‹ Essai sur l'anatomie pathologique en général, et sur les transformations et productions organiques en particulier;Chapitre 10 sur 38 · CLASSE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CLASSE QUATRIÈME

Contusions et Commotions,

ï°. Contusions, La contusion est une solution de continuité sous-cutanée, qui consiste tantôt dans la déchirure des vaisseaux capillaires seulement, tantôt dans celle des vaisseaux capillaires , d'artérioles plus considérables et du

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tissu même de l'orgaoe ; tanlôt eofin dans une désorganisation.

La physiologie explique comment les tissus sous-culaaés peuvent être divisés, désorganisés, sans que ia peau éprouve la moindre solution de conlinuilé. Elle ^\e noire attention sur les phénomènes primitifs des contusions, et nous fait Toir les cartilages développant , au moment où elles ont lieu , une sensibilité prodigieuse , la douleur se propageant tout le long des nerfis lors de la contusion de ces nerfs , etc.

La physiologie pathologique étudie les phé- Tiomèoes que présentent les contusions extérieures, et applique les données qui en résultent aux contusions intérieures, en ayant égard aux différences de siège , d'organisation et de fonctions. Ainsi à l'extérieur une douleur plus ou moins vive,, une couleur violacée se manifestent au moment de la contusion ; mais au bout de trois, quatre jours la douleur devient permanente , indépendante de tout contact : il y a chaleur, rougeur, tuméfaction. La résolution s'opère queiqueiois avec une rapidité étonnante; si l'absorption n'a pas lieu, la peau s'use peu à peu et le sang est évacué au dehors. Le travail qui détermine tous ces phénomènes, c'est l'inilammation ; l'inlervalle qui sépare les phénomèneî? primitils des couséculifs est le temps d'ia-

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cubatioii. L'inflammation ramène a leur lype Xîaturel les parties légèrement altérées dans lear texture, mais complette la désorganisation de celles qui ont été trop profondément lésées. Ceci donne la clef de ce qui se passe dans le cas de contusion du cerveau. Un homme tonihe d'un lieu élevé sur la tête : aussitôt perte absolue de connoissance ; mais au bout de quelques minutes il recouvre toutes ses facultés intellectuelles, s'étonne de son accident , reprend ses occupations accoutumées. Quatre à cinq jours après, la fièvre se déclare, le malade tombe dans l'assoupissement et meurt avec tous les symptômes d^une inflammation du cerveau ou de ses membranes. — Un homme tombe sur la plante des pieds, les jarrets tendus, ou sur les genoux: il éprouve aussitôt une douleur atroce dans les arliculalions coxo-fémorales; il se relève néanmoins au bout de quelque temps et se rappelle à peine sa chute, lorsque sept, huit, dix, quinze jours après, les douleurs se réveillent, deviennent bientôt insupportables : une maladie de l'articulation a lieu. A quoi tiennent ces intervalles de calme? au temps d'incubation. On peut regarder comme une loi de physiologie pathologique la proposition suivante : Quand une cause cVirritatloJi a agi sur quelqu'une de nos -gardes , // faut un certain temps pour quurz

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travail réparateur soit organisé; et laduré& de ce temps est proportionnée au degré de ui^ talité des tissus*

L'anatomie pathologique remarque, parmi les contusions extérieures, les tumeurs sanguines de la tête, lesquelles sont dures lorsque le sang est infiltré, et molles quand il est épanché. Quelquefois à(t% vaisseaux d'un médiocre calibre ont étédéchirés par la contusion. Si on incise le foyer, le sans s'échappe en jels. On a vu^ dans le cas de tumeurs sanguines aux membres, des praticiens^ d'ailleurs distingués , effrayés de Técoulemcnt rapide du sang, croire à l'existence d'uu / anévrysme , recourir de suite à l'amputation , et avoir la douleur de reconnoitre par la dissection du membre^ que les artères lésées étoient d'un médiocre calibre. Parmi les contusions intérieures, celles du cerveau sont quelquefois étonnantes. Chez des iniiividus qui , à la suite d'une chute sur la tête , avoient parfaitement • recouvré toutes leurs facultés intellectuelles, qui s'indignoient même qu'on les retînt à l'hô- }»ita!, et qui succombèrent quelques jours après à des symptômes de céphalite , nous avons trouvé des désorganisations presque complètes d'un lobe du cerveau , et quelquefois des deux lobes antérieurs ou postérieurs. Que devient à coté de ces observations la trop fameuse

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doclrîne des protubëtances cérébrales? et que pourroient alléguer ses partisans contre ces faits incontestables?

2^. Connno lions, La commotion proprement dite consiste dans un ébranlement intérieur des organes, lequel , sans entraîner aucune soluhoa de continuité, les rend inbabiles à exécuter leurs fonctions, et laisse par la suite une foi* blesse plus ou moins grande. Rarement la commotion violente est-elle sans contusion ; les mêmes causes produisent l'une et l'autre, en sorte que la commotion pourroit jusqu'à un certain point être regardée comme le premier degré de la contusion : on ne l'observe guère que sur le cerveau. La commotion de la matrice donne lieu à l'avortement, celle du foie à l'ictère , celle du cœur aux palpitations.

La pbysiologie pathologique observe les diffërens degrés de commotion du cerveau , depuis celle qui ne produit qu'un étourdissement léger, jusqu'à celle qui tue à l'instant même. Elle voit dans un de ces degrés la respiration cesser un instant, et néanmoins le malade revenir à la vie. Elle ijote la foiblcvsse des facultés intellectuelles, la perte de mémoire, de la vue, de l'ouïe, Tépilepsie, etc. qui succèdent quelquefois à ces commotions. Elle ne donne d'ailleurs aucun moyen de çlistingucr primitivement la commotion de la con-

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tusion. Si la coulusion est franche^ riadiviJu recouvre quelque leraps après toutes ses fonctions inlellectuelles, et en jouit jusqu'à i'ëpoque de rinllammalion ; de même une commotion exemple de toute complication détermine des accidens qui vont toujours en diminuant; mais le plus souvent Tune et l'autre existent ea même temps, et le chirurgien est obligé d'employer des moyens qui conviennent dans l'un et l'autre cas.

La définition que j'ai donnée de la commotion indique assez que chez les individus morts de cette maladie, il ne doit y avoir aucune lésion cadavérique. Litre dit avoir trouvé le cerveau atfaissé chez un criminel qui se tua en donnant de la tête contre le mur de sa prison. Sahatier 1 apporte un fait analogue. On a trouvé plusieurs fois des collections de sang , de pus dan s le cerveau d'individus morts plusieurs mois, plusieurs années après avoir éprouvé une commotion; mais il est probable qu'ily avoit eu aussi contusion.

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