Naville, II
LA VIE HUMAINE
nera des tourbillons de matière subtile : « Or, dit M. de Biran, lexpérience a prouvé que les tourbillons de matière subtile pouvaient être variés d'une inlinité de manières quant au nombre, à la position, aux mouvements, suivant que le besoin l'exige. Mais les combinaisons qui satisfciisaient à certains faits, à certaines lois se trouvaient en opposition, avec telles autres; si bien qu'il a fallu renoncer absolument à un édilice qui croulait de toutes parts ^ » Kt il en est ainsi, dit M. de Biran, toutes les fois qu'on veut expliquer le comment des faits.
S'il était remonté à la véritable cause de ces faits, à l'idée de force, Descartes aurait conq>ris qu'il n'y a pas d'explication possible, j)our l'intelligence humaine, du rapport de cause à etïet, (piil faut par consé(pient se borner à constater comment se manifestent les forces, et déduire de leurs effets immédiats toute la série de leurs conséquences. C'est ainsi (pie procède « le génie prescpie divin » deXewton. a 11 ne lit pas d'hypothèse dans un sujet qui n'avait été jusqu'à lui traité que par hypoth(\se- M, Il ne se demande pas par quel intermédiaire, par (juel fluide, (juel jeu de tourbillons, le soleil attire les i)lanètes, la terre attire les corps situés à sa surface. Il ne se préoccupe pas de savoir comment les forces agissent les unes sur les autres. La méthode qu'il emploie consiste simplement :
(( A déduire les phénomènes astronomiques de la combinaison de deux forces simples, telles que lai traction ou la tendance vers un centre, et l'impulsion ou la force tangentielle. Ces deux forces ou notions simples sont données par les relations des espaces que chacune d'elles séparément ferait parcourir au mobile, aux temps, au nombre d'instants employés, c'est-à-dire à la vitesse. II n'y a point de combinaison éventuelle ou hypothétique d éléments simples, mais seulement des relations numériques, déduites les unes des