CLASSES PREMIÈRE ET DEUXIÈME
Fièvres et Névroses»
Les fièvres et ue'vroses sont pour la physiologie pathologique ce que sont pour ranatomie du même ordre les maladies organiques ; mais p jusqu'à présent , on s'est peu attaché à saisir la coordination des symptômes si variés qu'elles présentent; on a peu étudié les fonctions pathologiques ; on a conside'ré les maladies comme un désordre; on n'y a point vu une série de phénomènes dépendans tous les uns des autres, et tendant le plus souvent à une fin déterminée; ou a complètement négligé la vie pathologique;» si propre cependant à éclairer la uie physio-^ logique»
singulière connue sous le nom de pourriture <ï hôpital : elle en difïei e sous trop de rapports. Elle tient toujours à une cause miasmatique^ elle paroît contagieuse ; elle ne présente point l'extinction des propriétés vitales avant la putréfaction ^ mais la des'ruclion des parties est le premier phénomène observable : l'art arrête les progrès de la pourriture d'hôpital ; il est impuissant pour la gangrène. ( Vojez le Mémoire de M, le professeur DgU pcch. )
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Si je ne m'écaitois de. mon I)ut eti insistant trop snr celte section de maladies , je tâcherois de montrer la fièvre , qui consiste essentiellement dans un trouble général des fonctions , surtout de la circulation et de la chaleur animale , produite par toutes les causes physiques et morales qui rompent l'équilibre ; revêtant une foule de formes différentes ; frappant spécialement tel ou tel système d'organes; tantôt paiolssant l'effet d'ii.îe nature conservatrice qui organise une réaction générale pour chasser une cause nuisible , tantôt portant avec elle un caractère de destruction et de mort ; essentielle , gymplomatique , remplaçant d'autres maladies , compliquant le plus grand nombre; élément nécessaire de toutes les affections un peu graves; signe précieux qui nous décèle riniensité , les périodes^et souvent même l'existence de plusieurs; emportant au moins la moitié de l'espèce humaine ; quelquefois enfin moyen de guérison utilement employé par la nature , et que l'art lenleroit plus souvent s'il étoit en son pouvoir de l'arrêter à volonté,
L'anatomie pathologique ne peut guère intervenir que pour constater le défaut de lésion organique. On ne trouve guère, en effet, à la suite des fièvres, qu'une diminution ou une augmentation de consistance de certains organes; que
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des variations dans les qualités du sang , de la bile, des saburres gastriques; des rougeurs dans le canal intestinal. Peut-être cependant cette science plus avancée trouvera-t-elle dans celte classe de maladies une moisson plus abondante qu'on ne l'auroit cru d'abord ; peut-être les lésions vitales fortement et profondément altérées entraînent-elles nécessairement des lésions organiques. Plusieurs médecins de l'Hôtel-Dieu ont déjà fixé l'attention sur des altérations remarquables observées à la suite des fièvres essentielles. M. Récamier nous a fait voir souvent des ramollissemens du cerveau dans les fièvres alaxiques. Ces ramoUissemensavoient lieu tantôt dans le corps calleux , tantôt dans la voûte à trois piliers, quelquefois dans Tépaisseur de la protubérance annulaire. Ce médecin , aussi modeste que savant, est déjà parvenu, jusqu'à un cerlaia point, à déterminer le siège du ramollissement d'après les symptômes qu'a présentés le malade/ MM. Petit et Serre ont publié , dans un ouvrage sur une fièvre qu'ils ont appelée entéro-mésentérique, des recherches curieuses surTanatoraie pathologique de cette maladie. Cette fièvre, qui a tous les caractères des fièvres putrides , muqueuses,putrides malignes, a ordinairement pour signes caractéristiques un dévoiement qui a précédé et une douleur fixe circonscrite dans la ré-
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^\ou iiiaquedroite.Aprèslamort, on trouve tido éruption et des ulcérations dans la portion de l'iléon et du colon qui avoisine la valvule iléocœcale , et une augmentation de volume des corps lymphatiques du mésentère. Je ne discalerai point ici si cette altération organique est la maladie principale, comme le pensent les auteurs, ou une complication, ou bien l'effet de la fièvre ; j'observerai seulement qu'on la trouve dans plusieurs autres maladies , la phthisie pul-r monaire surtout, et à la suite d'un grand nombre de fièvres adynamiquesetataxiques essentielles; ce qui , joint à d'autres données , sembleroit indiquer que cette éruption muqueuse est quelquefois analogue à d'autres éruptions cutanées , et que , si elle prend le caractère ulcéreux , cela est dû au passage continuel de matières irriïanleSo Une des causes qui me paroît le plus entraver les progrès de l'anatomie pathologique des fièvres , c'est le peu d'attention que Ton donne à raheiaiion des liquides : cependant les liquides n'onl-iis pas leurs maladies, leur anatomie pathologique , si on peut ainsi parler ? ne préi>entent-ils pas divers degrés de couleur, de consistance ? ne se décomposent-ils pas plus ou moins facilement suivant la maladie qui a été la cause de la mort? Sans doute l'idée de liquide repousse celle de propriétés vitales : un corps
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Jont les molécules n'ont pas entre elles assez de cohésion pour se prêter un point d'appui successif, ne peut êlredoué de contractilité. Mais ne doit-on pas admettre que nos liquides vont sans cesse se pénétrant de la vie , depuis le chyme et le cliyle jusqu'au sang. Si l'analyse chimique éloit plus avancée , elle pourrcit nous montrer des différences entre le sang inflammatoire et le ,, sang scorbutique, bilieux, putride, etc. Avouons que , s'il est des cas où les solides sont primitivement et spécialement affectés , il en est aussi où ce sont les liquides.
Je voudrois aussi qu'on comparât attentivement les fièvres sjmplomaliques avec les fièvres essentielles. La cause et le siège des premières sont connus ; on n'a que trop d'occasions de les apprécier d'une manière positive. On peut rattacher à cette cause tous les symptômes fébriles: ces données nous manquent absolument dans les fièvres essentielles.
L'anatomie pathologique , appliquée aux névroses , promet aussi de grands résullals. Combien de fois n'a-t-on pas trouvé des altérations matérielles dans des casoù on rcgardolt la maladie comme essentiellement nerveuse ! Je pourrois citer ici plusieurs cas d'idiotisme , d'épilepsie , d'apoplexie, de céphalalgie, d'amaurose qui tenoient h des ossifications du cerveau , à des car-
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cÎGÔmes, à des kystes, etc. La comparaison exacte des symptômes observes dans le cas de névroses matérielles ( qu'on me passe l'expression ) avec ceux de névroses proprement dites, me paroit féconde en grands re'sultats sur le siège des maladies nerveuses, sur l'action de chaque partie du système nerveux . etc.
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