‹ Essai sur l'anthropologie de Maine de Biran [microform]Chapitre 134 sur 178 · Cousin, IV, i:)6. note · texte numérisé non relu

Cousin, IV, i:)6. note

LA VIE DE L ESrRlT

organes dans ce monde. Telles sont évidemment toutes ces premières vérités morales et religieuses qui ne se prouvent pas et (pli sont presque identifiées à Tinslinct. Que ces vérités nn'étent la forme de la conscience, lorsqu'elles nous apparaissent, comme la loi du devoir, cela est naturel; mais elles ne s'y réduisent pas ; elles ont une autre source que la conscience. Il en est même qui gardent leur caractère indéterminé comme le sentiment de linllni, de la présence de l'^ieu, etc.

Ce (jui prouve bien encore que cetle lumière supérieure est distincte de celle qui vient de nous, de notre activité, c'est ([ue celle-ci jjcuI éclairer notre esprit sans que nous aimions ce (pi'elle nous fait voir, tandis que toute lumière (pii éclaire d'en baut rintelligence sans que rintelligencc agisse, porte avec elle l'attrait et l'amour pour ce qui luit ainsi dans rintelligence. « Si le voile qui cacbe à notre intelligence le vrai absolu tombait tout dun coup, l'objet de notre connaissance serait aussi l'objet uniepie de notre amour*. » C'est lorsque les passions se calment, que l'imagination et la sensibilité sont moins excités ou excitables, c[ue le sentiment religieux se développe en nous ; son développeineiit coïncide précisément avec celui de la raison qui est moins troublée dans son exercice et moins offusquée par les images ou les alîeclions qui labsorbaient. Alors Dieu, le souverain bien sort comme des nua2:es-.

On ne sait pas comment ces intuitions se produisent. On constate seulement que leur présence est accompagnée d un état intérieur de calme et d'élévation* pour resj>rit, de (baice et profonde» paix pour lame, qui ne se produit au même degré dans aucun autre état. Elles nous quittent du reste comme elles nous ravissent, subitement, et nous laissent lourdement retomber vers la terre K Elles n'obéis-

Page 1