L.\ VIE HCMAINE
l'idéal le plus pur et le plus consolant auquel Ihomme puisse prétendre. Ce passac^e d'Ancillon qu'il cite avec admiration à la tin de son introduction à \ EsMii sur les fondemenis de la psychologie exprime bien quelle était à cet égard toute sa pensée (vers 1813) : « Celui qui saisit fortement le monde extérieur, (pii est susceptible de recevoir des impressions j)rofondesdes objets sensibles, de réagir sur eux avec éner- <»:ie, de les représenter sous des couleurs brillantes, animées, celui-là peut prétendre à la gloire dans le monde que l'ima- .uination gouverne. Quant à celui qui se refuse aux objets extérieurs, autant qu'il est en lui, qui par un acte de liberté s engage dans les galeries souterraines de lame, se replie sur hu-méfue, s'attache plus au mouvement de la pensée (ju au mouvement de la vie active; le monde sera souvent perdu j)ourlui, comme lui-même sera perdu pour le monde. Calme et absorbé dans les profondeurs de l'existence du moi, le sentiment de sa liberté, sur le([uel il fonde toute &a. digm'té, lui tiendra lieu de la gloire dont il n'a pas besoin ^ »
A aucun moment de sa vie, M, de Biran ne sera insensible à ces joies solides et pures de la philosophie, mais il les jugera bientôt insuf/isantes. Au-dessus de la vie humaine (pii estr(euvre du moi ou de notre volonté propre, il placera la vi(> de l'esprit qui émane de Dieu. Comment se fait le passagi^ à cette vie supérieure .' Le système des croyances en ouvre la possibilité; et cette possibilité, M. de Biran va être conduit par une expérience nouvelle et, selon lui plus profonde de la vie, à la transformer en une réalité-.
Le passage de la vie humaine à la vie de l'esprit se fait de deux façons : par la réflexion et par l'expérience. L'œuvre de la réflexion se borne à établir la nécessité de dépasser la connaissance, c'est-à-dire en somme la conscience pour l'expliquer complètement. Mais cette réalité absolue objet de croyance resterait elle-même indéterminée, si nous
\. Navillc, t. f, 129.