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L ANTIIUOPOLOGIE DE MAINE DE IJIUAN
vcrscl et de l'absold : elle est on elle-même in(létorn)ii)ée ; elle nous oblige et par cela même nous autorise à étendre à tous les êtres, les iurnies de la réalité que nous saisissons en nous. Comme elle est primitive, et en quelque sorte l'instinct de notre intelligence, il nous est impossible d en douter. Car d'où nous viendrait ce dotite ?
lui somme, M. de Biran ne donne pas d autre critérium de la valeur des principes, (jue le critérium établi par Leibnitz de leur nécessité. Mais cette nécessité, il ne la démontre pas. Kt il semble bien que l(*s objections ({ue nous lui adi-essions plus liaut sulisistent. Cette tliéorie de la croyance est très inférieure aux analvses psvcboloi;i(|u<\s du svstéme perceptif et du système réOexif. Sans doute, elle porte bien la manpie de son auteur. M. de Biran veut éviter Terreur où est tombée la pbilosopbie de l'absolu. Il constate la dualité irréductible de la connai.>^sance et de la croyance, et <lémontn la vanité de toute entreprise pour déduire de l'idée d'absolu, ridée du relatif et du dét<M'miné. Mais (pii nous garantit la convenance de ces deux éléments de notre connaissance? Et qui nous prouve que cette facidté de l'absolu existe bien réellement, et qu'elle n'est pas, au contraire, une illusion de notre esprit, cbercbant vainement à sortir du cercle de connaissances relatives où la conscience le lient enfermé?
b. Croyances nécessaires : l'dme et le cori>s.
M. de Biran nous eût répoîidu sans doute que tout ce (pie peut notre esprit, en cette diflicile question, c'est de constater la nécessité intéritnire qui le [)orte invincibb^ment à dépasser l'ordre relatif de la coiniaissance et à s'élever jusqu'à la notion de la réalité absolue, au delà de laquelle il est impossible de remonter. « Ce n'est jamais au premier en temps {pHus tempore) que nous nous arrêtons et que nous sommes les maîtres de nous arrêter, l'ne loi de notre esprit nous impose la nécessité de remonter jusqu'à un pre-
LA VIE HUMAINE
mier générateur (prius nalura) qui détermine le commencement de la suite, quoiqu il soit lui-même tout à fait indéterminé^ ». Et M. de Biran ne l'entend pas seulemcMit de « la succession phénoménique », des propriétés ou des effets des choses sensibles, mais du moi lui-même. Qu était l'àme avant l'apparition du moi? Que devient-il quand la conscience s'éclipse momentanément, comme pendant le sommeil ? fcjàt ce (pie le moi n'a pas son fondement dans une substance qui dure absolument, lorsqu'il cesse d'exister dans un temps relatif? En d autres termes, nous sommes obligés, pour expliipier ce que nous savons de nous-mêmes et des choses, de dépasser l'ordre de la conscience, et de nous élever à l'idée des noumènes ou de la réalité absolue.
« Si le sentiment d une force agissante ou librement exercée dans la production d'un mode quelconque, intérieurement aperçu ou senti comme l'effet ou le produit de cette force, ne peut être tel qu'il est dans le moi actuel ou le fait de conscience, à moins qu il n'existe une force absolue, ou une substance active perdurable, liée dans le temps avec une substance passive, apte à recevoir de la force ces modes spéciliquos que le moi aperçoit seul intérieurement, sous le rapport de l'effet à la cause ou à la force productive, il s'ensuivra nécessairement que les deux substances active et passive, ou la force immatérielle de l'àme et la substance corporelle existent réellement, chacune en soi, et de plus sous la relation de l effet à la cause productive -. »
On peut donc dirt^ que le moi, manifesté à la conscience par son effet, c'est-à-dire l'effort volontaire, est le premier rayon direct, la première lumière que saisit notre vue intérieure, mais cette lumière se réfléchit sur elle-même ou plutôt sur la source d'où elle émane, et dont on ne saurait douter, et on est fondé dans ce cas à dire avec Bacon : (( Batio essendi et ratio cognoscendi idem suntet non magis