‹ Essai sur l'anthropologie de Maine de Biran [microform]Chapitre 113 sur 178 · Coii.siri, III. |). î>:î rt 2i. Aperception immédiate · texte numérisé non relu

Coii.siri, III. |). î>:î rt 2i. Aperception immédiate

L ANTHROPOLOiilE DE MAINE DE BIRAN

avec moi, et que je ne puis me représenter que comme composés. J'ignore commeikt les forces qui les constituent agissent; je ne puis concevoir les mouvements par lesquels elles se manifestent que par analogie avec les mouvements volontaires; mais précisément, si je sais ce^Hainement que je suis fauteur de ces mouvements, j'ignore comment ils se produisent.

L'erreur des mécanistes fut précisément aux yeux de M. de Biran de vouloir expliquer linexplicable. « 11 faut admirer Newton, dit-il, non seulement pour l'ouvrage en quelque sorte surhumain qu'il a accompli, mais encore pour ce dont il s'est abstenu contre l'instinct de 1 humanité. Il n'a pas fait d hypothèse dans un sujet qui, jusqu'à lui, n'avait été traité que par hypothèse *. » Le mécanisme lui apparaissait comme le type des hypothèses arbitraires, créées par rosi)rit de système. Aussi ne se lasse-t-il pas d'en faire la critique, d'en discuter le postulat, savoir : que la forme de toute vérité est la nécessité logique ou mathématique. 11 l'examine sous tous ses aspects, dans toutes les branches de la science, en physi(iue, en physiologie, en psychologie. Nulle i)art ne se montre plus clairement, que dans cett(' partie négative de sa doctrine, sa conception de la nature cl des limites de la scienc(\ Il est bon d'y insister.

Pour expliquer un fait physique ({uelconque, un fait de macrnétismc ou d électricité, l'action de l'aimant i)ar exemi)le, Descartes « commençait par réunir toutes les expériences sur cette pierre », ])uis abandonnant le domaine de l'expérience sensible qu'il considérait comme tout à fait incertain, il se demandait comment, c'est-à-dire par quelle combinaison de natures simples, on peut arriver à ex|)li([uer ces faits ; et il ne s'agissait pas pour lui d'hypothèses, de déductions probables, mais de démonstrations véritables, c'est-à-dire de raisons nécessaires. « Pour la physique, ditil (dans une lettre au Père Mersenne), je croirais n y rien

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