Cousin, td
LA VIE HUMAINE
visuelles et tactiles : comme telle, elle résulte de notre organisation même, et en particulier, de la composition des nerfs, et de leurs rapports avec les forces extérieures qui les excitent. Klle constitue un objet pliénoménique, qui a son mode propre d'existence, non en soi, mais pour tout être organisé comme nous. Les différents modes sensibles f)ar lesquels nous nous représentons les corps, se rapportent tous au corps vivant et sentant, que ce soit sous le titre de sensations affectives quand les imj)ressions sont confuses, ou d'intuitions, quand elles sont distinctes : la connaissance qu'ils nous donnent est donc toute relative à notre sensibilité.
Mais nous avons la notion d'une réalité objective, antérieure et supérieure aux phénomènes, et indépendante d'eux : telles sont les notions purement intellectuelles d'unité nemérique, de point géométrique et des relations (|ui existent entre ces unités. Ces proportions numériques entre les parties de l'espace et du temps expriment celles qui existent entre les forces, c'est-à-dire les êtres ; — ce ne sont encore (jue des symboles ; seulement ces symboles sont exacts.
« En o[)érant sur les unités numériques, en les combinant de toutes les manières possibles, pour résoudre les problèmes auxquels dorment lieu leurs diverses complexions figurées, l'esprit de l'homme imite en quelque sorte, selon l'expression de Leibnitz, le Créateur, se conforme à sa pensée suivant sa mesure ^ » « Mais il ne peut atteindre le secret même de la création des êtres simples, éléments du jiionde réel, dont les composés seuls peuvent se manifester à nous, sous les apparences de ce monde phénoménal, visible, dont les objets mêmes sont encore modifiés, changés, variés de toutes manières, en passant par les milieux sensibles, qui leur impriment leurs couleurs et leurs formes variées -. »