‹ Essai sur l'anthropologie de Maine de Biran [microform]Chapitre 121 sur 178 · Naviiit». Mainr de Biran. sa vie et ses pensées (XI · texte numérisé non relu

Naviiit». Mainr de Biran. sa vie et ses pensées (XI

et je crois aussi, exagéré en mal à quelques égards. Je croyaisavoirprouvéàM. Haggesen que je n'étais pas incapable de consoler les hommes, car il est ou se croit un homme, et nous avons assez parlé pendant sa maladie de Fétendue et des limites du pouvoir de Tàme sur les aiïccfions ou les injpressions sensibles pour qu'il sache bien que j'ai fait une étude approfondie de ce pouvoir et que je sais m'en servir, pour consoler, fortifier les autres plus que pour m'^ consoler moi-même. Je sais tout ce qui me manque pour rive- homme d'Ktat. J ai peut-être même sous ce rapport des dispositions négatives. Je suis i)ar tempérament aussi trop accessible aux impressions, trop facile à dominer- par des affections et des sentiments, et par là même trop variable, trop peu consistant dans mes points de vue, mes projets! Un homme tel que moi n(^ pourra jamais diriger les aHaires de ce monde Au.ssi suis-je habituellement désintéressé pour ces affaires et toujours trop pour y ap|)liquer convenablementles facultés de mon esprit. N'éanmoins, le sentiment du devoir, celui de la justice et de la vérité, quand je les vois clairement intéressés dans les affaires .qui se rencontrent, déterminent toujours mes efforts et excitent mon activité la plus énergique. J'ai prouvé qu'alors je sais être inHexible et point du tout « philosophe passif ». La suite du journal nous apprend que M. de Hiran ne tint pas rigueur à I3aggesen; leurs relations du moins ne furent pas changées. Il avait trop de linesse pour n'avoir pas deviné que la jalousie seule avait pu inspirer à son rival, dans un moment de dépression physique, ces paroles d'ingratitude et de méchanceté, et il était trop indulgent aux faiblesses humaines pour ne les pas pardonner.

Ainsi, timidité, désir de paraître, pour avoir plus de chance de plaire, un fond inépuisable de tendresse pour ses amis, de bienveillance pour tous, tels sont les principaux caractères de la sensibilité de M. de Biran; ils se résument

Page 1