Ici
existe en nous une inlnUion intellecluellr de l'absolu. Les métaphysiciens qui sont partis de labsolu, et qui en ont déduit tout le système de nos idées premières, n'ont pu sortir, selon lui, de l'indétermination de cette croyance primitive, qu'en commettant une pétition de princij)e, c'est-àdire en se donnant à l'avance ce qu'ils prétendaient déduire, en substituant à l'être absolu dont ils parlent, ses déterminations relatives, ses relations connues. La croyance pure est stérile, et on pourrait lui appliquer le mot ingénieux de lîacon, au sujet de la recherche des causes finales qu'il compare à une vierge pure et sacrée, con<lamnée à la stérilité ^
Elle ne devient un principe de connaissance qu'en empruntant au moi son contenu positif. Le moi reste l'appui de toutes les notions auxquelles la croyance s'attache. Il v a
donc dans les notions ou principes premiers, deux éléments distincts, l'un indéterminé qui vient de la faculté de croire, l autre déterminé qui vient du moi. Pour que ces deux éléments puissent s'allier ou s'organiser ensemble, il iaut qu'ils soient adaptés l'un à l'autre ; de là la nécessité de cette abstraction intellectuelle par laquelle nous désubjectivons en quehpie sorte les formes de notre personnalité, c'est-àdire nous retranchons de ce que nous apercevons ou concevons de nous, ce que nous savons nous appartenir en propre ; ce n'est qu'à cette condition que nous pourrons transporter à tous les êtres la réalité et les attributs que nous trouvons en nous.
Les notions ainsi formées ont toute la valeur des données immédiates de laperception. Ce sont des croyances nécessaires. On ne peut douter en effet de la certitude des lois premières de notre esprit; car elles s'imposent à nous avec la même nécessilé qu'à l'animal son instinct. La raison est ici entendue par M. de Biran, dans un nouveau sens : ce n'est plus la faculté de réfléchir, mais la faculté de l'uni-