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LA RELIGION DE MALXE DE BIRAX
lion externe : elle est contenue tout entière dans les Livres Saints. Pour M. de Biran, au contraire, sans la philosophie qui les interprète et les éclaire du dedans, les vérités de la religion resteraient lettre morte pour notre esprit; or la philosophie suppose le libre e.xamen.
M. de Biran défend contre les attaques passionnées de de Bonald les droits imprescriptibles de la pensée humaine, et cette philosophie éternelle que ne peuvent contester, dit-il, que les esprits superticiels ou aveugles*.
Il y a deux révélations, selon lui, Tune extérieure, de tradition orale ou écrite, l'autre intérieure ou de conscience. Cette dernière est permanente et commune aux sages de tous les temps. Or remarquons d'abord que sans elle la première serait vide de sens : « La révélation par le signe n'est pas la révélation de la vérité même ou de l'idée qui s'y lie, mais seulement le moyen de manifester ou de produire au dehors ce qui préexistait déjà au fond de l'àme, et sans cette préexistence des idées aux signes qui les expriment, ceux-ci seraient sans nulle valeur, fussent-ils révélés par Dieu même- )). La tradition ne peut qu'éveiller des idées existant déjà en nous, mais non les créer.
Du reste nécessaire pour lui donner un sens, la raison n'est pas moins utile pour conserver la tradition et la préserver de toute altération : « Comment des croyances propagées (ïd^G en âge par les traditions, fût-ce même par des signes écrits, dont le vrai sens peut varier à l'infini, ne s'altérerontelles pas, si, à défaut d'une révélation permanente, la raison commune ne conserve pas la véritable valeur des premiers signes -^P » « La raison seule rétablit le texte sacré qui n'aurait pu conserver la pureté et l'évidence primitive que par la continuité du même miracle qui le produisit*. » Enfin, ajoute M. de Biran, l'homme ne doit, en aucun cas,