‹ Essai sur l'anthropologie de Maine de Biran [microform]Chapitre 123 sur 178 · mai 1815. Naville · texte numérisé non relu

mai 1815. Naville

i/aMIIROPoLOGIE de MAINE DE BlUAX

La vérité i^ycholo-iquo, telle (|u'il l'entend, est inelTable comme nos sensations affectives ; elle est claire, sans doute, alors quelles sont obscures et confuses; mais celte clarté émane d'une lumière intérieure qui ne ressemble en rien à celle qui éclaire les choses sensibles. La conception que se font du monde les idéalistes n est pas si différente, quil le semble, de la conception réaliste du vulgaire; c'est celle-ci détachée de toute idée de substance matérielle; ils font de l'intérieur avec rextérieiu- eu changeant nos représentations de réc(q>tacle. Au contraire, pour M. de Biran, le UK.nde intérieur tel (piil se révèle au sens intime, diffère radicalement du monde tel (pie nos sens externes nous le représentent : le sentiment du moi a cela de commun avec les sensations affectives ipi il est dénué de tout caractère représentatif. L(\s tendances intclhM'tuelles de M. de lîinui cuncouraient done av(»c l'extrême (lévelopj)ement (Je sa sensibdité à en faire un Uomma inlérieio'. Or nous savons qu'il s'occupa toute sa vie d'adminisfration, de polilicpie, des affaires pid)li(pies, de telle sorte qu'il y avait entre ses dispositions naturelles et ses fonctions une véritable conlradiction. Comment rexpIiqu(M-:> Elle dérive de cette instabilité qui est un caractère essentiel de son tempérament maladif. Il n'avait aucune des qualités de Ihonune politi(iue ; peutêtre même, comme il le reconnaît, avait-il des dispositions négatives! Il était trop impressionnable, trop sensible aux influences du dehors, [)our soutenir un programme et tenir tôte à l'opposition. 11 redoutait la tribune, n'était pas orateur, avait aussi peu de goût que d'aptitude pour l'éloquence politique. « Il y a, dit-il, dans les meilleurs discours de tribune un ton de charlatanisme qui me dégoûte et me semble contraire à la raison. L'éloquence est déplacée quand l\ s'agit de poser des principes de lois. Je sens que la nature qui m'a appelé à penser, à réfléchir, m'éloignait de l'art oraioire ». » Les questions qui se traitent à la Chambre ne l'inté-

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