? Leur fréquence dans les ovaires avoit iàxi penser qu'ils provenoieut de grossesses extra* utérines. L'existence simultanée de dents très-bien organisées sembloil autoriser cette opinion ; mais pourquoi ne resteroit.il du fœtus que les dents elles poils? pourquoi ces parties auroient-elles le privilège exclusif de résister à une absorption qui n'auroit pas respecté les autres os? Nous possédons un asstz grand nombre d'exemples de grossesses extrautérines j et toujours, dans ce cas, on a trouvé des débris de membres , des membres entiers , une grande partie du corps du foetus. D'ailleurs, les kystes avec des poils et des dents, trouvés chez des vierges , dans l'estomac d'un homme , combattent victorieusement tous les argumens qu'on pourroit citer à l'appui des grossesses extra-utérines. Aurons-nous recours à la confusion
(i) Rapport sur les travaux de la Secie'té médicale de Suède, par M. Demangeon. 1810.
des germes , à la pénétration d'un individu par un aulre? Mêmes difficultés.
Pourquoi la formation de poils dans les ovaires auroit-elle lieu par un aulre mécanisme que dans les kystes des autres parties du corps? Répngne-t-il d'admettre que la nature , par un dé ces écarts qui lui sont si familiers , imprègne telle ou telle partie de propriétés qui les mettront en rapport avec les matériaux des poils et même des dents ? S'il lui est si facile de les produire dans les lieux qu'elle leur a assignés dans l'état naturel , pourquoi ne pourroit-elle les produire accidentellement ?
Plusieurs de ces observations nous montrent ces poils implantés par une de leurs extrémités dans une membrane accidentelle très-aoalogue au tissu cutané. L'observalioji de Maurice Hoffmann prouve même que quelquefois ils sont pourvus, comme les poils naturels , d'im bulbe qui leur fournil les matériaux de nutrition. Mais comment expliquer la formation de ceux qui sont libres de loutes parts? Dira-t-on qu'une membrane cutanée exisloit dans le principe, mais qu'elle a été détruite? L'observaîion rapportée plus haut ( Productions cutanées ) , eu nous montrant une partie seulement du kyste tapissée par une membrane cutanée , conlirme cette explication ; mais combien de fois n'a-t-on pas
igO TRAPiSFORMATlONS
trouvé tous les poils libres, en même temps que la face interne du kyste très-lisse , sans aucune trace d'altération antérieure ! Dirons-nous avec Tyson que la matière grasse au milieu de laquelle se trouvent presque toujours les poils concourt beaucoup à leur formation , et même qu'ils sont produits par cette substance de la même manière que la soie des vers-à-soie , les toiles d'araignée , le coton , le duvet du giamen LomenLosuin , lesquels sont dus à la condensation de liqueurs particulières? Avouons plutôt notre ignorance^ et disons avec le sage : O naturel abime immense 1