Cousin, m
i. Cousin, 111, 127.
TtSSËRA.NU. — I. • 13
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L ANTHnOI'OLOiilE DE MAINE DE HIRAN
Notre connaissance métaphysiqur du l'univers se borne donc à laflirniation de l'existence des forces. Nous crovons nécessairement qu'il existe, non |)as deux graiules classes d'êtres, entièrement séparées et distinctes l'une de 1 autre, comme les substances spirituelles et la substance matérielle des cartésiens, mais une seul(* que nous concevons en faisant les abstractions nécessaires, sur le modèle du moi.
De même que le moi se manifeste par un mode invariable et constant, l'effort, nous croyons que les forces externes se manifestent piu' des lois constantes. L'idée de loi pour M. de Hiran exj)rime ce qu'il y a d'invariable dans les modes par lesquels se manileste l'activité des forces : c'est donc dans ridée de cause bien entendue (jue l'idée de loi a son fondement. Mais l'identité des elTels est seule si<.rne de la permanence et de l'identité de la cause ; et il faut se garder de la confondre avec la ressemblance qui se manifeste entre les phénomènes sensibles. Le physicien n'a le droit de conclure à l'existenci^ des lois, et par cousécpient des causes, ([U(^ lorsque l(^s loiss'exprinuMd en formules algébiiipies, comme la loi de Newton j)ar (\\emple.
Dans aucun autre cas, nous \w sommes autorisés à conclure à 1 existence des forces. La métaphysique biranieime est dogmaliipie, en ce sens, qu'elle atlirme l'existence d(^s noumènes, quelle les cpn(;oit comme forces, que si elle nous interdit la connaissance de l'action réciproque de ces forces entre elles, elle fonde cei)endant la possibilité d'une représenta! ion exacte et certaine de leurs effets : cette métaphysique s'ins|)ire d(* celK^ de Leibnilz ; elle était en accord avec la théorie d'Anii)(*re sur les rai>ports. La science, pour M. (le lîiran. est un synd)olisme abstrait, mais vrai. Néanmoins, le dogmatisme biranien laisse un champ immense à l'inconnaissable ; il ])Ose plus de questions qu'il n'en résout.
LA VIE HUMAINE
c. Limites de la croyance {Critique du mécanisme. — Valeur de la science. — Problème de Vexistence de Dieu).
Nous connaissons d'une façon certaine le moi ; nous croyons nécessairement à l'existence de l'àme. Sans doute, il m'est impossible de douter que l'àme ait au rang de ses attributs la causalité (|ue je m'attribue à moi-même dans le fait de con.<cience. Quand cette activité ne s'exerce pas, j<^ suis (lét(M'miné à croire qu'elle subsiste néanmoins à l'état de puissance. Mais là sont les limites de ce que je sais et suis nécessité à croire. Un pas de plus, c'est l'absolu, dont je ne puis rien savoir. « Pour savoir ce que je suis, ou ce que est mon àme, il faudrait être à la place de Dieu même et me contempler du point de vue de l'inteilig-ence créatrice.
« Comment dire, en efïet, (juels sont les modes divers qu'une substance pensante est capable de recevoir, ceux (pji sont com{)atibles ou incompatibles avec cette essence mystérieuse qui est le secret du Créateur ? Quelles sont les limites certaines de ses facultés de toute nature, de celles m/'uies (|ui sont dans un état de germe imperceptible dont le dévelopj)ement ne saurait avoir lieu que dans un autre mode d'existence. Si la chenille avait une àme pensante, devinerait-elle les facultés qui se manifesteront à elle dans l'état de papillon ^ '.' »
Même ce que je sais de science certaine a son principe <lans ce que je ne sais pas. Je ne sais pas, par exemple, comment lame agit sur le corps. J'ignore le secret de leur communication. Ma vie est donc réellement enveloppée de mystères. C est un point lumineux dans un abîme de ténèbres.
Je connais encore moins la nature profonde des corps, c'est-à-dire de cette multitude d'êtres simples qui coexistent