‹ Essai sur l'anthropologie de Maine de Biran [microform]Chapitre 129 sur 178 · Id., U · texte numérisé non relu

Id., U

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LA VIE DE L ESPRIT

lui créer des soucis pour sa liberté personnelle et l'avenir de ses enfants? Sa mélancolie se transforme alors en une plainte douloureuse et une amère tristesse. « C'est assez longtemps, s'écrie-t-il au terme d'une sombre rêverie, se laisser aller au torrent des événements, des opinions, du llux continuel des modiilcations externes ou internes, à tout ce (pii passe comme l'ombre. Il faut s'attacher aujourd'hui au seul être qui reste immuable, qui est la source vraie de nos consolations dans le présent et de nos espérances dans l'avenir..

i(Stat adjudicandum Dominus, stat ad judicandos populos. Celui qui n'a pas cette idée sans cesse présente, au milieu des bouleversements de toutes choses, lorsque le crime triomphe, que la vertu gémit, abattue, proscrite, calomniée, dénaturée ; celui qui, avec un sens moral, est témoin de toutes ces choses et ne pense pas à Dieu, à la règle éternelle et invariable du juste et de l'injuste, et aux conséquences nécessaires inévitables qui suivent de cette règle, celui-là, dis-je, doit tomber dans le désespoir. Pour me garantir du désespoir, je penserai à Dieu, je me réfugierai dans son sein^ » ( IG avril 1815.) A partir de cette époque, il se nourrira de la lecture des prophètes, de Xlmitation, et des œuvres de celui qui deviendra bientôt son auteur préféré, de Fénélon. Dieu finira par entendre son appel et lui répondre. Mais se doutait-il de l'objection redoutable qu'il soulevait, en écrivant en 1822 ? « Quand on est venu au point de renoncer à tout ce qui est sensible, à tout ce qui tient à la chair et aux passions, l'àme a un besoin immense de croire à la réalité de lobjet auquel elle a tout sacrifié, et la croyance se proportionne à ce besoin ^. »

C'est donc son expérience personnelle de la vie qui conduisit M. de Biran à la religion ; et cette expérience fut assez tardive ; elle ne revêtit du moins la forme religieuse

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