‹ Essai sur l'anthropologie de Maine de Biran [microform]Chapitre 107 sur 178 · Bertrand · texte numérisé non relu

Bertrand

L ANTHIIOPOLOGIE DE MAINE DE IJlItW

IJohhes. Knnn, par \v j)ro,o:rrs do la réflcxic.ii, nous concevons ces êtres à pari des pliénuniènes qui les manifestent, et nous les concevons eux-mêmes d'une façon précise sur le modèle du seul èlrc que nous coniiaissions immédiatement du moi *.

II existe donc en nous une faculté de croire, distincte de la faculté de connaître; de telle sorte que pour expliquer complètement les faits de conscience, ou ])lus exactement le jugement, il faut ajouter un (piatrième élémefit à ceux admis jusqu'ici : u i:iant donnés les trois éléments ({ue nous avons déjà distingués sous les titres de phénomènes affectifs, intm'tifset de moi (fait primitif de conscience et j)rincipe ou fond<Mnenl de la connaissance), nous sommes maintenant fondé à y joindre comme quatrièmr élémcid la croyance (jui, en se joignant au système de la connaissance, Jui imprime un caractère absolu cpron ne j)eut s'empêcher iïy reconnaître et qui n'aurait pas lieu sans lui- ».

Quelle est la nature de ce quatrième élément ? Considérée en elle-même et isolément, la croyance est indéterminée ; elle f)réexiste à la connaissance, et elle s'en distingue précisément en ce qu'elle ne peut nous donner une idée déterminée de quoi que ce soit. C'est une forme sans contenu. Aussi ne peut-on la confondre avec 1 idée innée des cartésiens. Les idées innées sont des connaissances complètes; elles ont un contenu déterminé : on en peut déduire par conséquent toute la série ou la chaîne de nos comiaissances. Au contraire, on ne peut ri(Mi tirer de la croyance : elle est liée par sa nature à labsolu. Or, il est contradictoire de dire que nous avons une connaissance positive ou idée de J'absolu ; par cela même que nous viendrions à le connaître, cet absolu cesserait d'être tel et prendrait nécessairement le caractère de relation \ M. de Biran n'admet pas qu'il

i. lierlraiid. 212-:213.

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