Uhschihica
Une grenouille.
Un nez les narines ouvertes .
Deux y eux ouverts.
Deux yeux fermés.
Deux figures unies.
Un pieu avec une corde.
Deux oreilles.
( M. de H. n'en indique pas Tbiéroglyphe. ) Deux grenouilles accouplées .
Une oreille.
Ils comptaient ensuite jusqu'à vingt, en ajoutant à ces noms le mot quihicha , qui signifie pied; c’està-dire qu’après avoir épuisé les doigts des mains , ils continuaient par ceux des pieds, en disant : pied un , pied deux , etc. , jusqu’à gueta ou vingt , qui signifie proprement maison , et qu’ils représentaient par l’hiéroglyphe d’une grenouille étendue. Leur calcul était donc vigésimal , comme celui de la plupart des nations américaines.
Les Muyscas comptaient les années écoulées en prenant pour point de départ l’année dans laquelle ils se trouvaient. Les mesures de longueur usitées chez eux étaient iana , la palme, et ypguaqua , la brasse ; pour le maïs ils avaient une mesure de contenance
L ANCIEN CUNMNAMARCA.
nommée aba y mais l’usage des poids leur était inconnu. Le P. Simon dit aussi qu’ils fondaient dans des moules des plaques d’or d’une dimension régulière qui leur servaient de monnaie
Le souverain de Bogota , qui était , à lépoque de la conquête , le plus puissant de tous les rois muyscas, portait le titre de zippa, ce qui veut dire puissant seigneur (1) y et de bogota usaque ou chef des usaques (2). Son pouvoir était absolu , même sur les usaques , qui , pour la plupart, avaient été autrefois souverains, mais avaient été successivement soumis par la force des armes. Le titre d usaque , que les auteurs espagnols ont souvent remplacé par celui de cacique , qui appartient à la langue des Antilles, n’appartenait pas à tous les chefs , mais seulement aux principaux, et particulièrement à ceux des villes frontières telles que Pazca , Subachoque , Caqueza , Teusaca, Fosca, Guasca , Pacho et Simijaca. Celui de Tibacuy était de droit général de l’armée. Ceux de Guatavita et d Ubaque , et surtout celui de Suba, étaient regardés comme Irèssupérieurs aux autres (3).
(i) Simon , part. II, notice îv, cli 9. (‘2) Simon , part. II, notice 11 , cli 1 (3) Id. , part, II , notice iv, cli 6
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L'héritier du zippa était son neveu , fils de sa sœur, au préjudice de ses enfants , qui n’héritaient que de ses biens meubles. Dès son enfance, il était élevé dans le temple. On ne lui permettait pas de voir le soleil , de manger de sel, ni d’approcher une femme. Il était environné de gardes qui observaient sa conduite et notaient toutes ses actions. S’il manquait à une seule des règles qui lui étaient prescrites , il était regardé comme infâme, et perdait tous ses droits au trône. Avant de lui permettre de quitter le temple, on lui faisait prêter un serment par lequel il attirait mille malédictions sur sa tête , s’il ne révélait pas toutes les fautes dont il avait pu se rendre coupable. On l’installait ensuite comme usaque de Chia , où il restait jusqu’à la mort du zippa. Alors , après lui avoir fait renouveler son serment , on le faisait asseoir sur un trône d’or garni d’émeraudes , on plaçait sur sa tête une couronne également d’or et d’émeraudes , et sur ses épaules un riche manteau bleu , et on lui faisait jurer qu’il serait un bon roi et gouvernerait avec justice ; chacun de ses vassaux venait alors lui offrir un présent selon ses moyens.
Le zippa avait toujours plus de deux mille thiguyes ou concubines , sans compter les femmes qui les servaient; mais il n’avait qu’une seule épouse légitime; quand celle - ci était près de mourir , elle pouvait lui imposer l’obligation d’observer la chasteté dont la durée dépendait d’elle , mais qui ne pouvait cependant excéder cinq années. Le zippa avait donc un grand intérêt à la bien traiter, et cherchait,
l’ancien cundinamarca.
par des présents et par des caresses , à obtenir qu elle abrégeât ce temps d’épreuve.
Quand le zippa se rendait d’un endroit à l’autre , il se faisait porter dans une espèce de litière artistement travaillée, et garnie de plaques d’or ; il était précédé par une troupe d’indiens qui écartaient tous les obstacles de la route. On voit encore aujourd’hui , dit Piedrahita (1) , les restes d’une chaussée qui avait été construite pour son usage , et qui conduisait à Subya et à Chia.
La succession des usaques était sujette aux mêmes règles que celle du zippa. Ses enfants et ses femmes se partageaient ses meubles ; mais son neveu par sa sœur pouvait seul hériter de son autorité. 11 devait faire pénitence dans le temple pendant un an , au bout duquel on célébrait une fête à laquelle on invitait tous les chefs du voisinage, qui , en retour, lui olïraient divers présents; mais avant d’entrer en possession de son héritage , il fallait qu’il eut obtenu l’investiture du zippa ; dans ce but , il se rendait à sa cour accompagné des principaux nobles du pays , chargés de riches présents. Quand il l’avait obtenue , et qu’il rentrait dans ses domaines, les habitants de chaque village l’attendaient à l entrée et le proclamaient à haute voix. De retour dans sa capitale, il
(i) Piedrahita, part. I, liv. j, ch. 5.
célébrait une tête qui durait seize jours, et à laquelle il invitait tous ses voisins. Lorsqu’elle était terminée , on l’habillait de la plus belle étoffe de coton, on le couvrait d’ornements d’or, on plaçait dans sa main droite un bâton de bois de gayac, et sur sa tête une couronne de plumes blanches et certes. Quand il s’agissait d’un chef d’une moindre importance, aussitôt que la fête était terminée, il partait en courant avec tous ceux qui y avaient assisté, et se rendait a la rivière la plus voisine, où tout le monde lui jetait de l’eau. C’était la manière de le reconnaître (1).
Quand un usaque venait à mourir, c’était le zippa qui désignait son successeur, qu’il choisissait ordinairement parmi les guechas ou guerriers chargés de défendre les villes frontières ; après avoir désigné un certain nombre de candidats, il leur présentait, pour les éprouver , une des plus belles femmes de sa cour, dépouillée de ses vêtements : s’ils donnaient le moindre signe de lubricité , ils étaient honteusement chassés , et l’on en appelait deux autres ; car cette nation regardait le penchant à la volupté comme le plus terrible ennemi de la justice , et pensait que la plus grande vertu dans un chef était de savoir mettre un frein à ses désirs.
A la mort d’un zippa, tous ses sujets prenaient le deuil en se frottant d’ocre rouge. On plaçait
(i) Piedrahita , part. I, 1. i, ch. 5 — lice iv, cli. 6.
Simon , part. Il , lia-
son corps dans un tronc de palmier garni intérieurement et extérieurement de plaques d or, ce qui a fait dire à Gomara quon l’enterrait dans un cercueil d’or ; mais auparavant , on avait soin d’enlever les entrailles, et de remplir le cadavre d’une espèce de résine appelée mocoba. On lui plaçait ensuite des émeraudes dans les yeux , les oreilles , les narines, la bouche et le nombril , et des ornements d’or au cou. Pendant six jours, on le pleurait en chantant ses exploits ; au bout de ce temps, de vieux chques le transportaient dans une tombe qui avait été préparée dès le jour de son avènement, et dont la situation restait inconnue. On enterrait avec lui quelques esclaves et quelques-unes de ses femmes qui se dévouaient volontairement , pour prouver leur affection ; mais on avait soin de leur donner auparavant un breuvage qui les étourdissait sur leur situation (1).
En général , loin d’abandonner leurs malades , comme le font la plupart des nations de l’Amérique , les Muyscas se réunissaient en grand nombre pour les voir mourir. Ils regardaient comme très-heureux ceux qui étaient frappés de la foudreetqui mouraient de mort subite. Quelques tribus brûlaient les cadavres, d’autres les suspendaient dans des édifices destinés à cet usage; mais ordinairement, on allait les enterrer dans les champs après les avoir enveloppés dans une pièce d’étoffe. On plaçait aussi près d eux
(î) Simon , part. II, notice îv, cli. 10.
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de 1 or et des émeraudes , et Ton avait soin de planter un arbre sur la fosse pour qu’on 11e les déterrât pas pour les dépouiller. Les Espagnols ont découvert quelques-unes de ces sépultures , et en ont recueilli des sommes considérables. Le P. Simon dit
que de son temps , on tira d’une seule 24,000 pesos de bon or.
Les Indiens respectaient tellement leur chel qu'ils n osaient lever les yeux sur lui et ne lui parlaient qu en lui tournant le dos. Quand on lui apportait un présent , ce qui devait avoir lieu, quelque mince que fut sa valeur, toutes les fois qu?on l’abordait , on s’avançait en rampant pour le déposer à ses pieds , et l’on se retournait ensuite en s’asseyant par terre avant de lui adresser la parole. Quand un voleur, après avoir été châtié plusieurs fois, était regardé comme incorrigible , on le conduisait en présence de l’usaque ; un des nobles le retournant , lui disait : puisque tu te crois un si grand seigneur que tu as le droit de violer les lois , tu as le droit de regarder 1 usaque. A dater de ce moment, il était regardé comme infâme; personne ne pouvait s’allier à lui avoir aucun rapport avec lui, ni meme lui parler; de sorte qu’il mourait dans l’abandon universel (1).
Lorsqu’un Indien était en retard de payer son tribut , le chef envoyait un de ses serviteurs qui
(O Simon, part, II, notice iv, ch 6.
l’ancien cundinamarca.
attachait à sa porte un ours, un tigre, ou un autre animal féroce que Ion élevait a cet effet. Le débiteur était obligé de le nourrir ainsi que son conducteur jusqu’à ce qu’il eut acquitté sa dette ; quand le cacique n avait pas de béte féroce, il envoyait quelqu’un qui versait de l’eau sur le feu , que son débiteur n’avait pas le droit de rallumer jusqu’à ce qu’il se fût acquitté (1).
Quoique les Muyscas et surtout les nobles eussent le droit de prendre autant de concubines qu’ils en pouvaient nourrir, ils n’avaient cependant qu’une seule femme légitime qu’ils épousaient en présence du prêtre. Les deux conjoints plaçaient leur bras sur l’épaule l’un de l’autre. Le prêtre demandait alors à la femme si elle serait plus soumise à Bochica qu’à son mari; quand elle avait répondu que oui, il lui demandait si elle aimerait mieux son mari que les enfants qu’elle aurait de lui, et si elle aimerait mieux ses enfants qu’elle-même ; si elle ne mangerait pas quand son mari souffrirait la faim , et si elle viendrait au lit sans qu’il eût besoin de l’appeler. Quand elle avait répondu affirmativement à toutes ces questions , le prêtre se tournait vers le mari , et lui disait que s’il voulait prendre pour épouse légitime celle qui était auprès de lui , il devait le déclarer à haute voix , afin que tous ceux qui étaient présents
(i) Simon , part. II , notice iv, ch. 7.
l’entendissent; quand il avait fait cette déclaration par trois fois , le mariage était regardé comme conclu.
Quand un jeune homme voulait se marier, il allait trouver le père de celle qu’il avait choisie, et lui offrait un certain prix pour sa tille ; s’il était refusé, il pouvait renouveler deux fois son offre en la doublant , mais il ne pouvait pas aller au delà (1).
Dans quelques endroits , le jeune homme envoyait aux parents une pièce d’étoffe , sans ajouter un seul mot. Si elle était acceptée , il leur en envoyait une seconde, plus une charge d’hayo et un demi-cerf, pourvu qu’il leur fût permis d’en manger, car l’usage de cette viande était accordé comme une faveur par l’usaque. Le lendemain , avant le lever de l’aurore, il allait s’asseoir devant laporte deson futur beau-père, en faisant juste assez de bruit pour qu’on s’aperçût de son arrivée. Le maître de la maison lui criait alors à travers la porte : « Que voulez-vous ? êtes-vous un voleur ? je ne dois rien , et je n’ai invité personne. » Le jeune homme attendait sans rien dire que sa future sortît de la maison, ce qu’elle faisait bientôt après en tenant à la main une calebasse remplie de chicha , qu’elle lui offrait après en avoir goûté. Le mariage était alors regardé comme conclu ; mais les parents n’accordaient leur fille qu’à celui qu’ils regardaient comme bon travailleur , et en état de la
faire vivre (2).
(1) Piedrcihita , liv. 1, ch. 'i.
( '2 ) Simon , partie II, notice iv, ch. 8.
l’ancien cundinamarca.
Quand un chef entendait parler de la beauté d une jeune fille, il la faisait demander à ses parents , qui se faisaient un honneur de la lui envoyer. Aussitôt qu'elle était entrée dans son palais, on la dépouillait de tous ses vêtements , etell e devait aller complètement nue jusqu’à ce qu’il l’eut approchée.
Les Muyscas ne tenaient pas à la virginité de leur femme ; ils la méprisaient même à cause de cela , en disant que cela prouvait qu’aucun homme n’en avait vordu. Mais ils punissaient sévèrement l’adultère. Quand une femme était soupçonnée de ce crime , on lui faisait avaler une grande quantité de poivre, et on ne lui permettait de boire que quand elle s’était reconnue coupable; alors elle était punie de mort , ainsi que son complice. Si au contraire elle supportait cette torture , elle était reconnue innocente , et l’on célébrait une fête en son honneur. Le complice pouvait cependant se racheter par des présents , à moins que l’adultère n’eût été commis avec une femme ou une concubine du cacique ; car dans ce cas il n’y avait pas de pardon possible , et les cadavres des deux coupables étaient abandonnés dans les champs pour être dévorés par les bêtes sauvages.
Les femmes enceintes offraient des bijoux d’or au dieu Cuchivara. Quand elles accouchaient de jumeaux , un des deux était mis à mort. Elles allaient accoucher seules dans les endroits écartés, et sur le bord d’un fleuve , dans lequel elles se lavaient aussitôt , ainsi que leur enfant. Quand une vierge avait
ESSAI SUE
ses règles pour la première fois , on l’enveloppait dans des manteaux, et on la laissait pendant six jours dans un coin de la maison. Des Indiens , rangés sur deux files , la conduisaient ensuite en procession à la rivière , où elle se lavait. On la nommait alors ipaque , et à son retour sa famille célébrait une fête (1).
On prétend que les femmes des chefs avaient sur eux une espèce de juridiction , et pouvaient même les châtier ; car , disaient les Indiens , un chef est un homme comme un autre , il commet des fautes ; et , puisque ses vassaux ne peuvent le châtier , il faut que ce soient ses femmes qui le fassent. Elles ne manquaient pas d’user de ce droit toutes les fois que leur mari leur en donnait l’occasion ; mais ce châtiment ne devait pas excéder huit coups de fouet , quand même il aurait commis un crime qui, chez un sujet , eût été puni de mort.
Quesada rapporte dans ses mémoires , que longtemps après la conquête , ayant été visiter l’usaque de Suesca , il le trouva attaché à un arbre , et environné de ses femmes qui étaient occupées à le fustiger. Elles refusèrent même de le délivrer à sa prière, et lui racontèrent qu’elles le traitaient ainsi , parce que la veille il avait logé quelques chrétiens qui lui avaient donné du vin d’Espagne avec lequel il s’étaiL tellement enivré, qu’il avait commis mille folies.
Le principal vêtement des Muyscas consistait
(i) Simon , part. II , notice iv, ch. 8.
l’ancien CU N DI N A M A RC A .
dans une tunique rie toile de coton qui leur tombait jusqu’aux genoux, et par-dessus laquelle ils ajoutaient un manteau carré, qui était ordinairement blanc , mais que les riches teignaient en rouge ou en noir. Ces étoffes formaient leur plus précieuse richesse , car le climat du pays qu’ils habitaient rendait les vêtements nécessaires, et cependant ils ne pouvaient cultiver le coton que dans le petit nombre de districts qu’ils possédaient dans les vallées; c’est pourquoi ils les défendirent toujours contre leurs voisins avec le plus grand acharnement.
Les Muyscas portaient sur la tête des espèces de casques faits de peaux d’animaux sauvages , et ornés de plumes de différentes couleurs ; sur le front , ils mettaient des croissants d’or ou d’argent, dont les deux pointes étaient tournées vers le ciel. Ils avaient autour du bras des espèces de chapelets d’or ou de pierres de diverses couleurs , et des anneaux d’or au nez et aux oreilles. Leur figure était peinte en rouge ou en noir. Cette dernière couleur , faite avec le suc d’un fruit nommé jagua , était fort durable ; mais le rouge, qui n’était que de l’ocre, s enlevait facilement. Les prêtres étaient toujours vêtus de noir et coiffés d’un bonnet de la même couleur. Les nobles se distinguaient aussi par leur coiffure , qui était faite de cordonnets tressés , blancs pour les principaux et noirs pour les autres.
Les femmes portaient une espèce de manteau nommé chircate , serré avec une ceinture (chumbe oumûMnj, par-dessus lequel elles en mettaient un
plus petit ( liquiru ) de forme carrée, attaché sur la poitrine avec une aiguille d’or ou d’argent (topo) , dont la tête ressemblait à un grelot.
Les hommes divisaient, au sommet de la tête, leurs cheveux , qui tombaient sur leurs épaules ; les femmes , au contraire , les portaient épars et très-longs. Le plus grand châtiment qu’on pût infliger à un Indien était de lui couper les cheveux , et de déchirer ses vêtements (1),
Les armes des Muyscas étaient des frondes , des épées faites avec un bois très-dur , et que l’on pouvait rendre fort tranchant. Us l’employaient aussi pour faire les pointes de leurs lances et de leurs flèches.
Avant de se mettre en campagne , le zippa consultait les idoles par l’organe des prêtres , et leur offrait des victimes humaines. Il commandait ordinairement ses armées en personne. Vingt jours avant le combat , on le promenait dans son camp sur une litière d’or ornée d’émeraudes , portée par ses principaux vassaux , au milieu des acclamations de ses soldats, qui se réjouissaient de la victoire qu’ils espéraient remporter ; mais s’ils étaient vaincus , ils employaient le même espace de temps à déplorer leurs pertes et leur mauvaise fortune.
En marchant au combat, les Muyscas portaient en tête de leurs bataillons les corps embaumés de leurs
(1) Piedrahita , part. I, liv. t, ch. 2. — Medel , liv. ni , ch. 1G — Herrera , décad. VI, liv. V, ch. 2.
l'ancien CUNDINAMARCA .
anciens héros. Cette coutume les empêchait de reculer , car ils auraient regardé comme le comble de Linfamie de les laisser tomber entre les mains de lennemi (1).
Outre les lois que chaque zippa pouvait faire à son gré , les suivantes étaient observées de toute antiquité , et avaient été renouvelées par INemequene, dans rassemblée des chefs tenue à Muequeta , dont nous avons parlé au § XV.
Le meurtrier était puni de mort, même si la femme et la famille de sa victime consentaient à lui pardonner.
Si un homme non marié violait une femme , il était également puni de mort ; mais s’il était marié , sa femme était violée par deux autres hommes de la plus basse classe du peuple.
L incestueux était renfermé dans une grande fosse de reptiles , que l’on recouvrait ensuite d’une large pierre. Le sodomite était puni de mort.
Si une femme mourait en couche , la moitié de ce que possédait le mari était donné a la famille de
la femme pour l’indemniser de la perte qu elle venait de faire.
Le voleur était puni par la perte de ses yeux , que 1 on ^br niait avec une plaque de métal rougie au
(i) Piedrahita , part. I , liv . iv , ch. 5. — Simon , partie II , no tice i, ch. 7.