DEUXIÈME SOUS-ORDRE
Productions épidermiques*
Ce sont les cors , les verrues et des écailles.
GENRE P
i". Les cors sont un épaississement circonscrit de l'épiderme des orteils. On les observe à leur face dorsale , sur leurs articulations, principalement lorsque l'une d'elles est saillante , entre deux orteils, au bord externe , rarement interne du pied , et en général dans tous les points qui sont le plus soumis à la pression des souliers. Quelquefois pédicules, ils sont près-
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que toujours aplatis , comme eufoncés dans la peau. Ils se forment ordinairement peu à peu ; et ce n'est que lorsqu'ils ont acquis un certain volume qu'ils manifestent leur présence par des douleurs pongilives et lancinantes qui leur ont fait donner le nom de c/owj-. Quelquefois ils comnjeoceut d'une manière aiguë , surtout chez les individus dont la peau est délicate. Ou éprouve une vive douleur; on coupe la petite excroissance; il s'écoule de la sérosité ; la douleur diminue peu à peu pour acquérir le caractère de celle du cor. Les cors placés entre les orieiis sont extrêmement douloureux; quelquefois au point qu'on a pu croire à l'existence de la goutte.
Qu'est-ce qu'un cor aux pieds ? Les pédicures le regardent comme formé par la condensalion de la synovie épanchée hors de l'articulation : si un peu de sérosité s'écoule au moment de la section, c'est, suivant eux, delà synovie. Mais voici ce que l'anatomie pathologique nous démontre. Si on coupe un cor, ou mieux si on l'extirpe, et il faut l'avouer, certains pédicures le font avec une adresse merveilleuse ( mais leur art ne s'élend pas, je crois, comme on l'a dit , à arracher, en faisant éprouver beaucoup de plaisir, les cors les plus douloureux). Si, dis-je, on le coupe ou on l'extirpe aussi complètement que possible , la peau présente une dépression
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sensible. Si oa fait macérer l'orteil d'un cadavre qui porte un cor volumineux, au bout de quelque temps le cor s'enlève avec facilité ; uue partie est convertie en farine; le centre jouit d'une grande ténacité , est figuré comme un clou ; et à l'endroit qui répond au centre, le chorion est enfoncé et même perforé. Une fois j'ai trouvé ud peiitkystedansle tissu cellulaire sous-culaoé qui répondoit à un cor; une autre fois l'os préseutoit une éminence osseuse, inégale; jamais je n en ai vu qui pénétrassent dans rarticulalion.
Les cors sont donc inorganiques, uniquement formés par l'épiderme épaissi : cet épaississement est produit par un vice de sécrétion du corps muqueux , et ce vice de sécrétion est provoqué par la pression exercée par des chaussures trop étroites. Cette pression ne leur permettant pas de s'accroître a u-delîors, ils compriment les papilles, le chorion , les nerfs subjacens , causent des douleurs atroces, et peuvent à la longue amincir , perforer le chorion.
11 résulte de ces données que l'ablation de la plus grande partie du cor, et même son extirpation, ne sont qu'un moyen palliatif; que , pour obtenir la guérison radicale , il faut enlever la cause, soit en rendant au corps muqueux sa sensibilité naturelle, soit en le détruisant. Les vésicatoires , les onguens irritans ; l'alcali causli-
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que, l'euphorbe , l'ail pilé , les frottemens avec un linge imbibé de vin chaud , l'excision de la peau qui supporte le cor , si vantés par quelques-uns , si décriés par d'autres, agissent en détrnisant le corps muqueux : la joubarbe , le pourpier, les cataplasmes, le lierre, les emplâtres collaus retiennent la transpiration, qni ramollit le cor et quelquefois le fait tomber ea écailles ou en masse. Je conseille aux personnes qni ont clés cors de se les faire couper de temps en temps, le plus profondément possible, et de prendre des souliers plus larges. Je me suis guéri de cette manière , et je connois plusieurs exemples de guérisou par le même moyen.
GENRE II
Verrues,
Les verrues ne sont pas toujours, comme les cors, une simple sécrétion épidermique. Lechorion et le corps muqueux paroissent simullanément affectés. Quand on coupe verlicalement tine verrue un peu volumineuse prise sur un cadavre ou extirpée sur un individu qui a voulu s'en débarrasser , on voit l'épiderme augmenter progressivement d'épaisseur jusqu'au centre de la verrue ; le choriou s'épaissir comme l'épiderme , et envoyer dans l'épaisseur de celui-ci II. i3
des piolongemens qu'oa appelle les racines âe la verrue : quelquefois ces prolongemeus, en- Teloppe's d'une couche épidermiquè, se séparent les uns des autres et donnent à la verrue un aspect fendillé. En coupant un grand nombre de verrues , j'ai toujours vu dans leur épaisseur des points noirâtres dont j'ignore la nature ; j'ai vu une fois des vaisseaux sanguins très-développés suivre sous forme de stries rouges les prolougemens du derme. Dans les verrues superficielles, il paroît que le corps muqueux est seul ou presque seul affecté. La pression n'est pas toujours la cause des verrues, puisqu'on les observe sur la face dorsale des doigts. On dit que le sang qu'elles fournissent a la propriété contagieuse. Cette opinion est trop généralement répandue pour qu'elle n'ait point quelque fondement. M. Bariuely chimiste distingué, nous a montré une traînée de verrues sur la face dorsale de sa main : il nous dit qu'elles s'ëtoient formées sur le trajet du sang qu'avoit fourni la section d'une verrue.
GENRE III
Ecailles.
On a montré pendant long - temps à Paris , comme un objet de curiosité, deux frères anglais qui préseutoient une disposition singulière.
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Tout leur corps , la face , la paume des mains et la plante des pieds excepte'es , étoil couvert d'un nombre prodigieux d'ecailles imbriquées , ayant deux lignes et demie de long sur une de largeur et autant d'épaisseur : ces individus s'agitoient-ils, le froltement des écailles produifioit un bruil sensible. Leur histoire est curieuse. Cette conformation singulière étoit héréditaire dans la famille depuis trois générations; lesmâles seuls la présentoient. îls naissoient conformés comme tous les autres individus ; mais à Tâge de huit ans leur epiderme prenoil l'aspect que je viens d'indiquer. Ces écailles lomboient et se renouveloieut tous les aus au printemps.