‹ Essai sur l'anthropologie de Maine de Biran [microform]Chapitre 114 sur 178 · Naville, U, p · texte numérisé non relu

Naville, U, p

LA VIE HUMAINE

savoir, si je ne savais que dire comment les choses peuvent être, sans démontrer qu'elles ne peuvent être autrement ^ » L'explication physique ne diiïère donc pas selon lui de l'explication mathématique. « U n'y a pas de connaissances |)lus obscures les unes que les autres-», pour qui sait envisager les choses selon le bon biais.

Descartes, en procédant ainsi, substitue un problème mathématique à un problème physique. Mais la nature des faits physiques, dit M. de Biran, ne souffre pas une telle réduction. Si l'on abstrait des phénomènes leurs qualités sensibles pour les ramener à des mouvements, et, en définitive, à des figures, on les dénature : « Les combinaisons de ces éléments simples ne reproduiront jamais un composé tel que celui de la nature ; les déductions de l'hypothèse ne sauraient représenter les phénomènes. Quels movens d'ailleurs de constater l'identité entre les résultats ainsi déduits et les laits observés ? Comment, par suite, le caractère de nécessité qui s'attache aux déductions abstraites pourra-t-il se transmettre aux laits de l'expérience ^ ? »

« Kxpliquera-t-on les phénomènes de l'aimant par des tourbillons de matière subtile, qui entrent par un pcMe et sortent par l'autre ? ceux de la combinaison des acides avec les substances terreuses par de petits corps pointus qui vont s'absorber dans les gaines faites pour les loger ? Combien de modifications peut-on faire subir à de telles hypothèses, sans qu'il en résulte d'explication satisfaisante propre à embrasser tous les cas * ? »

Ces théories, construites de toutes pièces sur une hypothèse, nous donneront l'explication de faits possibles, mais elles ne s'appliquent pas aux faits qu'elles se proposent d'expliquer. En pareille matière, l'expérience seule peut nous

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