‹ Essai sur l'ancien CundinamarcaChapitre 3 sur 37 · L ANC I E N C U N 1) I N A M A H C A · texte numérisé non relu

L ANC I E N C U N 1) I N A M A H C A

contraire, ils la rapportaient en triomphe comme l’indice d’un bonheur certain. On célébrait alors une iète, puis chaque jeune garçon s’approchait du nouveau-né et lui coupait une mèche de cheveux jusqu’à ce qu’il ne lui en restât plus. On jetait ces cheveux dans le fleuve , dans lequel on baignait ensuite l’enfant (1).

Pour découvrirles voleurs, les cliques employaient le moyen suivant. Ils supposaient dix directions correspondantes aux dix doigts de la main ; et après s etre enivrés de fumée de tabac , si un de leurs doigts venait à trembler, ils déclaraient que le voleur s’était dirigé de ce côté.

51. Je baron de Humboldt(2) a donné la ligure et la description d’une pierre sur laquelle étaient gravés les signes hiéroglyphiques du calendrier lunaire des Muyscas, et qui était, lors de son séjour à Bogota, entre les mains de M. Duquesne, chanoine de la cathédrale de cette vi lie.

D’après les explications du savant voyageur, les Muyscas divisaient le jour en quatre parties , savoir : sua-niena , depuis le lever du soleil jusqu’à midi; sua-mecci , de midi au coucher du soleil ; zasca , de ce moment jusqu’à minuit , et cagui de minuit au

(I) Simon , part. 11 , notice iv, ch. 8.

(■*) Humbôldt , frue des Cordillières , pi 'j^.

lever de cet astre. L égalité des jours , dans un pays aussi rapproché de l’équateur, donnait à cette division une assez grande régularité.

La plus petite division, chez les Muyscas , était une semaine de trois jours , dont dix formaient une lune; l’année civile, ou zocan , était composée de vingt lunes ; celle des prêtres en comprenait trentesept , et vingt de ces grandes années formaient un cycle muysca. Pour distinguer les jours lunaires , les lunes et les années , on se servait de séries périodiques dont les dix termes étaient des nombres. M. de Humboldt s’est étendu très-longuement sur l’origine de ces noms de nombre, et des hiéroglyphes qui étaient employés pour les représenter; mais une discussion à cet égard nous éloignerait trop de notre sujet, et nous ne pouvons que renvoyer le lecteur à son ouvrage.

Les Muyscas ne plaçaient pas , comme la plupart des peuples de l’ancien monde . le commencement de la suna , ou lunaison , à la nouvelle lune, mais au contraire, au premier jour qui suit la pleine lune. Il ne paraît pas que les sunas aient eu des noms particuliers.

Le grand cycle des prêtres , ou cycle astronomique* composé de vingt années de trente-sept sunas , était subdivisé en quatre petits cycles , dont chacun comprenait cent quatre-vingt-cinq lunes. Le commencement de chacun de ces cycles était marqué par le sacrifice d’un enfant qu’on désignait sous le nom de quesa , et qui devait être natif d un village situé

l’ancien cundinamarca.

dans les plaines de Tenisuca, que I on appelle aujourd'hui de San Juan. C’est de cette même contrée qu’était venu Bochica , lors de sa première apparition parmi les Muyscas. Le guesa était élevé avec beaucoup de soin dans le temple de Sogamoso , jusqu’à l’âge de dix ans. Alors on le faisait sortir pour lui faire parcourir soigneusement la même route qui avait été suivie par Bochica , quand il avait visité le Cundinamarca. À l’âge de quinze ans , lorsque le guesa avait atteint un nombre de lunes égal à celui que renferme le cycle , il était mené en procession dans une des enceintes circulaires dont nous avons parlé, pour y être immolé. Dans cette occasion, les prêtres se revêtaient de différents déguisements ; les uns représentaient Bochica , les autres la lune ou Chia. Quelques - uns avaient des têtes de grenouilles ou de lézards, pour faire allusion à l’hiéroglyphe du premier jour du mois , qui était figuré par une grenouille. D’autres représentaient Fomagata ou le génie du mal , qui n’avait qu’un œil , quatre oreilles et une longue queue. Après avoir attaché la victime au sommet d’une espèce de mât qui se trouvait au milieu de l’enceinte, on la tuait à coups de flèches: avant quelle eût rendu le dernier soupir, on lui arrachait le cœur et les entrailles pour les offrir au Soleil , et les prêtres recueillaient son sanç dans les vases sacrés.

ESSAÏ SUC,

Les noms de nombre muyscas , dont chacun pouvait être représenté par un hiéroglyphe , étaient :

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