I. H juillet ISK). p. [\)t. Journal intime. Navillc
LA VIE DE L Ë>rRIT
il était animé envers eux. C'était au eonlraire un homme aimable, au sens plein du mot. On en trouve la preuve dans les amitiés solides et lldèles qu'il avail su grouper autour de lui, dans le ton si alTectueux et si cordial de ses lettres à De ïracy, Degérando, Ampère, Stapfer, etc. Comme le dit son biographe, 31. K. Xa ville, (^ il avait autant de tendresse de cœur que de profondeur d'intelligence ' ». Il raconte dans la partie^ inédite du Journal intime une anecdote qui jiiontre bien, en même temps que la droiture de son caractère, la générosité de ses sentiments.
Kn ouvrant un paquet de lettres qu il avait écrites à une de ses amies. M"" de Caffarelli, et que celle-ci venait de lui rendre, il y trouva mêlées deux lettres que le poète danois lîagges en avait écrites à cette dernière, au fortdune maladie où M. delîiran lui avait j)rodigué les soins de la plus tendre amitié. Dans ces lettres, Baggesen disait du mal de lui « ew termes si légers et si méprisants » ((uil éprouvait en les lisant un sentiment indélinissable de colère, de dépit, et de tristesse. Il disait notamment (( qu'il était plus propre à consoler les femmes que les hommes — ([ue c'était un conseiller de famille, non d'État — qu'il était sujet à iléchirdans des questions poliliques d'où pouvait dépendre le salut et la liberté, aj)r<'S avoir promis de tenir bon, etc., — quil ne voyait dans le monde que des passions, parce qu'il ne sentait que des im|)ressions— qu il était un philosoj)he passif/». La réponse de M. de Hiran, toute jaillie du c(pur, est touchante par son accent de douloureux regret et de sincérité. «Je [)erdais encore, dit-il, une de ces douces illusions qui m'ont dominé toute ma vie dans tous les rapports que j'ai (MIS avec les hommes et les femmes que j'ai aimés et dont je me suis cru aimé, en leur prêtant toute ma sen.nbilité et les dispositions affectices de mon âme », et il examine point par point toutes les critiques malveillantes de celui qu'il croyait son ami : (( Il y a du vrai dans ce jiigement sévère